Daniele de Rossi, vainqueur avec l'AS Rome
Daniele de Rossi, vainqueur avec l'AS Rome | GIUSEPPE MAFFIA / NURPHOTO

Ligue des Champions : La classe des quarts

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Annoncés sans suspense après une phase aller à sens unique, les quarts de finale retour de la Ligue des Champions ont été, dans l’ensemble, haletants. De la remontada romaine au coup de chaud madrilène, retour sur des confrontations palpitantes.

Le sport est imprévisible, c’est ce qui fait sa richesse. Quand deux soirées de football européen à priori sans émotion se terminent en orgie de frissons, il est magnifique. Pour le plus grand plaisir de millions d’amateurs à travers le monde, l’AS Roma, le Real Madrid, la Juventus de Turin, Manchester City, Liverpool, le FC Barcelone et dans une moindre mesure le Bayern Munich et le FC Séville ont fait valser la rationalité des statistiques.

• Le Barça sombre, l’AS Roma se sublime

Cela faisait 34 ans que l’AS Roma n’avait pas atteint les demi-finales de la Ligue des Champions. Au vu du match aller et de la claque reçue au Camp Nou (3-1), les coéquipiers d’un Edin Dzeko héroïque n’avait que peu d’espoir face à un Barça annoncé favori de la compétition. Mais il en fallait plus pour décourager de valeureux Romains, qui ont profité du manque d’intensité catalan pour arroser l’arroseur. L’an dernier, le Barça faisait exploser le Paris Saint-Germain pour une remontada historique (6-1 au retour). Avant-hier, il s’est fait remonter les bretelles par plus fort que lui. Rome s’invite en demies tandis que les blaugranas sortent par la petite porte.

• City, si près, si loin

Une confrontation entre clubs anglais fait souvent des étincelles. Encore plus entre les deux meilleures attaques de Premier League. Alors que Liverpool avait mis le feu à la maison bleue au match aller (3-0), Manchester City a tenté de raviver les braises au retour, sans succès.

Gabriel Jesus a inscrit un but après deux minutes de jeu, l’Etihad Stadium frissonnait, les fans de foot espéraient une deuxième période dantesque. Mais les Reds ont su réagir et ont profité du système ultra offensif de Guardiola (6 joueurs à vocation offensive) en étant efficace à la récupération du ballon. Salah et Firmino ont mis fin aux espoirs de come-back. Les hommes en rouge ont éteint le début d’incendie.

• Real/Juve, duel épique

Des buts inattendus, un scénario hollywoodien, un penalty tardif supplément carton rouge. Bref, cet affrontement entre la Juventus et le Real fut fou. A l’aller, Cristiano Ronaldo avait glacé Turin suite à sa performance XXL et un retourné acrobatique somptueux. Le Real s’était imposé 3-0 à l’extérieur, le suspense s’était enseveli dans la pénombre turinoise. Sans prévenir, il est ressorti de nul part pour transformer une soirée calme en une confrontation historique.

Ce Real/Juve restera dans les annales, c’est certain. Mario Mandzukic, auteur de deux buts de la tête en première mi-temps, a été l’artisan principal du début de remontée et Blaise Matuidi a déposé la cerise sur le gâteau d’un but matuidesque. Tout le monde attendait (espérait) une prolongation. Mehdi Benatia, ou M.Oliver pour certains, en a décidé autrement. Dans les arrêts de jeu, Lucas Vasquez a provoqué un penalty contesté, Gigi Buffon s’est énervé, a crié puis s’est fait expulsé. Cristiano Ronaldo, en propulsant le ballon dans la lucarne droite d’un Wojciech Szczesny froid, envoyait le Real en demi-finale, enterrant définitivement les rêves de la Vieille Dame.

• Le Bayern, l’exception

Heureusement que le Bayern Munich était là pour nous calmer un peu. Les allemands ont fait preuve d’une rigueur glaçante pour logiquement venir à bout du FC Séville. Vainqueur à l’aller en Andalousie, les Munichois n’avaient qu’à finir le travail à domicile. Ils l’ont fait, proprement. Jamais en mesure de faire tomber leur adversaire malgré un fond de jeu séduisant, les Sévillans se sont heurtés à un mur. La marche était trop haute et les bavarois trop solides.

Pas de but, pas de souci pour le Bayern, qui accède aux demi-finales pour la 6e fois sur les 7 dernières éditions. Contrairement aux trois autres matchs, il n’y a guère eu de suspense lors de ce match retour. Rarement à côté de la plaque, les allemands ont confirmé leur statut d’insubmersible cador européen.