L'AS Monaco ou le mythe de Sisyphe

L'AS Monaco ou le mythe de Sisyphe

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Pour l’AS Monaco, c’est la fin d’un cycle, le début d’un autre. Demi-finaliste de la précédente Ligue des Champions, champion de France en titre, le club de la Principauté est reparti de zéro, ou presque. Eliminée de toutes les compétitions européennes après la gifle reçue mardi soir face à Leipzig (1-4), l’ASM se trouve d’ores et déjà en reconstruction, dans un éternel recommencement.

Comme Sisyphe, condamné à rouler un énorme rocher qui retombe sans arrêt du haut d’une montagne, Monaco se retrouve de nouveau en bas de la montagne.
Pendant que le Paris Saint-Germain lâche des centaines de millions d’euros sur telle ou telle vedette, d’autres clubs comme Monaco ont opté pour une toute autre stratégie. A la manière d’Arsenal en Angleterre ou de Dortmund en Allemagne, le club du Rocher préfère se concentrer sur les joueurs en devenir. Formés ou achetés à moindre coût, ces futurs cracks sont alors revendus avec une marge parfois exorbitante.

357,5 M€ de revenus

En France, le modèle de l’Olympique Lyonnais est comparable, même s’il se base surtout sur la formation interne. Grâce à un système économique judicieux, l’ASM est devenue cet été le club ayant encaissé les plus gros revenus lors du dernier mercato estival. En revendant Kylian Mbappé 180M€ au PSG, mais aussi Tiémoué Bakayoko à Chelsea (40 M€), Bernardo Silva et Benjamin Mendy à Manchester City (50 M€ et 57,5 M€), et cinq autres joueurs, le club du milliardaire Dmitri Rybolovlev a engendré 357,5 millions d’euros de revenus ! Lors de la saison précédente, ces revenus atteignaient déjà les 177,65 M€. 

Mbappé sur le banc, avant son départ pour le PSG
Mbappé sur le banc, avant son départ pour le PSG

En dehors du fait que tout repose sur un recrutement extrêmement exigeant, le principal inconvénient de ce système est qu’il faut sans cesse reconstruire une équipe et se montrer relativement patient avec l’éclosion de certains joueurs. En revendant les stars qui lui avaient permis d’atteindre le dernier carré de la Ligue des Champions la saison passée, Monaco et son entraîneur Leonardo Jardim savaient d’emblée que cette saison serait bien plus compliquée à gérer. Et le résultat face à Leipzig l'a confirmé. "La direction sait que ça arrive. C'est cyclique", a indiqué de lui-même le coach monégasque. "Il faut respecter l'évolution et la progression des joueurs. L'an prochain, on arrivera dans cette compétition mieux préparé qu'aujourd'hui", a-t-il lancé.

Le début d'un nouveau cycle

L’avenir est en effet déjà prometteur avec par exemple l’arrivée cet été de la pépite du Barça, Jordi Mboula, âgé de seulement 18 ans. D’autres, comme Rony Lopes (21 ans) qui vient de connaître sa première sélection avec le Portugal, le Belge Youri Tielemans (20 ans) qui est d’ores et déjà dans le viseur de grosses écuries européennes, ou encore le Français Souhaliho Meïté (23 ans), également très convoité, représentent la relève. Et lorsque celle-ci aura pris de la valeur, elle sera probablement revendue, avant qu’une autre prenne place… 

Romain Bonte