Thomas Muller (Bayern Munich)
Thomas Muller (Bayern Munich) | JOSEP LAGO / AFP

Le football total du Bayern

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C'est plus facile quand on a une marge de quatre buts et que Lionel Messi ne joue pas mais le Bayern Munich ne s'est pas contenté de défendre sur la pelouse du Barça. Fidèles à leur philosophie, les Bavarois ont obtenu leur billet pour la finale de la Ligue des champions par le jeu.

Champion d'Allemagne depuis deux semaines, le Bayern a eu tout le loisir de préparer sa double confrontation avec les Catalans. Après le large succès de l'aller mardi dernier (4-0), Jupp Heynckes avait logiquement fait tourner son équipe en Bundesliga. Entre l'équipe vainqueur de Fribourg 1-0 samedi et celle du Camp Nou, que trois joueurs en commun (Boateng, Van Buyten, Mandzukic, ndlr). Munich était donc reposée et toujours aussi euphorique. Cela s'est vu dès les premières minutes avec des Bavarois omniprésents dans tous les compartiments et toutes les zones.

Pressing à outrance

Le plus impressionnant, c'était ce pressing intensif sur le Barça. Ce bloc coulissant à la vitesse de l'éclair sur le porteur du ballon. Des attaquants, Muller et Mandzukic compris, aux défenseurs, cette tâche de harcèlement était la N.1 du plan. En temps normal, les Catalans s'en sortent grâce à leur qualité technique mais là ils éprouvaient les pires difficultés à éliminer et assurer leurs passes. Ils ne répondaient qu'au défi physique. L'orgueil réclamé par le Camp Nou lors du tifo avait été entendu. Le pressing allemand n'avait été qu'une arme. L'explosivité en était une autre. Dès la récupération du ballon, le Bayern déployait ses attaques avec l'obsession du but. Un style très loin de la passe à dix barcelonaise des dernières années mais diablement efficace. Et pourtant que le Barça régalait...

Un avantage psychologique

Que peut-on faire face à un rouleau-compresseur si puissant ? Gorgé de confiance, le Bayern n'a laissé aucune chance à son adversaire. Dès lors que Robben avait marqué sur son but en repiquant au centre sur son pied gauche, marque déposée, la messe était dite et Messi, laissé sur le banc, ne foulerait pas la pelouse. Munich réalisait ce que Dortmund n'avait pas su faire à Madrid, malgré la qualification, enfoncer le clou façon bûcheron. Plus royaliste que le roi, le Bayern imposait sa patte avec une incroyable sérénité et avec l'assurance des puissants. Aucune décontraction chez les Allemands mais une joie de jouer qui contrastait avec la détresse des Catalans. Passage de témoin entre les deux clubs ? Rien n'est écrit en sport et en football d'autant que le Borussia Dortmund n'a aucun complexe à faire vis-à-vis de son rival allemand.

Vidéo : les supporters munichois pendant et après le match

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