Nasser Al-Khelaifi
Nasser Al-Khelaifi. | ALEXANDER KLEIN / AFP

Les sanctions se rapprochent du PSG

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La mise en place du fair-play financier par l'UEFA devrait aboutir à des sanctions à l'encontre de certains clubs. Elles devraient être annoncées en début de semaine prochaine. Visé parmi d'autres avec notamment Manchester City, le PSG devrait être sanctionné financièrement.

 Que va décider l'UEFA ?

Selon des sources proches du dossier, la chambre d'instruction de  l'instance de contrôle financier des clubs (ICFC) s'apprête à infliger des  sanctions à un peu moins de 20 clubs européens. Parmi ceux-ci, les plus gros  poissons sont Manchester City et le PSG. Dans les faits, les experts du fair-play financier reprochent au club  parisien le montant du contrat d'image passé avec QTA, l'office du tourisme du  Qatar, qui assure au PSG quelque 200 millions d'euros par an. Or, selon ces sources interrogées par l'AFP, les experts estiment à environ 100 millions  d'euros par an la "juste valeur" du contrat.

La sanction infligée au champion de France devrait être financière. Plutôt  qu'une simple amende, il pourrait s'agir, selon ces mêmes sources, d'un gel ou  d'une retenue d'un certain pourcentage des différents versements de l'UEFA  (primes de résultat en Ligue des Champions et droits télévisés). Théoriquement, ce type de sanction peut être couplé à une limitation des  joueurs inscrits dans les coupes d'Europe, voire à une interdiction des  nouvelles recrues dans les compétitions UEFA. Paris devrait être épargné, mais  peut-être pas Manchester City.

Que va faire le​ PSG ?

Aucun club n'a jusqu'ici menacé d'aller au bout des procédures et de saisir  le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester les décisions de l'ICFC, a  expliqué à l'AFP un connaisseur du dossier. S'il décide d'accepter sa sanction,  le PSG devra donc faire en sorte d'équilibrer son budget en prenant en compte  la nouvelle estimation du contrat QTA. L'UEFA est prête à accepter que  l'objectif ne soit pas atteint immédiatement, à condition que des efforts  "significatifs" soient constatés. Dans le cas contraire, le club s'exposerait à  des sanctions encore plus sévères dans un an.

Selon une source proche du club, les dirigeants parisiens regrettent de  leur côté que l'UEFA ait décidé de "mettre un coup de frein" au développement  ultra-rapide du fameux "projet" PSG. Mais ils se félicitent que le contrat avec  QTA et le concept de "nation branding", défendu par le directeur général  Jean-Claude Blanc, ait été validé au moins dans son principe.

Comment compenser cette perte ?

De même source, on affirme que les sanctions de l'UEFA ne changent pas la  donne : il n'y a aucune vente de joueur majeur prévue cet été. En revanche, il  ne faut pas s'attendre à un mercato aussi clinquant que les saisons précédentes  et le PSG va devoir apprendre à maîtriser sa masse salariale. Les hypothèses  Hazard ou Pogba semblent donc encore un peu plus improbables.

En ce qui concerne les recettes, le PSG mise avant tout sur les revenus du  sponsoring. Les nouveaux contrats avec Nike (équipementier) et Emirates  (maillot) vont entrer en vigueur en juillet. Selon l'estimation du quotidien  français Le Parisien, ils vont rapporter au PSG entre 40 et 50 millions d'euros  par an, contre entre 10 et 15 ME actuellement. Le club va par ailleurs poursuivre sa politique d'augmentation du prix des  abonnements et des places au Parc des Princes à Paris. Dernière piste, les produits dérivés. Mardi, Fabien Allègre, directeur du  merchandising du club, avait expliqué que les revenus de ce secteur tournaient  aujourd'hui autour de 25 millions d'euros. "L'objectif pour les prochaines  années est de les porter à 40 millions", ce qui placerait le Paris SG dans le  Top 5 européen en la matière, avait-il ajouté.

AFP