Sergio Ramos encore buteur libérateur du Real
Sergio Ramos, toute langue sortie, encore décisif pour le Real Madrid | AFP - Carlo Hermann

Le Bayern dos au mur vient défier un Real Madrid très costaud mentalement

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Battu par le Real Madrid à Munich (2-1) après l’exclusion de Javi Martinez, le Bayern n’a pas le choix s’il veut rallier les demi-finales de la Ligue des champions. Mais les hommes de Carlo Ancelotti, le coach de la decima (en 2014), ne partent pas favoris face au Real de Zinedine Zidane, sûr de son fait cette saison. Le mental des Madrilènes est impressionnant comme en témoignent les nombreux succès arrachés par les Merengue dans les dernières minutes tant en Liga qu’en C1.

Très attendu à sa prise de fonction, Zinedine Zidane a déjà réussi son entrée à la Maison blanche avec la conquête de la 11e (grande) Coupe d’Europe au printemps 2016. Le coach français confirme cette saison et son club est en course pour s’offrir un doublé Liga-Ligue des champions même si le plus dur reste à faire.

Un Real "caméléon"

Si Zizou n’a pas révolutionné le jeu du Real, il a montré qu’il savait s’adapter à l’adversaire. Sa formation caméléon courbe l’échine quand c’est difficile –comme à Munich en première période- et elle déploie ses ailes pour porter l’estocade dès que possible, profitant du talent de son milieu de terrain (Isco, Toni Kroos, Casemiro, Luka Modric) et de ses attaquants de classe mondiale, Cristiano Ronaldo (qui a atteint les 100 buts en C1 la semaine dernière), Karim Benzema et Gareth Bale (touché au mollet et absent ce mardi).

Sans se montrer aussi brillant que le Barça de Guardiola, le Real de Zidane s’apparente à une force tranquille qui dévaste (presque) tout sur son passage. Il fait surtout preuve d’une rage de vaincre qui a peu d’équivalents en ce moment et qui rappelle le Manchester United de Sir Alex Ferguson lorsque les Red Devils s’en sortaient souvent en marquant un but décisif dans les ultimes instants de la partie (parfois même au-delà du temps additionnel pour certains de ses détracteurs).

Les rois du "money time"

Le Real Madrid de 2016-17 ne déroge pas à la règle avec un nombre ahurissant de réalisations inscrites à partir de la 80e minute : but d’Isco à l’ultime minute (victoire 3-2 à Gijon) samedi dernier, but de Ramos (81e) pour un succès (2-1) contre le Betis Séville le 12 mars, deux buts de Ronaldo (86e sur penalty et 89e) pour arracher un match nul inespéré contre Las Palmas (3-3), un but de Morata (83e) pour offrir la victoire dans l’antre de Villarreal (3-2), deux buts de Mariano (84e) et Sergio Ramos (90e) pour un succès (3-2 contre la Corogne), Sergio Ramos encore lors du Clasico à Barcelone (90e, 1-1), Morata (83e) face à l’Athletic Bilbao (2-1), ou encore Kroos (81e) contre le Celta Vigo (2-1).

Au total en Liga, le Real a récupéré 14 points dans le "money time" ( !), preuve de la rage de vaincre de cette équipe, de son entraîneur et de ses leaders, Ramos et Ronaldo en tête. Même topo en Ligue des champions avec des victoires sur le fil contre le Sporting Portugal (2-1, buts de CR7 89e et Morata 90e), sur la pelouse du Legia Varsovie (Kovacic 85e pour arracher le nul 3-3), ou encore à Lisbonne devant le Sporting (2-1, Benzema 87e) soit 5 points glanés dans les fins de match de C1.

Quand la réussite est présente à ce point, ça ne peut être le fruit du hasard. Le refus de perdre était déjà une marque de fabrique du grand club madrilène (personne n’a oublié l’égalisation inespérée de Sergio Ramos au bout du bout des arrêts de jeu lors de la finale de C1 2014 contre l’Atlético), mais l’équipe de Zidane en a bénéficié comme aucune autre cette saison. Un atout indéniable pour aller chercher un 33e sacre national et une 12e coupe aux grandes oreilles, le trophée qui a fait la gloire du plus grand club du monde.

Grégory Jouin @GregoryJouin