Griezmann
Antoine Griezmann (Atletico Madrid) | Rudy / SpainDPPI / DPPI

L’Atletico doit réaliser l’impossible

Publié le , modifié le

Balayés 3-0 au match aller, les joueurs de l'Atlético Madrid font face à un immense défi en demi-finale de Ligue des champions. Il va falloir résister aux assauts des Merengues qui restent sur 60 matchs consécutifs avec au moins un but marqué. Cristiano Ronaldo, impérial à l'aller avec un triplé, risque de faire encore souffrir les Colchoneros. A domicile, Diego Simeone espère une réaction de ses joueurs, et pourquoi pas un exploit.

Cette fois, ce derby de Madrid risque d’être moins bouillant qu’à l'accoutumée. La faute à un certain Cristiano Ronaldo qui a roulé sur le match aller, pour permettre à son Real de se rêver en finale, avant même cette demi-finale retour. Bien sûr, un carton au match aller n’est pas une assurance tout risque, cette saison de Ligue des champions nous l’a encore rappelé. Mais il semble difficile d’imaginer les Colchoneros renverser ce Real Madrid, si impressionnant de réalisme.

Ronaldo en confiance, Griezmann trop seul

Pour remonter ce 3-0 subi au match aller, l’Atlético va devoir se pencher sérieusement sur le cas Ronaldo. L’attaquant portugais semble s’épanouir pleinement dans son nouveau rôle, plus adapté à son âge (32 ans). Plus axial, moins dribbleur, il a retrouvé une efficacité de tueur devant le but. Deux buts en quart de finale aller, trois buts au retour, trois nouveaux buts contre l’Atlético en demi-finale… Le Portugais ne s’arrête plus, et le Real ressemble de nouveau à un rouleau compresseur.

L’autre grand enseignement du match aller, c’est qu’Antoine Griezmann ne peut pas tout faire. Esseulé, le Français a dépensé beaucoup d’énergie mais a très bien été ciblé par la défense madrilène : il n’a pas tiré une seule fois au but lors du match aller. Sans soutien à ses côtés, il n’a pas pu arracher à lui seul un but à l’extérieur qui aurait changé beaucoup de choses.

Une agressivité à retrouver

Jusqu’à présent, les confrontations entre les deux clubs en Ligue des champions se jouaient sur des détails. Une victoire du Real en prolongation en finale 2014, une élimination sur la plus petite des marges (0-0, 1-0) en 2015, un sacre aux tirs aux buts en finale 2016. Pas cette fois. A l’aller, les joueurs de Diego Simeone ont toujours semblé dépassés, incapables d’imposer l’agressivité défensive qui faisait leur marque de fabrique. A domicile, El Cholo va devoir galvaniser ses troupes pour relever la tête, sous peine de quitter tête basse une compétition qui fuit depuis toujours le club. Le technicien veut y croire, il l’a répété après le match de Liga disputé face à Eibar ce week-end : "Je l'ai dit dans le vestiaire juste après le match aller. J'ai dit aux joueurs que ce serait très difficile, que nous affronterions la meilleure équipe du monde, qui marque à tous les matches, mais que c'était possible."

-->

 

 

Il aura face à lui un homme à qui tout réussi, Zinédine Zidane. Arrivé sur le banc du Real Madrid en janvier 2016, il a porté le club vers un sacre en Ligue des champions cinq mois plus tard. Bien parti pour atteindre sa deuxième finale en deux ans, le technicien français suscite l’admiration de son adversaire : “Le travail de Zidane est spectaculaire Il a su gérer les émotions de chacun afin de trouver le meilleur équilibre et permettre à l'équipe de jouer au niveau qui est le sien actuellement.”

Mercredi soir à Vicente Calderon, on voit mal ce qui pourrait empêcher le Real d’accéder à la quinzième finale de son histoire. Mais l’Atlético est une bête blessée qui doit susciter la méfiance. Les Colchoneros ont fait trembler l’Europe avec leur grinta et leur force de caractère. Les sous-estimer serait une erreur de débutant, surtout pour un match décisif face au grand rival, avec tout un stade derrière eux.