Real Madrid, Khedira, Xabi Alonso, Özil
Khedira, Özil et Xabi Alonso en plein doute | Bernd Thissen/DPA/MAXPPP

Le Real lâché par ses cadres

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Plombé par les mauvaises prestations de Xabi Alonso, Pepe ou Özil, le Real Madrid n’a pu surmonter la faillite de ces trois cadres. Sans oublier des choix douteux de Mourinho, comme le positionnement de l’international allemand dans le couloir droit.

En visite dans un Signal Iduna Park imprenable en Ligue des champions cette saison (6 victoires, 4 nuls), le Real Madrid ne devait pas s’attendre à une sinécure. Invaincu en C1, le Borussia Dortmund était immaculé dans son enceinte où il avait gagné ses cinq matches (10 buts marqués, 3 encaissés). Ces chiffres n’ont visiblement pas suffi à motiver les figures de proue du vestiaire madrilène. Et dans sa quête de « Decima », le club de la capitale espagnole s’est égaré.

Pepe, jouet de Lewandowski

Titulaire indiscutable dans l’axe de la défense merengue depuis trois saisons, Pepe est le symbole de ce naufrage. Sans la stupide expulsion d’Arbeloa à Galatasaray en quart de finale retour, le Portugais n’aurait sûrement pas joué. Confronté à la suspension de son latéral et à la blessure d’Essien, Mourinho n’a eu d’autres choix que de décaler Sergio Ramos dans le couloir droit et de titulariser son compatriote aux côtés de Varane. Face à Lewandowski, l’ancien joueur du FC Porto a sombré corps et biens. Devancé du bout du crampon par le Polonais sur l’ouverture du score (1-0, 8e), Pepe a été humilié sur la 3e réalisation de l’attaquant de la Rhur, qui l’a mystifié d’un magnifique rateau (3-1, 55e). 

Autre monstre sacré du vestiaire madrilène à la dérive, Xabi Alonso a été submergé dans l’entrejeu. Le milieu de terrain espagnol arrivé de Liverpool à l’été 2009, a disparu face au trio Götze, Bender, Gündogan. Incapable de s’extirper du pressing adverse, le métronome basque a même provoqué un pénalty pour une charge irrégulière sur un Reus diabolique (67e). L’occasion pour Lewandowski d’ajouter un quatrième but à sa collection du soir.

José Mourinho n’ignorait pas que son équipe n’avait gagné qu’un seul de ses 24 matches disputés en Allemagne en compétitions européennes et qu’elle restait sur cinq défaites outre-Rhin. Le stratège lusitanien a sa part de responsabilité la déroute des siens. En plaçant Mesut Özil sur le côté droit pour faire de la place à Luka Modric au cœur du jeu, le Mou a éteint son meneur de jeu allemand, auteur de 9 buts et 17 passes décisives en 46 matches cette saison. Incapable de restreindre le rayonnement de Reus, l’ancien du Werder Brême n’a pas défendu et a perdu de nombreux ballons. Un syndrome qui a également touché le Croate.

Mourinho s'est trompé

Handicapé par les absences de Marcelo, Essien et Arbeloa, le vainqueur de la Ligue des champions 2010 avec l’Inter Milan, d’habitude si bon pour décontenancer les techniciens adverses par ses choix tactiques semble s’être trompé. Bien plus actifs que le membre de la Mannschaft, Angel Di Maria ou Callejon auraient certainement obligé Reus à se replier plus souvent. Mais avec des si…

Incapable de prendre le dessus sur le Borussia Dortmund en trois confrontations cette saison (2-1 puis 2-2 en phase de groupes), le Real Madrid doit trouver des solutions. Tombé en demi-finale de C1 ces deux dernières années contre le Bayern Munich et le Barça, le club merengue est au pied d’une immense montagne. En marquant un but, Cristiano Ronaldo a rendu l’ascension possible. Reste à savoir si les autres cadres de la Casa Blanca veulent mener la cordée.

Jerome Carrere