Javier Pastore PSG
Javier Pastore | LOIC VENANCE / AFP

Le PSG au carrefour de ses ambitions face au Barça

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Après avoir éliminé Chelsea au tour précédent, le Paris Saint-Germain reçoit un autre cador européen, le FC Barcelone, en quart de finale de la Ligue des Champions. Pour le club de la capitale, il s'agit désormais de "banaliser" l'exploit, même si en face ce sont Messi et consorts qui se dressent sur la route des hommes de Laurent Blanc.

Il faut reconnaître cela aux dirigeants qataris : quand ils ont repris le PSG, ces derniers ne se sont jamais cachés derrière un discours polissé ou une quelconque fausse modestie. Pour eux, l'objectif était clair dès leur prise de contrôle, Paris devait remporter la Ligue des Champions. Le projet n'a jamais été aussi prêt de se réaliser puisque les Parisiens sont à deux matchs du dernier carré. Pour y accéder, il "suffit" d'éliminer le Barça. L'emploi des guillemets est bien sûr ironique mais pour le club de Nasser Al Khelaifi, il ne peut en être autrement. Quand bien même Messi, quand bien même Neymar, quand bien même Suarez. Quand bien même le Barça tout simplement.

L'affiche a beau être récurrente depuis deux ans (quart de finale déjà en  2013 et double confrontation en poule cette saison), elle reste une superbe  promesse de jeu et de spectacle avec quelques-uns des plus beaux joueurs  actuels réunis au Parc des Princes. A cet égard, l'absence de quatre pièces maîtresses du PSG (Ibrahimovic et  Verratti suspendus, David Luiz et Thiago Motta blessés) est un crève-coeur,  mais c'est surtout un très gros coup dur pour l'entraîneur parisien Laurent  Blanc. Faire sans Ibrahimovic, c'est faire sans un attaquant qui reste sur 10 buts  en cinq matches avec le PSG. Faire sans Verratti et Motta, c'est se lancer sans  ses deux meilleurs techniciens du milieu dans une bataille pour la possession  de balle contre le trio Rakitic-Busquets-Iniesta. Et faire sans David Luiz, cela signifie placer Gregory Van der Wiel,  maillon faible de la défense parisienne, face au virtuose Neymar.

Barça, le cran au dessus

De toutes façons, le PSG doit intégrer l'idée qu'il encaissera probablement  des buts. Peut-il en être autrement quand on affronte Messi, auteur cette  saison avec les blaugrana de 44 buts et 22 passes décisives en 44 matches ? Et  quand ledit Messi est accompagné de Neymar et Suarez ? "C'est difficile de défendre sur Messi et on sait qu'il ne faut pas leur  donner d'espaces, parce qu'il y a aussi Neymar, Suarez et les joueurs qui  viennent du milieu. Donc il faudra bien défendre mais ne pas oublier non plus  notre philosophie qui est de jouer", a expliqué mardi Maxwell. Son entraîneur a lui aussi répété qu'il faudrait "bien défendre" pour  éviter d'encaisser les buts à domicile qui ont contribué aux éliminations  parisiennes à ce même stade de la compétition en 2013 et 2014. En renversant Chelsea et les circonstances contraires, l'équipe de la  capitale a tout de même montré au tour précédent qu'elle était capable de se  surpasser et de faire tomber un grand d'Europe. Cette fois, il s'agit d'un  échelon encore au-dessus et d'un géant du football européen. Mais Paris aura  quelques arguments.

Un enjeu à la mesure du talent de Pastore

D'abord, malgré l'enchaînement des matches et un calendrier sans pitié,  Paris marche très fort. En une petite semaine, Thiago Silva et ses équipiers ont enchaîné trois démonstrations de force contre Marseille (3-2),  Saint-Etienne (4-1) et Bastia (4-0). Bien sûr, aucune de ces équipes n'a la moitié du talent offensif du Barça,  mais la manière avec laquelle les Parisiens ont imposé leur domination sur la  scène nationale a été impressionnante. Thiago Silva est redevenu "O Monstro" et voudra le montrer à Neymar, cet  "ami" qui lui a pris le brassard de capitaine en Seleçao, Marquinhos est plus que jamais le porte-bonheur parisien et Cavani, qui remplacera "Ibra" en pointe, arrivera en confiance après son doublé contre  Bastia et a de solides statistiques en Ligue des Champions cette saison (six  buts en huit matches). Derrière l'Uruguayen, Paris comptera aussi beaucoup sur Pastore, en pleine forme actuellement, au point qu'Eric Cantona l'a intronisé "meilleur joueur du monde". Cela doit sans doute faire sourire à Barcelone et à Madrid où sévissent les dénommés Messi et Ronaldo. Mais le PSG a deux matches pour montrer à l'Europe combien il faut le prendre au sérieux. Il n'aura pas de meilleures occasions. 

Vidéo : Le PSG prêt pour le combat contre le Barça 

Julien Lamotte