Totti, Aguero, Man City, Roma
L'attaquant de la Roma Francesco Totti (à g.) et celui de Manchester City Kun Aguero (à d.) | TIZIANA FABI / IAN MACNICOL / AFP

Groupe E: Man City-Roma, le bal des ambitieux

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Pour la première fois de l'histoire, Manchester City et la Roma se croisent ce soir (20h45, groupe E) pour le compte de la 2e journée de la phase de groupes de la Ligue des champions. Revenus au sommet de leur hiérarchie nationale, les deux clubs souhaitent désormais s'affirmer au niveau européen. Pour ce faire, ils doivent s'extirper du groupe de la mort dans lequel le tirage au sort les a placés.

En quête de légitimité européenne​

La saison passée, City a décroché le quatrième titre de champion d’Angleterre de son histoire. Le second en trois ans. Une montée en puissance qui ne trouve pas d’échos sur la scène continentale, où les Citizens affichent pour meilleur résultat un 8e de finale. "Mon objectif cette saison c’est de gagner la Ligue des Champions", affirme sans détour Yaya Touré. Du côté de la Ville Eternelle, les intentions ne sont pas aussi franches. Cinq ans sans Ligue des champions ont calmé les ardeurs du club transalpin. "La Roma n’est pas une inconnue sur la scène européenne non plus. Elle aura sa chance au même titre que les trois autres clubs du groupe", nuance Gervinho, étincelant depuis le début de saison. Huitièmes de finaliste de la compétition pour leur dernière participation, les Romains veulent renouer avec leur glorieux passé européen.

Deux goleadors sur la pelouse​

Dans le coin gauche, Francesco Totti, 38 ans, 770 matches et 300 buts en carrière. Dans le coin droit, Kun Aguero, 26 ans, 458 matches et 219 buts depuis ses débuts sous le maillot d’Independiente en Argentine. Ce soir, deux des plus belles gâchettes d’Europe se feront face sur la pelouse des Skyblues. Vieillissant et moins bien disposé lorsque la musique de la Coupe aux grandes oreilles résonne (51 matches, 16 buts), le chef de meute de la Louve a prouvé lors du match d’ouverture contre le CSKA Moscou qu’il en restait un redoutable prédateur (2 passes décisives). Et que dire de son alter-ego sud-américain ! Au sommet de la hiérarchie européenne, le natif de Quilmes a scoré plus qu’à son tour (35 matches, 17 buts). Les deux hommes sont les bâtons de dynamite de leurs formations respectives.

La jeune garde romaine​ dorée

Un but et une passe décisive en vingt minutes. Juan Iturbe a fait une entrée fracassante dans le gotha du football continental. En misant sur l’espoir argentin de 21 ans cet été, la Roma ne s’est pas trompée. Incapables de rivaliser avec les grosses écuries pour attirer des joueurs de talent confirmés, les vice-champions d’Italie se sont spécialisés dans les paris sur de jeunes poulains. Résultat, Alessandro Florenzi 23 ans et formé au club, Miralem Pjanic 24 ans, Mattia Destro 23 ans et dans une moindre mesure Adem Ljacic 23 ans, sont les fers de lance d’une attaque toute en jambes de feu et fraîcheur.

Tout pour le jeu

Dans ce groupe de la mort, Man City est déjà sous pression suite à sa défaite sur la pelouse du Bayern Munich. Un autre revers et les Citizens seraient au bord du précipice. Aussi fébriles en défense (7 buts encaissés en 6 matches de Premier League) que virevoltants en attaque (12 buts marqués) les troupes de Manuel Pellegrini devront se mettre en danger pour déstabiliser des Romains invaincus dans la Botte et hermétiques derrière (1 but encaissé en 5 journées). Ses deux milieux de terrain De Rossi et Strootman blessés, la Louve se présente amoindrie mais les crocs aiguisés dans le Nord de l’Angleterre. Sa victoire 5-1 sur Moscou illustre son potentiel offensif. L’Etihad Stadium devrait avoir l’occasion de s’enflammer.

La Roma et sa malédiction anglaise​

De l’autre côté du Channel, la Louve prend des airs d’agneau. De leurs quatorze déplacements en Perfide Albion, les Italiens n’ont ramené qu’une victoire. C’était à Liverpool, au quatrième tour de la Coupe UEFA 2000/2001. Pis, lors de ses trois seules visites à Manchester pour affronter United, la Roma s’est toujours inclinée. Francesco Totti, déjà présent à l’époque pourra raconter à ses coéquipiers la mémorable déculottée reçue à Old Trafford en quarts de finale de Ligue des champions il y a huit ans (7-1). En revanche, "Il Capitano", fidèle aux Gialorossi depuis vingt-deux ans n’aura rien à leur dire sur l’Etihad Stadium et Man City, une équipe que son club de toujours n’a jamais rencontré.

Jerome Carrere