Wayne Rooney (Manchester United)
Wayne Rooney (Manchester United) | CESAR MANSO / AFP

Les Anglais ratent le quart

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Avec l'élimination d'Arsenal par le Bayern Munich, l'Angleterre n'aura aucun club en quarts de finale de la Ligue des champions pour la première fois depuis 1996. Le tenant du titre, Chelsea, avait quitté la compétition dès le premier tour cet automne, comme Manchester City. Manchester United a été sorti la semaine dernière par le Real Madrid.

Cet échec collectif confirme une tendance amorcée il y a trois ans et  masquée la saison dernière par le parcours miraculeux des "Blues". Seuls  survivants anglais après les huitièmes de finale, les Londoniens étaient  devenus champions d'Europe à la surprise générale après avoir frôlé la défaite  à tous les tours. Le football anglais a connu trois millésimes exceptionnels avec trois  demi-finalistes sur quatre en 2007 (Liverpool, Chelsea, Manchester United),  2008 (les mêmes) et 2009 (Manchester United, Chelsea, Arsenal), et une présence  massive en quarts de finale: quatre qualifiés en 2008 et 2009, soit le carton  plein, et trois en 2007.  Le sommet a été atteint lorsque Manchester United a battu Chelsea aux tirs  au but dans une finale anglo-anglaise en 2008. Depuis cette série exceptionnelle, la Premier League n'a fourni aucun  demi-finaliste en 2010 et 2013 et un seul en 2011 et 2012, un bilan bien faible  pour un pays qui se pique d'organiser le meilleur championnat du monde.

4 titres en 28 ans

Il est difficile de trouver une explication à la fin de cette domination,  qu'il faut d'ailleurs relativiser. Les clubs anglais n'ont après tout été  champions d'Europe que cinq fois depuis 1984 et leur dernier âge d'or est loin  d'égaler celui du tournant des années 1970 et 1980 (six titres d'affilée de  1977 à 1982). Certes, quelques signes peuvent évoquer une perte de qualité globale voire  d'attractivité, comme la publication du onze idéal FIFPRO 2012 dans lequel ne  figure aucun joueur de Premier League (contre 5 en 2009) ou la signature de  l'entraîneur Pep Guardiola au Bayern, alors que tout le monde l'attendait  outre-Manche. Mais il serait hasardeux de les surinterpréter. Certains entraîneurs, dont Alex Ferguson, réclament régulièrement des  aménagements du calendrier qui aideraient les clubs anglais à être plus  compétitifs en Europe. L'absence de trêve hivernale est très critiquée, ainsi  que l'impossibilité d'avancer des matches de Premier League au vendredi soir  lorsqu'une rencontre de Ligue des champions est programmée pour le mardi  suivant. En ce qui concerne le nerf de la guerre, l'argent, la Premier League reste  en excellente position avec sept des vingt clubs les plus riches du monde (même  si les deux premières places restent occupées par le Real Madrid et le FC  Barcelone), selon le dernier classement du cabinet d'audit Deloitte, ce qui  laisse prévoir un regain de résultats dans les saisons à venir.

AFP