Zlatan Ibrahimovic
Un Zlatan Ibrahimovic bien timide, il y a quinze jours, contre le Real. | Jean-Marie Hervio - AFP

Les cinq enjeux majeurs du PSG à Madrid

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Lors de la 4e journée de Ligue des champions, le PSG reprend son bras de fer avec le Real Madrid, cette fois sur la pelouse de l'estadio Santiago-Bernabéu (20h45). Tenus en échec au Parc des Princes à l'aller (0-0), même si les Merengues sont loin d'aligner leur équipe type, les Parisiens ne partent pas favoris. Pourtant, les joueurs de Laurent Blanc seraient bien inspirés de réaliser l'exploit et de surprendre la bande à Cristiano Ronaldo. Voici les cinq raisons principales qui, quel que soit le résultat, pourraient bien conditionner toute la suite de la saison des champions de France.

Miroiter la première place

Pour résumer parfaitement la tâche qui attend les Parisiens dans l'antre madrilène, il faut rappeler que, sur les cinq dernières saisons en Ligue des champions, le Real a disputé 31 rencontres chez lui. Au bilan, 26 victoires (près de 84% de succès), pour seulement 3 nuls et 2 défaites (0-2 en 2011 contre le FC Barcelone et 3-4 début 2015 contre Schalke 04). Les buts ? Pas mal non plus, avec 90 pions inscrits (2,9 buts par match de moyenne) pour 23 encaissés, les hommes de la "Maison Blanche" sont quasi imprenables. Pourtant, Paris mise gros et devra tenir le choc pour éviter la défaite. Non dans l'optique d'une qualification en huitièmes de finale. Même en cas d'échec ce mardi, elle devrait être, plus tard, acquise à Malmö puis contre le Shakhtar Donetsk. Mais dans l'optique d'accrocher la place de leader de ce ce groupe A. On sait tout l'intérêt de finir sur le premier strapontin, afin de disputer un match retour à la maison au sortir de l'hiver, mais surtout d'éviter en théorie les plus gros morceaux de la compétition (Chelsea lors de l'exercice précédent). Et puis, question de standing, Paris se doit de ne pas plier contre les ténors du continent. Histoire aussi d'effacer les récentes déconvenues contre le Barça, autre géant du football espagnol.

Leçon d'espagnol

Si le résultat brut du match aller (0-0) n'avait rien de désastreux, il a laissé comme un goût amer. Si les joueurs parisiens ont insisté sur le fait qu'il n'y a rien de déshonorant d'être tenu en échec par ce Real, ce que l'on peut leur accorder, par contre, les observateurs ont conclu que Laurent Blanc avait pris une leçon tactique. Malgré un groupe privé de nombreux titulaires blessés, "Maître Benitez" a visiblement gagné la partie d'échecs au Parc contre son homologue parisien. Le Français imaginait un Real attentiste, réagissant en contres. Il eut droit à un Real placé très haut sur le terrain et dominant l'entrejeu parisien, loin d'être souverain comme en Ligue 1. Le rôle du Brésilien Casemiro a grandement perturbé le bon ordonnancement du milieu d'un PSG, gêné aux entournures. Qu'en sera-t-il à Bernabéu ? Probablement dominés, Thiago Silva et ses coéquipiers bénéficieront peut-être de plus d'espaces pour appuyer là où ça fait mal. Mais pas sûr que Rafael Benitez ait envie de mettre en place une équipe tout feu, tout flamme, même à la "casa". Pas le genre du personnage. Chaque duel s'annonce passionnant.

Di Maria attendu

Ce n'est pas sans émotion que l'Argentin revient dans ce stade où il s'est imposé comme une star. Durant quatre saisons, jusqu'en 2014, Angel Di Maria a distribué les caviars dans le coeur du jeu des Merengues. Passes courtes, passes longues, courses impeccables dans les intervalles, échanges à une touche de balle, une-deux à profusion et démarquages incisifs ont été sa marque de fabrique dans la capitale espagnole. Si à Paris, depuis son arrivée cet été, "El Angelito" a offert quelques échantillons de son talent au public de la Porte d'Auteuil, il est encore loin d'avoir atteint son meilleur niveau de jeu. Fort logiquement, même s'il fut buteur à Rennes vendredi dernier, il cherche encore ses marques dans un effectif aux repères déjà bien tranchés. Quel sera l'accueil réservé à Di Maria par les supporters du Real ? Si les sifflets accompagnent chacune de ses prises de balle, pas sûr que le Sud-Américain en soit vraiment perturbé. En Argentine, les ambiances de folie, voire les hostilités atteignant leur paroxysme, c'est du classique. Question d'habitude.

Pas d'Ibra, pas de chocolat

C'est un peu le même refrain à chaque rencontre majeure sur le continent : mais pourquoi Zlatan Ibrahimovic n'est-il pas plus influent, l'homme qui débloque la situation et crée l'exploit ? Pour ne rien arranger, sa prestation au match aller contre le Real fut indigne d'un joueur de ce niveau. Toujours en retard, n'effectuant jamais le bon choix, le Suédois a perdu un nombre incalculable de ballons. Si son investissement en Ligue 1 ne s'en ressent pas trop (sa marge technique est telle en championnat qu'il peut s'en contenter, même s'il marche plus qu'il ne trotte sur une pelouse), son manque de tranchant éclate au grand jour sur la scène européenne. Problèmes physiques, usure du haut niveau, suffisance chronique ?... Le mystère reste entier. A sa décharge, le géant de Malmö magnétise toutes les attentions adverses et le marquage sur lui l'amène très souvent à décrocher. "Ibra" continue d'avoir le soutien de ses partenaires et du staff parisien. Laurent Blanc le titularise dès qu'il est opérationnel. Parce qu'il croit encore Zlatan capable de se dépouiller enfin et l'estime donc incontournable ou bien, plus haut dans la hiérarchie qatarienne, le phare suédois doit éclairer le jeu parisien. Coûte que coûte. Même par intermittences. Et ce, jusqu'à quand ?

Un plan anti-CR7 ?

James, Bale, Benzema, Pepe... sur le flanc, le Real fait moins peur. Du moins sur le papier. Car, dans la pratique, le groupe madrilène demeure redoutable. Et, en premier lieu, son "Lider maximo" version ballon rond, Cristiano Ronaldo. Avec un poil de réussite supplémentaire, le héros portugais aurait pu offrir une victoire de prestige au Real sur le terrain du Parc des Princes. Avec 13 buts en 13 matches officiels (dont 5 en Champions League) sous le maillot merengue depuis le début de saison, CR7 flirte avec ses statistiques habituelles. Sur les cinq dernières saisons, le champion madérien, qui vient de reconnaître dans une interview accordées eu "Times" qu'il n'était pas 'la personne la plus humble du monde", a inscrit la bagatelle de 54 buts rien qu'en Ligue des champions. En 48 matches, c'est tout simplement sidérant. Le retour de David Luiz dans les rangs parisiens ne sera pas de trop pour contenir les assauts de Cristiano. Pourtant, le PSG, Laurent Blanc en tête, n'en fait pas une fixette. Un marquage à la culotte ultra-serré n'a jamais permis à un adversaire d'échapper aux coups de génie de l'attaquant lusitanien.

Nicolas Gettliffe