Antoine Griezmann Fernando Torres Atletico Madrid
Antoine Griezmann et Fernando Torres, symboles d'un Atletico Madrid défaillant à Bernabeu | OSCAR DEL POZO / AFP

La méthode Atletico touche ses limites

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La cuisante défaite de l'Atletico Madrid face au Real en demi-finale de la Ligue des Champions (3-0) a mis en lumière les carences des Colchoneros. Jadis infranchissable, le bloc mis en place en Diego Simeone s'est fissuré de toutes parts à Santiago Bernabeu. Malheureusement pour les partenaires d'Antoine Griezmann, c'était presque inévitable.

Par moments, nombreux, ce n'était pas l'Atletico Madrid qui faisait face au Real mardi soir, mais plutôt l'Apathico Madrid. C'est en tout cas l'impression laissée par les Colchoneros. Ces derniers n'ont jamais été réputés pour la brillance et le panache de leur jeu mais au moins les joueurs de Simeone ne lâchaient rien, couraient partout et parvenaient à faire totalement déjouer leurs adversaires. C'est avec cette méthode, simple mais terriblement efficace, qu'ils avaient décroché la Liga en 2014 et atteint la finale de la Ligue des Champions cette même année ainsi qu'en 2016. Mais, sans la "grinta" qui caractérise cette formation, celle-ci devient presque une équipe quelconque. Le Real a pris un malin plaisir à le démontrer. 

La faillite des "matelassiers" était pourtant prévisible. A force de trop tirer sur la corde physique et psychologique de ses joueurs, l'exigeant Simeone a peut-être fini par les épuiser. C'est là où le bât blesse. Le technicien argentin n'a pas son pareil pour tirer le meilleur de son effectif mais il ne dispose pas du chéquier du voisin madrilène pour le renforcer. Et le fil qui unissait toutes les mailles de ce rideau infranchissable a fini par céder... L'entraîneur, conscient du problème qui n'allait pas tarder à se poser, avait bien tenté de changer les choses en début de saison en essayant de faire jouer son équipe de façon plus attractive. Mais on ne bouleverse pas les acquis aussi facilement et les résultats n'avaient pas suivi. Retour donc à la "bonne vieille" méthode qui a fait ses preuves mais qui a donc aussi ses propres limites. 

Les courses éperdues de Griezmann

Témoin de ce lent mais inexorable déclin, Antoine Griezmann. Le Français n'a pas à rougir de son bilan (25 buts toutes compétitions confondues) mais il n'a pas plus la constance et l'éclat de la saison passée. Surtout, le 3e du dernier Ballon d'Or a du mal à peser dans les grands matchs. Face au Real, perdu dans des courses éperdues pour tenter de défendre, il n'a pas tiré une seul fois au but. S'il a maintes fois déclaré qu'il prolongerait son contrat à l'Atletico, Griezmann est peut-être lui aussi perturbé par les rumeurs de transferts qui l'envoient tantôt à Manchester United, tantôt au Real. Son match face aux Merengue ne plaidera pas en sa faveur et donnera même de l'eau au moulin de Jesé qui estimait il y a peu que le Français n'avait pas sa place dans le onze de la Maison Blanche. A la décharge de "Grizou", il ne peut pas être partout à la fois et dans la surface adverse... 

L'Atletico, après avoir fait peur à toute l'Europe au cours de ces dernières années, est-il en fin de cycle ? Les récentes déclarations de son président, Enrique Cerezo, qui ouvre la porte à une vague de départs  ("Je dis toujours que les joueurs jouent où ils veulent jouer. Si le joueur est prêt à être transféré, il peut chercher l’équipe qu’il veut") le laissent entendre. Pour autant, la bête est blessée mais elle n'est pas encore morte. Koke a déjà prévenu après la première manche face au Real : "Diego Simeone nous a dit que si l'un d'entre nous ne veut pas jouer mercredi prochain, il n'a qu'à le dire". Pas sûr qu'il y ait beaucoup de volontaires. 

Julien Lamotte