Real Madrid Karim Benzema et Gareth Bale
Karim Benzema et Gareth Bale | AFP - Paul Ellis

Ligue des champions : Bale et Benzema, la revanche des mal-aimés

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L'un n'est plus appelé en sélection, l'autre a débuté la finale de la Ligue des champions sur le banc: ce sont pourtant Karim Benzema et Gareth Bale, auteur d'un ciseau d'anthologie, qui ont offert au Real Madrid sa 13e Ligue des champions, la troisième consécutive, samedi face à Liverpool (3-1).

Encore plus beau que le ciseau de Ronaldo! Le Portugais avait fait se lever le public du Juventus Stadium, ébahi par son geste limpide, un retourné en apesanteur à plus de deux mètres du sol. Mais c'était en quart de finale aller de cette Ligue des champions, et Gareth Bale a réussi plus fort encore: un ciseau décisif, en finale de l'épreuve reine de clubs. Il a ainsi converti un caviar de son latéral brésilien Marcelo, pour redonner l'avantage au Real d'un geste au moins aussi beau que celui de 'CR7'. Le tout, trois minutes à peine après son entrée en jeu à la place d'Isco.

Décisif en quelques minutes...

L'Espagnol qui lui avait été préféré par Zinédine Zidane au coup d'envoi - comme lors de la finale de la saison précédente, à Cardiff où Bale, chez lui, n'était entré qu'à la 77e minute -, n'a pas été étincelant. Il a quand même trouvé le moyen de tirer sur la barre transversale (48e). Mais Bale, lui, n'a pas eu besoin de régler la mire et a même profité d'une intervention ratée du gardien des Reds, Loris Karius, pour tuer tout suspense d'un doublé de loin à la 83e minute du match. Le portier allemand, déjà fautif sur le premier but, a tout simplement boxé le ballon dans ses propres buts! 

C'est en tout cas une sacrée revanche pour le Gallois, régulièrement critiqué en Espagne et tout aussi fréquemment annoncé sur le départ d'un club Merengue dont il avait été la recrue phare, en 2013. Il avait en effet été le premier joueur de l'histoire a être transféré contre une indemnité supérieure à 100 millions d'euros (101, exactement) versée à Tottenham.    

Et que dire de Karim Benzema? Lui aussi a dû essuyer les sifflets du Santiago Bernabeu cette saison, la faute à un déficit de réussite devant le but. Le trentenaire français avait déjà qualifié, à lui tout seul ou presque, son équipe pour cette finale de C1 en inscrivant un doublé lors de la demi-finale retour, à domicile et face à un très beau Bayern Munich (2-1, 2-2). Cette fois, il a profité d'une invraisemblable erreur de relance du gardien allemand de Liverpool, à la 51e minute du match, pour ouvrir le score de cette finale et inscrire le 56e but de sa carrière en Ligue des champions. Sur un caviar de Bale, il aurait pu inscrire un doublé d'une volée limpide, sans une intervention de Karius, attentif pour une fois (81e).

"Tranquille ici"

Cette prestation de qualité va-t-elle relancer le débat sur sa non-présence en équipe de France? Son compteur en Bleu est bloqué depuis le 8 octobre 2015 à 81 sélections et 27 buts et il ne fait pas partie des appelés, ni des suppléants, désignés par le sélectionneur Didier Deschamps pour le Mondial-2018. "Je ne parle plus avec l'entraîneur (Deschamps, ndlr) depuis longtemps, et sans parler, c'est plus difficile", avait-il déclaré mi-avril dans un entretien au mensuel Vanity Fair.

En attendant, il est devenu, ex aequo avec son coéquipier Raphaël Varane, le Français le plus titré en Ligue des champions avec une quatrième C1 dans son armoire à trophées. C'est une de plus que la légende du foot français, Raymond Kopa. "J'ai 30 ans, deux enfants, je suis tranquille ici. S'ils ont besoin de moi, ils savent où je suis", disait-il encore à Vanity Fair. En train d'écrire la légende du club Merengue, malgré les sifflets.
 

AFP