Zlatan Ibrahimovic Chelsea
Le joueur du PSG Zlatan Ibrahimovic et l'entraîneur parisien Laurent Blanc | AFP - FRANCK FIFE

Ibrahimovic, la sale soirée

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Si le PSG a fait un grand pas vers les demi-finales en dominant Chelsea 3-1, le club de la capitale ne l’a pas fait grâce à Zlatan Ibrahimovic. Bien pris, en dedans puis sorti sur blessure peu après l’heure de jeu, le Suédois a traversé ce quart de finale en fantôme. Et sa blessure ne laisse présager rien de bon quant à sa présence mardi prochain à Stamford Bridge.

Au printemps sur la scène européenne, les grands joueurs se subliment. A l’image de Ronaldo qui a égalé contre Dortmund, le record du nombre de buts en Ligue des Champions de son meilleur ennemi, Lionel Messi (14). Avant la rencontre contre Chelsea, Ibrahimovic était le deuxième meilleur buteur de la C1 cette saison (10 réalisations) derrière CR7. Après, il l’est toujours mais il n’a jamais été en mesure d’améliorer son score, le meilleur sur la scène européenne dans sa carrière. De quoi donner du grain à moudre à ses détracteurs qui rappellent toujours ses faibles statistiques dès que le niveau s’élève : 7 buts en 30 matches à élimination directe de C1 – avant la réception de Chelsea – quand Messi en est à 31 en 42 rencontres et Ronaldo, désormais à 31 en 46. Ca fait désormais 7 en 31 rencontres. Mais sans son atout-maître, le PSG est en position de force pour se hisser en demi-finale de la Ligue des Champions.

Pas décisif

Pourtant en 8e de finale face à Leverkusen cette saison, son doublé avait parfaitement lancé le PSG. Mais face à son ancien coach de l’Inter Milan, José Mourinho, il n’a jamais pu trouver la faille. Ni peser, comme à son habitude, sur le jeu de son équipe. Positionné à la pointe de l’attaque, il a d’abord assisté à l’ouverture du score de Lavezzi, avant d’aller se frotter à Gary Cahill, histoire de marquer son territoire face à l’un de ses chiens de garde. Puis il s'est baladé sur tout le terrain, notamment au milieu pour organiser. Il y a croisé son garde du corps le plus collant, David Luiz. Le Brésilien placé en sentinelle a collé aux basques du Suédois l’empêchant de dicter le jeu. C’est même lui qui lui subtilise le ballon sur la ligne médiane lançant l’action qui mène au penalty transformé par Hazard. Si le Suédois a tenté de compenser la perte par une course défensive derrière Willian, il n’y est jamais parvenu, stoppant même son effort.

Incapable de se défaire de la toile londonienne, il n’a eu que deux fois l’opportunité d’être décisif sur les 45 premières minutes. D’abord en lançant en profondeur Lavezzi (25e minute) puis lors de sa remise de la tête pour Cavani (43e), mais l’Uruguayen pris par Cahill s’est effondré dans la surface. Les deux attaquants parisiens ont d’ailleurs eu bien du mal à combiner et ne se sont pas illustrés au cours de la première période : 1 seul ballon touché dans la surface pour les deux hommes, 0 tir pour le Suédois, un seul centre. Sur l’ensemble de la rencontre, cela a été pire encore puisqu’aucun des deux hommes n’a réussi à cadrer une frappe.  

Le tweet de David Wall

Le tweet de l'ActuFoot

Une blessure pour couronner le tout

En seconde période, si les Parisiens ont repris le contrôle du jeu, ils ne l’ont pas fait grâce à leur géant. Plusieurs fois, il a fait preuve d’imprécisions ou a fait étalage d’erreurs techniques qu’on ne lui connaissait guère. Comme sur cette passe en profondeur incomprise par Jallet (54e) ou ce contrôle de la poitrine manqué alors qu’il obtenait enfin un ballon exploitable dans la surface des Blues. Trop souvent décroché, il n’a que rarement été servi à l’approche des 16 mètres 50. Sur le second but et le coup-franc de Lavezzi, il est sur la trajectoire mais ne la coupe pas. Toutefois, il gêne sans doute David Luiz qui ne voit pas arriver la balle. C’est loin de la surface adverse, au milieu de terrain, que son match a pris fin. Précocement. Après avoir lancé Jallet dans la profondeur en résistant à David Luiz, il s’est écroulé en se tenant l’arrière de la cuisse droite (68e).

Malgré son envie de continuer, Laurent Blanc a préféré le sortir au profit de Lucas, alors que le score était déjà de 2-1. Sous les "Ibra, Ibra" qui descendaient des tribunes, il a regagné les vestiaires et n’a pas assisté à la fin de match. En conférence de presse, Laurent Blanc n’a pas éclairci les zones d’ombre sur la blessure du Suédois. "Je pense que c’est un problème musculaire. Il passera des examens demain (jeudi, ndlr)", a commenté Blanc. Selon Nasser Al-Khelaïfi, il en a pour "quelques semaines" ce qui signifierait son forfait pour le match retour. Une éventualité qui n’a pas plu à Blanc. "J’espère qu’il reviendra le plus vite possible car on a besoin de lui", a déclaré l’entraîneur parisien. Sur ce qu’il a montré mercredi soir, il ne l’a pas prouvé en tout cas.