Juventus-Monaco : La discipline Martial

Juventus-Monaco : La discipline Martial

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A 19 ans, Anthony Martial est l'arme absolue de Monaco depuis quelques semaines. Parfois irrégulier, l'attaquant monégasque a su se remettre en question pour devenir une menace constante pour les défenses. A commencer par celle de la Juventus Turin en quart de finale de la Ligue des Champions.

Anthony Martial en ce moment c'est un peu Anthony Martien. L'espoir tricolore donne l'impression d'évoluer sur une autre planète tant il semble facile dans ses accélérations, ses prises de balle et ses buts. Il vient d'inscrire six buts en six rencontres de L1. Un total porté à dix, toutes compétitions  confondues, dont huit en 2015. "Il est bon en ce moment, analyse son gardien Danijel Subasic. Il marque  tout le temps. Je suis content pour lui. Quand il joue bien, ça va toujours  pour nous". Sa progression est constante. "Je me sens mieux car je joue de plus en  plus, explique d'ailleurs Martial. J'essaie de prouver au coach que je peux  être titulaire."

Il n'est pourtant pas certain de l'être à Turin, contre un club qui  l'apprécie. "C'est un joueur qui a progressé et que j'aime beaucoup, précise  Leonardo Jardim. En début de saison, j'ai dit qu'il avait beaucoup de qualités  mais qu'il lui fallait changer des choses." Martial l'a fait. Mais son entraîneur souhaite le protéger et maîtriser son  évolution. "Je dis "attention", continue ce dernier. Souvent, l'image donnée  par les médias est fausse. Une fois, ça ne va pas. Une fois, c'est un joueur  venu d'une autre planète! Il est encore loin des meilleurs buteurs." Devant le grand nombre de matches que Monaco doit disputer en avril et,  plus globalement, cette saison (son 48e à Turin), Jardim gère. Pour garder les  joueurs en éveil et tenter de ménager leur physique. Les attitudes de Germain  ou Echiejile, peu utilisés, accréditent sa réussite. Alors, "titulaire ou remplaçant n'est pas le plus important", lance Jardim,  plutôt obnubilé par l'implication et l'apport de chacun une fois sur le terrain.

Deschamps crée l'électrochoc

 "On ne peut jouer tous les matches, souligne ainsi Layvin Kurzawa. Quand on  joue, il faut démontrer ses capacités. Anthony marque et le fait en ce moment.  Berbatov aussi. Il y a concurrence. L'équipe en profite." Après avoir entendu ce discours de la bouche de Ranieri, puis de Jardim,  Martial s'en est enfin imprégné. Il évoque un "déclic" né d'une discussion avec  Didier Deschamps au centre de La Turbie en novembre. "Il m'a dit que j'avais le talent pour faire des belles choses, mais qu'il  fallait beaucoup travailler aux entraînements pour que ça paie", rappelait  Martial en janvier. Soucieux de son temps de jeu, il a toutefois compris l'intérêt de rester au  service du collectif. Mieux vaut disputer une demi-heure de haut niveau qu'une rencontre entière, insipide.

Progressivement, il a montré ses qualités. De façon sinusoïdale au début.  Et depuis quelques semaines, il est régulier à un haut niveau de performance.  Lui qui se plaignait de "trop vendanger", est devenu buteur, avec encore une  belle marge de progression. Comme lorsque, à Caen vendredi, il s'ouvre le but  et se rate. Inconcevable en Ligue des champions. Plutôt bienveillant à son égard, Berbatov sait que l'expérience des grands  rendez-vous joue pour lui. "Anthony a une réputation de bon joueur, souligne  l'ex-Mancunien. Il écoute et continue son développement." Jardim enchaîne: "La  saison prochaine sera importante pour qu'il s'affirme". Mais cela peut commencer dès mardi contre la Juve. 

Julien Lamotte