Incident raciste Paris
Une capture d'écran de la vidéo du Guardian qui prouve l'incident raciste perpétré mardi soir dans le métro parisien | - / GUARDIAN NEWS & MEDIA LTD / AFP

La victime des supporters de Chelsea raconte l'agression

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Victime dans le métro parisien du racisme et de la bêtise des supporters de Chelsea, le Franco-Mauritanien Souleymane S. a raconté au Parisien sa version de l'histoire. Il a assuré vouloir porter plainte et espère que ses agresseurs seront condamnés.

Il est le héros malgré lui du web depuis mercredi soir. Lui c'est Souleymane S., la victime de la bêtise humaine et du racisme des supporters anglais dans le métro parisien. Ces derniers ont empêché le Franco-Mauritanien de monter dans le métro parce qu'il est noir. Retrouvé par Le Parisien qui a eu droit à son témoignage, il ne savait pas jeudi soir que son histoire avait pris une telle ampleur. Dans l'agression, il a perdu son téléphone. Il est chef d'exploitation dans une entreprise située près de Richelieu-Drouot (9e arrondissement de Paris". Il est revenu sur les faits. "J'ai voulu entrer dans le wagon mais un groupe de supporteurs anglais me bloquait et me repoussait. (...) Ils me disaient des trucs en anglais mais je ne comprenais pas vraiment le sens de leurs propos", raconte Souleymane S., qui dit avoir simplement "compris qu'il s'agissait de supporteurs de Chelsea".

Racisme pas ordinaire

"J'ai bien compris aussi qu'ils s'en prenaient à moi à cause de la couleur de ma peau. Vous savez, je vis avec le racisme, je n'étais pas vraiment surpris  de ce qui m'arrivait même si c'était une première dans le métro", assure-t-il. "Je suis rentré chez moi sans parler de cette histoire à personne, ni à ma femme ni à mes enfants (...). Que dire à mes enfants? Que papa s'est fait bousculer dans le métro parce qu'il est noir? Cela ne sert à rien", ajoute-t-il. En revanche, il ne veut pas laisser passer cette histoire. L'ampleur de la vidéo, relayée par les réseaux sociaux et la toile, le pousse à agir. "Je ne savais pas que j'avais été filmé. Le fait maintenant d'en parler me donne le courage d'aller porter plainte à la police", a-t-il affirmé. Quelques heures après la diffusion de cette vidéo, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences volontaires en raison de la race dans un moyen de transport collectif". Par la voix de son Premier ministre David Cameron, l'Angleterre a condamné ces actes.