Luka Modric, Real Madrid
Luka Modric, homme du match | PETER POWELL/MAXPPP

Le Real poursuit un rêve européen entaché d'injustice

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Au terme d'une rencontre entachée d'une grossière erreur d'arbitrage en sa faveur, le Real Madrid a vaincu Manchester United, à Old Trafford, en 8e de finale de la Ligue des champions (1-2). Les hommes de José Mourinho poursuivent leur rêve de décrocher une dixième Coupe aux grandes oreilles. Ceux d'Alex Ferguson peuvent se sentir floués.

Les affrontements européens entre Manchester et Madrid sont toujours marqués du sceau de la légende. Ce 8e de finale retour ne devrait pas déroger à la règle. S'ils ont eu toutes les peines du monde à exister jusqu'à l'heure de jeu, les Merengue ont su profiter de l'expulsion injuste et injustifiée de Nani pour renverser le cours d'une rencontre promise aux Mancuniens. Comme à l'aller, les Red Devils ont opéré en contre, portés par la grande foulée de Danny Welbeck, et ont ouvert le score dès le retour des vestiaires. Si la décision de M. Cakir a bien aidé la Casa Blanca, l''audace de José Mourinho a fait le reste. Le technicien portugais a pris tous les risques en faisant rentrer Luka Modric à la place d'Arbeloa pour forcer le destin. Auteur d'une entrée en jeu tonitruante, ponctuée d'un but splendide, le Croate a donné raison à son entraîneur. Dans les buts, Diego Lopez s'est chargé de tout sortir pour empêcher le leader du championnat d'Angleterre de reprendre espoir.

Immense Welbeck

Première surprise de ce 8e de finale retour aux allures de finale, Wayne Rooney débute sur le banc. Pour son 1000e match sous les couleurs mancuniennes, Ryan Giggs est lui titulaire. Si le quart d'heure inaugural est difficile pour les Red Devils, en difficulté pour ressortir le ballon, les Merengue n'ont qu'une réelle occasion par Higuain (11e). Véritable poison et buteur au match aller, Danny Welbeck montre alors le bout de son nez. L'international anglais martyrise la défense espagnole par ses appels tranchants dans la profondeur et sa couverture de balle. Giggs en profite pour montrer qu'à 39 ans il a de superbes restes. Pour son 134e match de Ligue des champions, le Gallois délivre d'abord un exter' somptueux  pour Van Persie, contré in extremis (14e), avant d'obtenir un corner, déposé sur la tête de Vidic. Le coup de boule du Serbe trouve le poteau (20e).

Un acte manqué en forme de réveil pour le Real Madrid. De retour dans son ancien jardin pour la première fois depuis le 16 mai 2009, Cristiano Ronaldo est magnifiquement servi par Xabi Alonso mais tarde trop pour ajuster De Gea (24e). Higuain imite le Portugais à la 32e minute mais ne peut prendre à défaut le portier ibère. Son homologue dans les bois du champion d'Espagne en titre n'est pas en reste sur une demi-volée de Van Persie puis une reprise à bout portant de l'omniprésent Welbeck (34e). Seule la blessure de Di Maria anime le club de la capitale espagnole, incapable d'accélérer pour forcer son destin. L'ouverture du score de Sergio Ramos contre son camp n'est qu'une suite logique (47e). Sur l'action Varane veut relancer, mais Nani l'en empêche avant de centrer au cordeau sur le pied de l'ancien sévillan, pris de court.

Le coup de folie de M. Cakir

Les hommes de José Mourinho sont au plus mal. Ils vont trouver en M. Cakir, l'arbitre de la rencontre, un allié insoupçonné. Sur un ballon haut, Nani ne voit pas arriver Arbeloa. L'ailier mancunien lève le pied haut et touche le latéral madrilène. Carton rouge incompréhensible (56e) et colère noire de Sir Alex. Le technicien écossais a beau haranguer le public rouge, le vent a tourné. Le technicien portugais répond en lançant Modric. Un choix gagnant. Sur une tête de Varane déviée par Higuain, Rafael, de la main, ne fait que retarder l'échéance (61e). Le Croate s'empare du cuir aux 25 m, feinte Carrick et envoie un caramel. Poteau rentrant imparable (67e). Dans un Théâtre des rêves qui n'en finit plus de siffler, l'ancien de Tottenham décroche le rôle principal. Non content de marquer, il délivre une belle passe à Higuain dans la surface adverse. L'Argentin combine avec Ozil puis frappe fort à ras de terre vers les buts. L'inévitable Ronaldo se jette pour marquer son 19e but en 16 matches toutes compétitions confondues depuis début 2013 et condamner son ancien club (1-2, 69e). Plein de classe, l'ex Diable Rouge ne fête pas sa réalisation, la 8e dans la compétition. "Modric a changé la direction du match. Il a remonté le ballon plus vite et plus  verticalement. J'ai toujours été convaincu qu'il était un grand joueur ", a salué Mourinho dans l'après-match.

A l'image de son manager au caractère bien trempé, le triple vainqueur de la C1 refuse de capituler. Carrick puis Vidic de la tête permettent à Diego Lopez de briller dans les buts madrilènes, tout comme Van Persie (82e, 83e, 90+2e). Welbeck continue de courir à en perdre haleine, toujours à bon escient cependant, rien n'y fait. Le destin a choisi le Real. Kaka manque lui le coche de l'autre côté (89e). Peu importe, l'équipe de la capitale espagnole poursuit sa route en Ligue des champions. Le rêve de décrocher la decima, la dixième C1 de son histoire, est toujours d'actualité côté espagnol. D'autant qu'éliminer Manchester United a porté chance à deux reprises au club de Florentino Pérez (1957 et 2000). Toutefois, au micro de BeIn Sport à l'issue de la rencontre, José Mourinho se montrait presque désolé envers son adversaire. "La meilleure équipe ce soir a perdu" a déclaré le Special One. CQFD.

Jerome Carrere