Ligue des champions : des quarts sans Messi et Ronaldo, la fin d'une ère européenne

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Cristiano Ronaldo - Lione Messi
Cristiano Ronaldo et Lionel Messi lors du match de Ligue des champions Barcelone-Juventus, le 8 décembre 2020. | Josep LAGO / AFP

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Après l’élimination de la Juventus de Cristiano Ronaldo mardi 9 mars, c’est le FC Barcelone de Lionel Messi qui a dit adieu à la Ligue des champions mercredi 10 mars sur la pelouse du Paris Saint-Germain (1-1). Au-delà de la revanche prise par le PSG, quatre ans après la remontada, c’est surtout la fin d’une ère puisque pour la première fois depuis 2005, ni CR7, ni Messi, ne sont au rendez-vous des quarts de finale.

À eux deux, Lionel Messi et Cristiano Ronaldo pèsent onze Ballons d’Or, et neuf Ligues des champions. Et ce au milieu de nombreux autres trophées et records. Mais cette rivalité exceptionnelle, sans doute la plus grande de l’histoire du football d’un point de vue sportif - car les deux hommes se sont toujours respectés -, est indéniablement sur le déclin.

À respectivement 33 et 36 ans, Messi et Ronaldo laissent peu à peu la place aux jeunes, après avoir cannibalisé le ballon rond européen pendant quinze ans. Pour la première fois depuis 2005, aucun des deux ne disputera les quarts de finale de la Ligue des champions. Tout sauf anecdotique, alors qu’un nouveau duo émerge : Mbappé-Haaland.

Ronaldo, cible des médias italiens

Quoi qu’on en dise, et sans manquer de respect à Messi et CR7, la passation de pouvoir est en marche. Et les deux jours de Ligue des champions que l’on vient de vivre l’ont confirmé. Mardi 9 mars, Cristiano Ronaldo et la Juventus ont chuté contre le FC Porto, à la surprise générale. Inexistant, le Portugais n’a rien pu faire pour éviter à son club une troisième élimination d’affilée, la deuxième à ce stade de la compétition, à chaque fois contre des équipes supposées plus faibles (Ajax Amsterdam en quarts en 2019, Lyon en 2020 et, Porto en 2021 en 8e). À tel point que CR7 a été pris pour cible par les médias transalpins. 

"Trahie par Ronaldo", affichait à sa Une le Corrierre dello Sport mercredi 10 mars, tandis que sur le plateau de Sky Italia, Fabio Capello, mythique entraîneur, découpait le Portugais à propos du coup franc décisif encaissé en prolongations : "Cristiano Ronaldo saute et se tourne dans le mur. Celui qui est dans le mur ne peut pas avoir peur de prendre le ballon. C’est une erreur impardonnable, il n’a aucune excuse".

Pas un mot en revanche sur la faute de main du gardien de la Juventus sur la même action : deux poids, deux mesures. Quoi qu’il en soit, tout meilleur buteur et passeur de l’histoire de la C1 qu’il soit, Cristiano Ronaldo ne remportera pas une sixième Ligue des champions cette saison, alors qu’il lui reste un an de contrat avant d’aller briller en pré-retraite, peut-être aux États-Unis.

Or, pendant que le Portugais prenait l’eau contre Porto, Erling Haaland qualifiait à lui seul le Borussia Dortmund contre Séville, avec un nouveau doublé, comme à l’aller. Le Norvégien de 20 ans n’en finit plus de battre les records, puisqu’il est devenu le premier joueur à inscrire au moins deux buts lors de quatre matches consécutifs de Ligue des champions. Il est aussi devenu le plus jeune joueur de l’histoire à atteindre la barre des 20 buts en C1, avec un an d'avance par rapport à Mbappé. C’est dire. Et surtout, il a permis à un Borussia hyper dominé de se qualifier en quart de finale de C1 pour la première fois depuis huit ans. Le genre de soirée que passait Cristiano Ronaldo il y a quelques années.

Messi, impuissant à l'aller, imprécis au retour

Au lendemain de la sale soirée de son éternel rival, Lionel Messi n’a pas connu beaucoup plus de réussite sur la pelouse du Parc des Princes mercredi 10 mars. Certes, l’Argentin a inscrit l'un des buts de l’année, d’une frappe limpide de 30 mètres. Mais il a ensuite raté le penalty du 2-1 juste avant la pause, celui qui aurait pu faire basculer la deuxième période dans la folie. Au lieu de cela, Messi a peu à peu disparu, à l’image d’un Barça qui n’y a pas cru si longtemps contre Paris. Difficile pour autant de lui imputer cette élimination, tant les lacunes de ce Barça sont collectives.

Par ailleurs, c’est surtout au match aller que le sextuple Ballon d'Or a assisté, impuissant, à l’avènement de Kylian Mbappé, auteur d’un triplé sur la pelouse du Camp Nou, alors que Messi devait se contenter d’un maigre penalty lors de la démonstration parisienne (1-4). Mine de rien, c’était la deuxième fois que le génie argentin subissait la loi du Français, et assistait au premier rang à une masterclass de Kylian Mbappé, après celle du huitième de finale du Mondial 2018 entre la France et l’Argentine (4-3).

Cela fait donc trois ans, en soit, que Lionel Messi a senti le vent tourner. L’heure semble donc venue de passer le témoin pour l’Argentin et Ronaldo. Ainsi va la vie, et c’est bien normal après tout, puisque la dernière fois que des quarts de finale de Ligue des champions n’impliquaient ni Lionel Messi, ni Cristiano Ronaldo, Jacques Chirac était président, Amel Bent trustait les Charts avec "Ma Philosophie" et Raymond Domenech était sélectionneur des Bleus. Le changement, c’est bien aussi.