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Les Parisiens Ezequiel Lavezzi, Zlatan Ibrahimovic et Blaise Matuidi | AFP - JOHN THYS

Le PSG ne s'enflamme pas

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Le PSG a un pied et demi en 8e de finale de Ligue des Champions suite à son carton 5-0 sur la pelouse d’Anderlecht. Une démonstration de force, dans la foulée d’un Zlatan Ibrahimovic puissance 4, que les Parisiens ont tenu à relativiser. Car la saison ne fait que débuter et car les Belges étaient trop faibles pour donner plus de crédit à ce succès.

Trois matches, trois victoires, douze buts marqués, un seul encaissé. Le bilan des matches aller du PSG sur la scène européenne est éloquent. Autant dans les chiffres quand dans la manière. A égalité avec le Real Madrid en nombre de buts marqués après trois rencontres, le PSG possède le deuxième meilleur total depuis l’intronisation de la nouvelle formule de la C1 en 2003-2004, derrière Arsenal (14 buts lors de la saison 2010-2011). Et l’impression de puissance laissée depuis Benfica (4-0 au Parc) confirme que le club parisien est parfaitement lancé dans sa quête de ce trophée européen qui fait rêver Doha.

De là à en faire un des favoris de la compétition au même titre que le Bayern de Guardiola, ou le FC Barcelone ? Laurent Blanc a donné sa réponse. Tout en contrôle, comme son équipe. "C'est à vous  (journalistes) de le dire... Ce qui est sûr c'est que gagner la C1 est un rêve  pour tous mes joueurs et pour les dirigeants", a déclaré l’entraîneur français. Un rêve pas forcément accessible encore pour des Parisiens. Malgré Zlatan et ses 6 buts en 3 matches dont 4, avec deux chefs-d’œuvre, en Belgique. Malgré cette invincibilité en Europe qui dure depuis 11 matches et une défaite à Porto en phase de poules la saison dernière. Car Anderlecht, n’est ni Arsenal, ni Naples ou encore Dortmund, les adversaires de l’OM.

Anderlecht dernier de la classe ?

Inscrire cinq buts à l’extérieur. Un exploit que peu de clubs français ont réalisé. Le PSG depuis mercredi soir a rejoint Lyon notamment qui en avait collé 7 au Dinamo Zagreb en décembre 2011 (7-1). Ce soir-là, coïncidence ou pas, Bafé Gomis avait lui aussi inscrit un quadruplé. Mercredi, c’est Zlatan qui a été le bourreau de Belges bien tendres pour faire face à une machine aussi bien huilée. « Zéro but marqué, zéro  point après trois matches. Ce n'est pas tellement agréable. Nous avions tellement lutté l'an passé pour obtenir le droit de jouer en Ligue des  champions. Constater que nous n'avons pas le niveau, c'est très décevant pour moi mais aussi pour tout le club. On manque de qualité. On n'a rien à revendiquer dans cette compétition", a constaté amèrement John van den Brom, le technicien d’Anderlecht.

A l’image des 18500 spectateurs du stade Constant Vanden Stock, qui ont d’ailleurs ovationné Ibra pour sa prestation, l’entraîneur a "pris beaucoup de plaisir en regardant jouer Paris, tout comme notre public d'ailleurs". Un œil admiratif et des éloges pour Ibrahimovic qui "a été exceptionnel", un symbole d’une équipe réduite au rang de spectateurs. "Il a décidé du sort du match à lui seul", a-t-il insisté. Si Patrice Evra avait été parisien, il aurait presque pu dire que c’était "onze hommes contre onze enfants" (il avait employé cette formule pour décrire un succès de Manchester face à Arsenal en Ligue des Champions 2009, ndlr). Les Parisiens, respectueux, ne l’ont pas dit, mais au vu de l’écart sur la pelouse, ils l’ont sûrement pensé.

Un signal ?

Paris va se qualifier pour les 8e de finale, c’est une évidence. Peut-être même sans lâcher un point en route. Mais la portée du signal envoyé à l’Europe reste limitée. Contrairement à l’OM, les Parisiens profitent d’un tirage extrêmement clément pour faire le plein de confiance et montrer les progrès réalisés en un an. "Nous sommes une meilleure équipe que l'an dernier" a confié Zlatan. Toutefois, la double confrontation face au Barca, et l’élimination, sans perdre, avait peut-être plus marqué les esprits. "Je pense que les autres équipes savent déjà que nous sommes bons", a poursuivi le Suédois.

En effet, le PSG n’a pas besoin de coller une "manita" à Anderlecht pour être pris au sérieux sur la scène européenne. Même si pour Blaise Matuidi, cette prestation va forcément résonner sur le continent. "La Ligue des Champions c'est  une compétition compliquée avec beaucoup de grandes équipes mais je pense que  les autres voient qu'on a aussi une grande équipe et je pense qu'on a lancé un  signal à toute l'Europe", a avancé le milieu de terrain, passeur décisif sur le but de Cavani.

Dimanche, c’est maintenant

Une fois le travail de milieu de semaine fait et bien fait, tous les joueurs parisiens avaient déjà en tête le match de dimanche contre Saint-Etienne. Ces Verts qui avaient été les premiers à les faire chuter l’année dernière en Ligue 1. C’était au Parc des Princes (2-1) et les Parisiens ne l’ont pas oublié. "On a pris trois points et on peut penser au match de dimanche. On a un match très  important, très difficile, contre une équipe qui nous met toujours en difficulté", a avoué Thiago Motta.

L’Italien, régulateur du milieu de terrain, agit en garde-fou. Pas question de s’enflammer pour le PSG. Le club de la capitale n’a encore rien fait, il n’est même pas qualifié pour les 8e de finale. Laurent Blanc ne disait pas autre chose. La C1 fait rêver tout un club "mais c'est un objectif  difficile... Il faut y aller par paliers. Et le premier palier c'est de  terminer premier du groupe", a-t-il conclu.