Le PSG joue sa crédibilité face à Manchester City

Le PSG joue sa crédibilité face à Manchester City

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Passé du statut de favori à celui d'outsider depuis la déconvenue du match aller (2-2 au Parc des Princes), le Paris Saint Germain aborde ce quart de finale retour de Ligue des Champions avec l'obligation de se surpasser sur le terrain de Manchester City. Après trois faux-pas d'affilée en quarts de finale, l'image du PSG pâtirait inévitablement d'une nouvelle déconvenue. Il en va de la crédibilité de l'ambitieux club parisien.

"On aurait pu, on aurait dû gagner", a lâché Laurent Blanc avant le déplacement à Guingamp (succès 2-0). Mais désormais, la déception et la frustration du match aller doivent laisser place à l'esprit de compétition. "On est capables de faire quelque chose là-bas. Ca n'aurait pas été un scandale si nous avions gagné 3-2, ou 2-1. Si on peut le faire à Paris, on peut le faire à City et on va le faire. C'est mon rôle d'y croire", a assuré l'entraîneur parisien.

Difficile, mais jouable

La situation n'est certes pas aussi désespérée que celle du Real Madrid, surpris 2-0 par Wolfsburg. Tout reste évidemment possible pour le PSG ! Mathématiquement, les coéquipiers de Zlatan Ibrahimovic doivent soit s'imposer, soit faire 2-2 pour jouer une prolongation, soit obtenir un nul en ayant marqué au moins trois fois. Difficile, mais jouable.

Laurent Blanc qui a pu laisser au repos la plupart de ses cadres ce week-end, devra composer en l'absence de David Luiz, et surtout de Blaise Matuidi, les deux joueurs étant suspendus. Et alors que côté City, Vincent Kompany restera à l'infirmerie, l'entraîneur parisien pourrait en faire sortir Marco Verratti, du moins en cours de jeu. L'Italien et son toucher de balle ont manqué lors du match aller, marqué par les trop nombreuses approximations, mais est-il raisonnable de le faire jouer alors qu'il manque de compétition ?

Zlatan peut tout changer

Parmi les nombreuses clés du match, il en est une qui reste toujours aussi paradoxalement incertaine. Oui Zlatan Ibrahimovic est le plus grand joueur que le PSG n'a jamais connu, mais non, le Suédois n'est malheureusement pas aussi efficace en Ligue des Champions qu'en L1. "Je vais tout faire, tout ce qui est en mon pouvoir, tous les sacrifices possibles, pour remporter" la Ligue des champions", a assuré celui qui compte tout de même cinq buts cette saison dans la compétition. Après avoir raté un pénalty, puis un face à face décisif face à Joe Hart, Ibra a conscience qu'il doit se racheter.

Les investisseurs qataris qui n'ont cessé de débourser des millions d'euros depuis leur arrivée aimeraient enfin voir leurs efforts récompensés. A l'instar d'Angel Di Maria (recruté 63 millions d'euros), les joueurs achetés à prix d'or pour faire franchir un cap au PSG sont dans l'obligation de se transcender.

City saura-t-il gérer la pression ?

Souvent comparé au PSG, Manchester City peut aussi compter sur des joueurs redoutables tels que Sergio Aguero, ou Kevin De Bruyne. Mais comme l'a indiqué Samir Nasri, les hommes de Manuel Pellegrini seront paradoxalement plus sous pression, car ils ont souvent eu du mal à gérer un tel avantage (comme face au Dynamo Kiev). Par ailleurs, Nasri se méfie de la réaction des Parisiens. "Généralement, ils sont bien meilleurs dans l'utilisation du ballon", a expliqué le joueur de City, non qualifié par son club pour la compétition.

La prudence reste donc de mise côté citizen, et Manuel Pellegrini sait que cet avantage peut se retourner contre son équipe. "Rester maître de ses émotions", n'a-t-il cessé de rappeler. Le piège serait de vouloir gérer ce court avantage, et l'entraîneur chilien semble vouloir aller de l'avant lors de ce match retour. "Il faudra surtout marquer ! On veut toujours marquer", explique le tacticien, qui sera remplacé cet été par Pep Guardiola. Soucieux de devenir le premier entraîneur du club à atteindre le dernier carré de la C1, après l'avoir déjà réalisé avec Villareal en 2006, Pellegrini entend bien en faire de même avec City.

Le PSG a statistiquement 22 % de chances de passer après son nul 2-2 à l'aller, mais sur le papier, tous les espoirs sont permis pour les Parisiens. Rater le dernier carré pour la quatrième fois d'affilée ne serait pas du goût des investisseurs qataris. Au club parisien de démontrer qu'il a l'étoffe d'un grand européen. 

Romain Bonte