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Arsène Wenger observe Nacho Monreal et Alexis Sanchez, lors d'Arsenal - Barcelone | AFP

Les Gunners sont-ils vraiment "des enfants" ?

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Depuis 2010, Arsenal n'a plus atteint les quarts de finale en Ligue des Champions. Battue mardi soir 2-0 à domicile par le Barça, l'équipe londonienne a certainement laissé passer une nouvelle chance de franchir ce cap. En 2009, Patrice Evra qui jouait alors pour Manchester United avait comparé les Gunners à des enfants, provoquant de nombreuses railleries à son égard. Si les propos d'Evra étaient plutôt mal venus, il n'en demeure pas moins qu'Arsenal n'a toujours pas gagné en maturité.

"Onze hommes contre onze enfants", avait résumé Patrice Evra dans l'une de ses grandes envolées lyriques, pour décrire le comportement de ses adversaires. C'était le 5 mai 2009, après la victoire (3-1) et la qualification de Manchester United en demi-finale retour de Ligue des Champions. Et si sur le moment, cette déclaration avait surtout mis en évidence le ton hautain et le manque de respect d'Evra, elle trouve aujourd'hui une certaine résonance.

Une "faiblesse mentale"

Depuis ces propos, l'équipe dirigée par Arsène Wenger n'a finalement pas grandi. Sur la scène européenne, Arsenal stagne. Même s'il est vrai que de perdre face au grand Barça n'est pas scandaleux, le bilan de cette équipe est plutôt frustrant. Depuis la saison 2010-2011, les Rouge et Blanc ont à chaque fois été sortis en huitièmes de finale de la prestigieuse compétition européenne. Et l'excuse du mauvais tirage au sort n'a pas lieu d'être. L'an passé leur sortie de piste face à Monaco, et un cinglant revers 1-3 à l'Emirates, avait déjà montré les limites de cette formation. Wenger avait alors évoqué "une faiblesse mentale", propre aux équipes inexpérimentées.

Pourtant, le tacticien alsacien ne manque pas de talents. Avec des joueurs tels que Mesut Özil, Petr Cech, ou encore Alexis Sanchez, Arsenal ne ressemble pas à une équipe de CFA ! Disposant d'un tel effectif, de l'un des plus beaux et rentables stades d'Europe, et surtout du huitième budget du Vieux continent (359,3 millions d'euros), l'équipe fondée en 1886 ne peut pas éternellement se contenter de jouer les seconds rôles. La finale de 2006 -perdue contre le Barça, 2-1- est bien loin. Et le constat vaut également pour la Premier League. "On n'arrête pas d'entendre qu'Arsenal c'est le beau football. Mais en football, ce n'est pas le tout de bien jouer au ballon. Il faut gagner des titres", avait également affirmé Evra…

12 ans sans titre​ en Premier League

Là encore, le latéral de la Juve et de l'équipe de France n'a pas totalement tort. Oui, Arsenal offre l'un des jeux les plus attrayants d'Europe, mais ce n'est pas pour autant qu'il est efficace. Aujourd'hui troisième de la très relevée Premier League, le club où évoluent Olivier Giroud, Laurent Koscielny et Francis Coquelin n'avance pas. Leur dernier sacre (le 13e) en championnat date de 2004 ! Depuis, il y a bien eu trois victoires en Cup (2005, 2014 et 2015), et le Community Shield (2014 et 2015), mais est-ce suffisant pour donner tort à Patrice Evra ?

Romain Bonte