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Lionel Messi (Barcelone) face à Philippe Mexes (Milan) | OLIVIER MORIN / AFP

Impossible est-il barcelonais ?

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Barcelone, battu 2-0 à Milan lors du match aller en huitième de finale de la Ligue des Champions, joue une grosse partie de sa saison au Camp Nou. Si les chances statistiques de renverser la tendance semblent infimes pour les Blaugrana, la machine catalane possède tellement de talent que l'impossible semble à sa portée. Mais l'AC Milan, fidèle à sa culture italienne, va utiliser toute sa science défensive pour réussir l'exploit de sortir le grand favori de la compétition.

Le Barça est à la croisée des chemins. Si la Liga est quasiment acquise pour les Catalans, qui possèdent 13 points d'avance sur le Real, une élimination en 1/8e de finale de Ligue des Champions, la première depuis 2007, serait perçue comme un immense tremblement de terre sur le Vieux Continent. Cette formation, considérée par certains comme la meilleure équipe de club de l'histoire, peut-elle trébucher aussi prématurément ? Si elle joue aussi mal que lors du match aller, ou que lors de ses deux défaites face au Real en championnat  et en Coupe du Roi, la réponse ne fait aucun doute. D'autant que s'ils doivent marquer au moins deux buts face à la redoutable défense milanaise, les hommes de Roura seront sous la menace constante d'un but italien qui les obligerait dans ce cas à en inscrire quatre s'ils veulent se qualifier. Mission quasi-impossible. Du côté catalan on veut pourtant croire à ce qui s'appelle en Espagne "la remontada". Une remontée fantastique après une situation mal engagée c'est peut-être d'ailleurs ce qui manque au Barça de ces dernières années pour s'inscrire définitivement dans la légende. C'est l'occasion ou jamais. (Lire "Les 5 raisons de croire encore en Barcelone")

Qui pour épauler Messi ?

Messi et les siens ont plutôt appelé à la philosophie de jeu -  éternellement offensive - de leur formation. "Je sais que cette équipe s'en sortira: elle est meilleure que le Barça qui a remporté les Ligues des  champions de Rome (2009) et Wembley (2011)", insistait ainsi il y a quelques jours Piqué, pourtant pas exempt de tout reproche ces derniers temps en défense. L'arrière-garde blaugrana a pourtant enfin stoppé l'hémorragie face à La Corogne samedi (2-0) en préservant sa cage pour la première fois depuis 13 matchs. Les partenaires d'Iniesta devront aussi retrouver leur capacité à marquer, pour l'instant  incarnée par le seul Messi (40 buts en 27 journées de Liga) qui, s'il connaît  un mauvais jour comme contre Milan à l'aller, laisse toute son équipe sans voix  devant. C'est d'ailleurs aux avant-postes que s'accumulent les inconnues dans la  composition du Barça : si Pedro, mis au repos samedi, ne fait pas de  doute sur l'aile droite, le tandem Roura-Vilanova (qui commande à distance depuis New York où il suit actuellement un traitement)  semble encore hésiter entre  Villa et Sanchez pour épauler l'Argentin à la finition. Pour le reste, Xavi, d'abord incertain en raison d'une déchirure à la  cuisse, semble être revenu à temps et pourrait débuter.

Milan sans pointe mais avec des certitudes

Si Barcelone peut compter sur l'ensemble de ses forces vives, ce n'est pas le cas de l'AC Milan qui, cependant, ne semble pas paniquer à l'idée d'affronter l'ogre dans son antre du Camp Nou. "Nous irons là-bas avec enthousiasme et sans peur", a prévenu Adriano Galliani, le vice-président du club lombard. La confiance règne donc chez les Rossoneri en dépit du forfait de son attaquant de pointe, Giampaolo Pazzini, qui n'est pas du voyage pour un coup reçu sous le  genou vendredi contre le Genoa. Privé d'avant-centre de métier avec la non-qualification de Mario Balotelli  pour la C1, Massimiliano Allegri, le coach milanais, va devoir remplacer le "Pazzo", dont l'ingrat  travail de harcèlement avait porté ses fruits à l'aller. L'entraîneur pourrait jouer avec un faux numéro neuf, Kevin-Prince Boateng,  très en verve, ou abattre la carte Mbaye Niang. L'ailier français, qui vient  d'avoir 18 ans, a enchaîné les bonnes performances depuis le début de l'année. La seule certitude est la titularisation d'El Shaarawy à gauche tandis qu'au milieu Riccardo Montolivo, devenu le leader technique du Milan,  organisera la manoeuvre pour colmater les brèches, avec le capitaine Ambrosini. Mathieu Flamini, de retour à son meilleur niveau, est pressenti aux dépens de  Sulley Muntari, buteur à l'aller, pour compléter le milieu. La défense qui a si bien étouffé le Barça à l'aller pourrait être la même,  avec la charnière Cristian Zapata-Philippe Mexès qui monte en puissance depuis quelques matches, mais ce dernier est gêné aux adducteurs. Pour le Français ce serait dommage de manquer ce rendez-vous...

Vidéo: le Barça prépare la venue de Milan

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Julien Lamotte