Geoffrey Kondogbia
Geoffrey Kondogbia exulte après avoir ouvert le score contre Arsenal | Matt Dunham/AP/SIPA

Kondogbia, le décollage tant attendu

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Auteur de l’ouverture du score monégasque à l’Emirates Stadium et globalement irréprochable, mercredi en 8e de finale aller de la Ligue des champions (3-1), Geoffrey Kondogbia a bien choisi son moment pour briller sur le devant de la scène européenne. Alors qu’il tardait un peu à confirmer tous les espoirs placés en lui depuis son arrivée à Monaco à l’été 2013, l’international espoir a profité de son retour de blessure pour mettre les points sur les i.

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Il a fêté ses 22 ans il y a dix jours seulement. Il est un titulaire déjà indiscutable en Ligue 1 comme en Ligue des champions. Et pourtant, Geoffrey Kondogbia fait l’objet de davantage de critiques que de louanges ces derniers mois. Sur le Rocher, le jeune milieu de terrain n’a jamais vraiment justifié les 20 millions d’euros déboursés par l’AS Monaco en août 2013. Pour l’instant, il n’a pas non plus été à la hauteur des sentinelles (Patrick Vieira, Seydou Keita) auxquelles il était comparé  au début de sa carrière, lorsqu’il crevait l’écran à Lens, à 18 ans, ou sous le maillot du FC Séville, où il n’avait pas tardé à intégrer le onze de départ. Chez les Bleuets, avec lesquels il a remporté la Coupe du monde 2013, il était tout aussi incontournable. 

A Monaco, par contre, Kondogbia a surtout brillé par son irrégularité. Avec Claudio Ranieiri, il a enchaîné les allers-retours entre la pelouse et le banc de touche, faisant rapidement une croix sur une éventuelle sélection en équipe de France pour le Mondial 2014 à Rio. Sous l’ère Leonardo Jardim, et avec le départ de plusieurs stars (Falcao, James Rodriguez), il est naturellement redevenu l’une des pierres angulaires du milieu de terrain monégasque, aux côtés de Joao Moutinho. Sans faire l’unanimité pour autant.

Blessé, il ne pensait qu'à Arsenal

Alors, le 5 décembre 2014, quand il apprend qu’il ne jouera plus pendant deux mois (claquage aux ischios suite à une frappe anodine à l’échauffement), Kondogbia lutte pour ne pas se laisser envahir par le doute. "C’est dur de rester en soins, dur de bosser seul, reconnaîtra-t-il. Mais on sait que c’est pour notre bien et on s’accroche". Pour tenir, le natif de Nemours s’est fixé une deadline : le 8e de finale de Lige des champions, contre Arsenal. Celui-là, il ne veut pas le manquer. Pour son premier match en 2015, le 8 février à Guingamp, il n’a la tête qu’à la C1, ou presque. "J’ai eu peur de me blesser juste avant ce genre de match", expliquera-t-il, conscient qu’il sort d’une blessure "très dangereuse sur laquelle les risques de récidive sont importants si on ne se soigne pas bien".

Par chance, la rechute n’a pas eu lieu, et Kondogbia a tenu sa place ce mercredi à Londres. Il a même été étincelant. Aux côtés de Joao Moutinho, il a régné dans l’entrejeu. Polyvalent, puissant, il a été en vue en défense (magnifique intervention sur Cazorla à la 28e) et efficace dans la relance. En attaque ? C’est lui qui lance l’ASM sur les bons rails, après 40 minutes dominées par les Gunners, d’une superbe frappe des 30 mètres (légèrement déviée par Mertesacker). Le milieu de terrain ne pouvait pas mieux tourner la page d’une année 2014 chaotique et d’un début 2015 sur la touche. "Dans ces moments-là, philosophait-il encore le weekend dernier, tu te rends compte que le foot, c’est presque toute ta vie".