Antoine Griezmann Atletico Madrid Bayern Munich
Antoine Griezmann (Atletico Madrid) à l'horizontale | CESAR MANSO / AFP

L'Atletico prend une option face au Bayern

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L'Atletico Madrid a fait un pas vers la finale de la Ligue des Champions en dominant le Bayern Munich lors du match aller à Vicente Calderon (1-0). Un exploit de Saul Niguez en début de rencontre a suffi aux Colchoneros, toujours aussi solides défensivement.

Comme le Barça avant lui, le Bayern Munich a fait l'amère expérience de se confronter à l'Atletico Madrid. Une équipe réaliste, dure au mal et terriblement efficace. Ce n'est pas du football champagne mais ça ira peut-être à Milan pour la finale de la Ligue des Champions et il faudra un grand Bayern pour l'en empêcher. Bien décidé à brouiller les cartes face à Diego Simeone, Pep Guardiola avait décidé de se passer de Franck Ribéry et de Thomas Müller, remplaçants au coup d'envoi dans un Stade Vicente Calderon en fusion. Un choix surprenant de la part du coach du Bayern, qui ne manquera pas de faire jaser dans les prochains jours. Sur l'autre banc, son opposant argentin faisait dans le classique, même sans Diego Godin, blessé : une défense hargneuse, un investissement de tous les instants et une capacité à jouer les rares offensives à fond. Ce qui est toujours plus facile quand on possède dans ses rangs un joyau comme Saul Niguez

Saul en solo

A 21 ans, ce pur produit de l'Atletico possède une fluidité et une facilité écoeurantes. Démonstration à la 11e minute où, récupérant un ballant à 40 mètres, il s'offrait un slalom spécial entre quatre défenseur bavarois avant d'enrouler une frappe du gauche qui passait entre le gant de Neuer et son poteau pour une ouverture du score tout simplement somptueuse (1-0) ! Le Bayern aurait pu effacer cet exploit en quelques secondes si, dans la foulée du but espagnol, Gimenez n'avait pas sauvé sur sa ligne un coup de tête de Vidal (13e). Renforcé dans ses convictions, l'Atletico enfonçait donc le clou face à des Munichois étrangement statiques en dépit d'une possession outrancière (70%). Or, face aux Matelassiers, posséder n'est pas gagner, tout le monde le sait. La preuve en était presque apportée par Griezmann, lancé comme une flèche blonde mais dont la frappe sans angle se heurtait au mur Neuer (30e). Malmené, le quintuple vainqueur de la C1 ne pouvait pas en rester là. 

Une légère baisse physique des marathoniens colchoneros dès la reprise offrait au club allemand un espoir d'égalisation. Face à une équipe qui défendait de plus en plus bas, le Bayern multipliait les tentatives qu'elles soient de longue portée (Alaba sur la barre à la 54e) ou par la tête chercheuse de Martinez (53e) sur laquelle Oblak, impérial, s'interposait. Guardiola, en échec, lançait alors Ribéry et Müller dans l'arène bouillonnante mais c'était bien les hommes de Simeone qui avaient le but du break au bout du pied, en l'occurrence celui de Fernando Torres, majestueux pour crocheter Alaba et enchaîner avec une frappe extérieure qui venait échouer sur le montant droit de Manuel Neuer (75e) ! Rien n'est fait pour la finale mais les Matelassiers ont désormais un petit matelas d'avance...

Déclarations : 

Pep Guardiola (entraîneur du Bayern Munich, micro de Sky):
"On avait beaucoup parlé des premières minutes contre l'Atletico et pourtant on n'a pas su gérer. A ce niveau, il fait être au top pendant 90 minutes. Mais toute la première période ne fut pas mauvaise. Je pense qu'on à bien joué 75% du match. Je suis satisfait de la prestation, on s'est créé des occasions, mais pas du résultat. C'est frustrant de ne pas marquer un but. On a encore 90 minutes pour marquer un but et prolonger les débats. Il faudra jouer intelligemment et être patient."

Fernando Torres (avant-centre de l'Atletico Madrid, au micro de la télévision espagnole): "C'est une victoire fantastique, c'est un grand jour pour l'Atletico. Nous avons joué la première manche de la confrontation et nous avons un résultat favorable. Maintenant, il faut penser à ce qui arrive. (Sur le but de Saul) C'était spectaculaire, il a fait une grande première période et un magnifique but qui nous a permis de jouer la rencontre comme nous le souhaitions. (Sur sa frappe sur le poteau) C'est dommage, nous aurions pu avoir un avantage plus net avant le retour mais il faut continuer à travailler. Il faudra souffrir et continuer à souffrir, à se battre, à batailler, face à une grande équipe comme le Bayern, qui est à un niveau que peu peuvent atteindre."

Julien Lamotte