Zlatan Ibrahimovic, PSG
L'attaquant parisien Zlatan Ibrahimovic | THOMAS SAMSON / AFP

Le PSG sur les traces de Chelsea

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Comme Chelsea, adversaire qu’il reçoit en quart de finale aller de Ligue des champions ce mercredi (20h45), le PSG a été racheté par un homme richissime. Comme les Blues, le club de la capitale a retrouvé les sommets nationaux grâce à cette bonne fortune. Comme les hommes de José Mourinho il y a deux ans, ceux de Laurent Blanc veulent glaner une première C1. Pour ce faire, ils doivent tuer leur modèle.

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Sur le pré, tout oppose Chelsea et sa défense de fer au PSG et son attaque de feu. Deuxième force offensive de C1 (22 buts) grâce à l’efficacité de son canonnier Zlatan Ibrahimovic (10 réalisations), la formation triple championne de France s’apprête à se mesurer à la meilleure défense de la compétition (5 matches sur 8 sans prendre de but). "L’équipe s’est beaucoup développée et améliorée depuis l’année dernière. Nous sommes dans les huit dernières équipes d’Europe et c’est le match de demain qui montrera où nous nous trouvons par rapport aux autres équipes, reconnaît le Suédois. Si nous passons, nous serons dans les quatre meilleures équipes d’Europe. C’est un gros test pour nous demain."

Deux ans pour redevenir champion 

Dans les livres d’histoire en revanche, les analogies entre Blues et Bleu et Rouge sont nombreuses. Mai 2003, le club londonien, 4e de Premier League mais endetté jusqu’au cou est racheté par Roman Abramovitch. En deux saisons, Makélélé, Crespo, Drogba, Cech, Ricardo Carvalho et Robben débarquent dans la capitale anglaise et ramènent un titre de champion que Stamford Bridge attendait depuis 1955. En 2011, l’émir Tamim bin Hamad al-Thani, via le fonds d’investissement Qatar Sports Investments, rachètent 70% des parts du club de la capitale puis la totalité en mars 2012. Comme le Chelsea version russe, le PSG sous pavillon qatari met deux saisons à conquérir son championnat domestique, 19 ans après son dernier sacre. L’année précédente, il avait renoué avec la Ligue des champions, une compétition qu’il n’avait plus disputée depuis 7 saisons.

Sur la scène européenne, le succès est rapide pour les deux mécènes. Avec les arrivées de Zlatan, Thiago Silva, Alex, Thiago Motta et Verratti, le PSG échoue en quart de finale, non sans avoir fait trembler le Barça pour ses retrouvailles avec la Ligue des champions. Neuf ans plus tôt, le Chelsea de Claudio Ranieri, de retour lui aussi au top niveau européen, butait sur Monaco en demi-finale. Malgré ses bons résultats, l’entraîneur italien est évincé au profit de José Mourinho, "Special One" en devenir. Sous les ordres du Portugais, les Blues enlèvent deux championnats d’Angleterre (2005, 2006), deux Coupes de la Ligue anglaise (2005, 2007), un Community Shield (2005) et une Coupe (2007). A l’inverse, le PSG séduit d’emblée un technicien reconnu en la personne de Carlo Ancelotti. Dauphin de… Montpellier en Ligue 1 à l’issue de la saison 2011/2012, le PSG du « Mister » efface ce retard à l’allumage en décrochant l’Hexagoal dès l’exercice suivant. L’Italien parti au Real Madrid, le club de la capitale peine à séduire un gros CV et se tourne vers Laurent Blanc. Séduisante, son équipe se promène dans l’Hexagone 13 points devant son dauphin, et pourrait réaliser le doublé en gagnant la Coupe de la Ligue dont il est finaliste.

Chelsea veut rester grand, Paris le devenir

S’il quitte Chelsea en septembre 2007, Mourinho a bâti les fondations d’un véritable empire chez les anciens losers du sud-ouest de Londres. Depuis son départ, les Blues ont quitté le Top 4 à une seule reprise. C’était en 2012, année où ils ont décroché la Coupe aux grandes oreilles. Face au Paris Saint-Germain, les partenaires des piliers Terry et Lampard tenteront d’accrocher une 7e demi-finale lors de leurs 11 dernières campagnes européennes. Pour sa part, le club de la capitale n’a plus goûté au dernier carré de l’élite continentale depuis le printemps 1995. "Les choses vont très vite mais la chose qui prend du temps c’est l’expérience et notamment en Ligue des Champions, analyse Laurent Blanc. Si on prend l’exemple de Manchester City, le club n’est pas présent pour ces quarts de finale et pourtant ils ont une grosse équipe." A l'heure où  Mourinho chasse une troisième Ligue des champions avec un troisième club différent (Porto 2004, Inter 2010), le "Président" cherche un premier accessit pour les demi-finales de la compétition. La condition pour faire entrer son PSG dans la cours des très grands. Et suivre la trace de son illustre aîné anglais. 

Jerome Carrere