Monaco - Juventus
Geoffrey Kondogbia prend le meilleur sur le Turinois Tevez | MAXPPP - GUILLAUME HORCAJUELO

L'AS Monaco éliminée malgré Geoffrey Kondogbia, le roc du Rocher

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Geoffrey Kondogbia a de nouveau réalisé un match plein en Ligue des Champions, lors du quart de finale retour entre l'ASM et la Juventus (0-0). Malgré l'élimination de Monaco à l'issue de ce match, dans l'entre-jeu, il a fait briller sa technique, son sens tactique et de l'anticipation, et sa frappe de balle. A 22 ans, l'ancien Lensois change de dimension.

Un enchaînement contrôle-volée du gauche qui frôle la lucarne à la 5e minute. Un festival à 20m du but turinois et une frappe dans les bras de Buffon à la 20e. Une relance de Chiellini interceptée à 16m, une accélération et un sandwich du défenseur central avec Vidal qui le mettent au sol dans la surface sans que l'arbitre n'intervienne à la 36e. Voilà trois actions majeures de Geoffrey Kondogbia dans la première période. Trois mouvements de classe, qui auraient pu libérer l'AS Monaco. Trois tentatives qui montrent toute l'influence que le milieu de terrain exerce dans le jeu monégasque depuis deux mois. Trois poussées qui montrent encore les progrès qu'il doit accomplir pour être plus réaliste et plus efficace.

A ces trois faits, il convient aussi d'ajouter les interceptions, les chevauchées offensives, les petites passes pour faire rebondir le jeu, les replacements intelligents, et quelques duels physiques. Bref, le champion du monde des moins de 20 ans en 2013 a fait l'étalage de son talent à Louis II, en quarts de finale de la Ligue des Champions.S'il a brillé, c'est qu'il a été mis également dans de bonnes conditions par ses coéquipiers, au premier rang desquels Bernardo Silva, incisif et précieux, ainsi que Moutinho, dont les déviations ont souvent mis les Turinois en difficultés.

Il a éteint le milieu de terrain turinois

Mais pour se rendre compte de sa performance, il faut regarder le rendement des Turinois dans sa zone d'influence. Marchisio n'a pas existé, Vidal s'est surtout signalé par quelques fautes grossières, et Pirlo est resté sagement en sentinelle, sans parvenir à peser sur le jeu offensif. Bien sûr, la Juventus n'avait pas besoin de marquer pour se qualifier. Mais elle se serait certainement passé de ces sueurs froides, souvent causées par l'ancien joueur de Seville.

Arrivé en début de saison passée avec la cohorte de grands noms recrutés par l'ASM (Falcao, Moutinho, Ricardo Carvalho, James Rodriguez, Toulalan...), Geoffrey Kondogbia commence juste à donner sa pleine mesure. Lors de sa première saison, il a joué 31 matches, mais n'a marqué qu'un but, et son nom n'était pas le premier sorti dans ce parterre de stars. Sa deuxième saison est moins aboutie collectivement sur le plan national, mais plus sur le plan personnel. Titulaire indiscutable, il a marqué les esprits avec sa frappe surpuissante à l'Emirates Stadium, lors du 8e de finale aller le 25 février dernier. Ses performances lui ont permis d'endosser le maillot bleu contre le Brésil et le Danemark. A Turin, la semaine dernière, il s'était encore montré à son aise. Ce mercredi soir, il a encore été bon. Mais ce n'était pas suffisant pour faire tomber la Vieille Dame.

De plus en plus courtisé par d'autres grands clubs d'Europe, Geoffrey Kondogbia, dont le contrat court jusqu'en 2018, représentera-t-il le deuxième exode de l'ASM, version Rybolovlev en quête d'argent, ou la pierre-angulaire des futures ambitions du club monégasque ?

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze