Bayern Munich
Le Bayern Munich fête sa victoire | ODD ANDERSEN / AFP

Le Bayern Munich, cette Grosse Bertha

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A l’image de la correction infligée au Barça en demi-finale aller de Ligue des champions (4-0), le Bayern Munich n’épargne personne cette saison. Moins dépendant de Mario Gomez, le club allemand possède une force de frappe offensive impressionnante et variée. Arrivés cet été en Bavière, Claudio Pizarro, Mario Mandzukic et Xherdan Shaqiri n’y sont pas étrangers. Focus sur l’artillerie lourde des tout récents champions d’Allemagne.

« Mario Gomez est bon, mais pas très bon (…) Si Gomez était très bon, nous aurions gagné la Ligue des Champions. » En fin de saison dernière, battu par Chelsea en finale de C1, le président du Bayern Munich Uli Hoeness pointait la faiblesse de son équipe. Selon lui, le secteur offensif du club bavarois ne pouvait se limiter au seul Mario Gomez, pourtant auteur d’une saison prolifique (41 buts en 52 matches toutes compétitions confondues). Vice-champion d’Allemagne, d’Europe et finaliste malheureux de la Coupe d’Allemagne, le Bayern a donc pris ses dispositions pour compléter sa ligne d’attaque et retrouver le chemin des titres.

Deux SuperMario sur le front de l'attaque

Relégué sur le banc, Gomez a vu un autre Mario, Mandzukic, lui voler son surnom de « SuperMario ». Arrivé l’été dernier, l’ancien goleador de Wolfsburg s’est aussitôt imposé. Avec 21 buts en 34 matches depuis le début de saison, le Croate est devenu la menace numéro 1 du quadruple champion d’Europe. Passé dans l’ombre, l’international allemand n’en a pas pour autant oubliés ses talents de buteur. Pour preuve, ses 16 réalisations en 26 rencontres qui en font la troisième force de frappe du club bavarois.

Etincelant sur la pelouse de l’Allianz Arena hier, Thomas Müller a dépassé son compatriote dans la hiérarchie. Eteint l’an dernier, le joueur arrivé au Bayern à 10 ans brille de mille feux, en témoignent ses 20 réalisations et 12 passes décisives en 41 matches disputés cette saison sous la liquette munichoise. Portées par ce trio, les troupes de Jupp Heynckes font plier toutes les défenses du continent. Alors qu’il lui reste quatre journées de championnat, une finale de Coupe d’Allemagne et une demi-finale retour voire une finale de Ligue des champions à disputer pour clôturer cet opus 2012/2013, le club 22 fois champion d’Allemagne a déjà inscrit la bagatelle de 132 buts en 46 rencontres tous tableaux confondus. Soit une moyenne hallucinante de près de 3 buts marqués par match…

Pour tenir ce rythme, la formation allemande a pu compter sur d’autres gâchettes en dehors de son trio infernal. Débarqué du Werder Brême à l’été 2012, Claudio Pizarro cumule 13 buts et 7 passes décisives en 25 matchs dont 4 réalisations en 6 rencontres de Ligue de champions. Dans le sillage du buteur péruvien de 34 ans, tout le secteur offensif munichois s’est mis au diapason. Ribéry (9 buts, 15 passes en 37 matches) et Robben (11 buts, 11 passes en 26 matches) font toujours autant de dégâts sur leurs ailes, imités par Kroos (9 buts, 8 passes en 36 matches) et Schweinsteiger (9 buts, 9 passes en 40 matches) dans le cœur du jeu.

Toute l'équipe se met au diapason

Ereinté en fin de saison dernière, le Bayern avait calé sur les dernières marches. Bien mieux outillé cette saison, Heynckes peut se permettre de faire tourner. Venu du FC Bâle au dernier mercato d’été, Xherdan Shaqiri a saisi sa chance. A 21 ans, le jeune Suisse a scoré 7 fois et donné 10 buts en 34 matches disputés. Une belle satisfaction, comme l’explosion de David Alaba sur le flanc gauche de la défense bavaroise. Sûr défensivement, l’international autrichien est un danger permanent sur son côté (5 buts, 4 passes en 32 matches). Capitaine de cette armada, son pendant Philipp Lahm est lui au sommet de son art. Flashé à 15 passes décisives, le latéral allemand de 27 ans s’est littéralement réinventé.

Piqué au vif par sa défaite à domicile contre Arsenal le 13 mars en 8e de finale retour de Ligue des champions, le Bayern Munich marche sur tout le monde depuis, avec neuf victoires consécutives et 36 buts marqués. Mis en déroute, Hambourg (9-2), Hanovre et Wolfsburg (6-1) peuvent en témoigner. Depuis hier, le Barça aussi.

Jerome Carrere