Zlatan Ibrahimovic PSG
Le buteur du PSG Zlatan Ibrahimovic | AFP - JOAN VALLS

FC Barcelone-PSG : Le PSG n'avait pas les armes, mais les mots justes

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Eliminé sans ménagement par le FC Barcelone en quarts de finale de Ligue des Champions, le PSG n'avait pas les armes pour lutter contre l'implacable machine catalane. En revanche, après la rencontre perdue 2-0 au Camp Nou, les Parisiens ont eu la lucidité de reconnaître la supériorité de leurs adversaires. Mais ils sont déjà tournés vers l'avenir et continuent de croire à un futur succès dans la reine des compétitions européennes.

La chance au tirage

"On savait que ce serait difficile". Maxwell a bien resumé l'état d'esprit des joueurs parisiens au moment d'entrer la pelouse du Camp Nou. Battre le Barca chez lui est presqu'une mission impossible cette saison, seuls le Cetla Vigo et Malaga y étaient parvenus. Peut-être que cette double confrontation s'est déjà joué au moment du tirage au sort. Hériter du FC Barcelone, était le peut-être le pire adversaire. "Il faut aussi avoir un peu de chance au tirage, on ne l'a pas eue cette année. Le Barça est un des grands favoris de la compétition", a reconnu Blaise Matuidi. Face à Porto, Monaco, la Juventus, voire même l'Atletico Madrid, "ça aurait peut-être été différent", a avoué le milieu parisien. "Mais il ne faut pas pleurer, c'est la Ligue des champions, c'est comme ça. Ils méritent de passer, c'est clair", a dit fataliste Salvatore Sirigu.

Le poids des blessés

Ibrahimovic, Verratti, Motta et Luiz absents au premier, Silva et Motta au retour, les absents ont pesé lourd. "Au match aller, nous avions quatre absents. Ce n'est pas de chance, mais ce n'est pas une excuse", a avancé Nasser Al-Khelaïfi. Avec toutes ses armes, le PSG n'aurait peut-être pas éliminé ce Barca si impressionnant sur les deux rencontres, mais il aurait donné une toute autre adversité. Car sur ces deux rencontres, Ter Stegen a été très peu mis en danger et la défense catalane a parfaitement muselé les discrètes offensives parisiennes. 

La supériorité du Barca

Après la rencontre, les Parisiens ont fait l'éloge des vainqueurs. Ils ne pouvaient faire que ça, tellement la différence entre les deux équipes a été criante. "On perd contre une des meilleures équipes du monde, peut-être la meilleure", a dit le président. Meilleur certes, mais en quoi? Maxwell a tenté de faire une analyse plus poussée que son dirigeant : "On ne méritait pas plus que ça. Quand ils jouent comme ça, c'est dur. Ils te font courir, ils ont des joueurs techniques, rapides. Ils sont très difficiles à battre. Ce qui a manqué, ce n'est pas une seule chose. L'organisation, l'équilibre pour ne pas donner d'espaces... C'est une défaite qui fait mal, mais Barcelone est supérieur".

Laurent Blanc, lui, regrettait que son équipe n'est pas pu mettre son jeu en place. "Je m'attendais à ce qu'on fasse un meilleur match mais l'adversaire ne l'a pas permis, comme au match aller. Leur qualité individuelle et collective fait que tu as beau donner le maximum défensivement et offensivement... Défensivement ça n'a pas suffi mais je regrette qu'on n'ait pas marqué, on aurait pu être plus efficace offensivement. Si tu ne marques pas, c'est difficile de renverser quoi que ce soit. Le Barça mérite sa qualification". Le "Mes que un club" était une montagne trop haute à gravir cette saison, comme déjà le Barca il y a deux ans, ou Chelsea l'an dernier. Mais pour grandir encore et "espérer la (la Ligue des champions, ndlr) gagner un jour, il faut battre ce genre d'équipe", prédit Matudi. "Barcelone est meilleur que nous, oui", a conclu Ibra, peu loquace mardi soir au Camp Nou.

Le Barca ne s'est pas construit en un jour

QSI a investi Paris en 2011. Des sommes colossales ont été dépensées, des titres ont été remportés sur la scène nationale et le club a atteint trois fois les quarts de finale de la Ligue des Champions. Un bon bilan pour un club qui veut grandir très vite. L'histoire, voilà, l'une des grandes différences entre le PSG version QSI et le FC Barcelone. Nasser AL-Khelaïfi l'a rappelé après la rencontre. "Le club de Barcelone a plus de 100 ans, nous on commence quelque chose". Lui et Laurent Blanc s'étaient sans doute déjà parler au moment d'évoquer cette élimination puisque l'entraîneur du PSG a également avancé ce constat. "En conférence de presse, Blanc a remémoré aux plus jeunes, aux impatients que la première Ligue des Champions du Barca date d'un peu plus de 20 ans.

"Si vous êtes suiveur de Barcelone, vous savez la patience qu'il faut avoir pour gagner la Ligue des champions, combien de temps a mis le Barça pour en gagner une. C'est un grand club mais il a eu de la patience pour gagner. La première il l'a gagnée en 1992, pour un club centenaire... J'espère que Paris n'attendra pas aussi longtemps. Des moyens il en faut, mais de la patience aussi. Ce soir dans les demi-finalistes il y a le FC Barcelone et le Bayern Munich, ces clubs-là ont mis du temps pour arriver dans le gotha. Paris y sera certainement un jour, il faut être patient et se dire que cela prendra du temps."

Un triplé à réussir

Pour le PSG, il va falloir digérer l'élimination car la saison n'est pas terminée et qu'il reste encore beaucoup de grands moments à vivre. Le rêve de quadruplé s'est envolé mais un triplé historique est toujours possible. Vainqueur de la Coupe de la Ligue début avril, le PSG doit encore aller chercher un troisième titre d'affilée en Ligue 1 et une Coupe de France. "On va se concentrer sur les trophées qui restent à gagner. On peut écrire l'histoire avec ce triplé", a lancé Zlatan Ibrahimovic. En Coupe, le PSG sera largement favori face à Auxerre le 30 mai prochain au stade de France. En championnat, le PSG est premier ex-aequo avec l'OL (65 points) avec un match en moins à jouer contre Metz. "On a notre destin en mains", a assuré Matuidi. Lui, Ibra, Maxwell et tous les autres ne veulent pas perdre de vue le dernier objectif de cette saison : "entrer dans l'histoire".

Benoit Jourdain @BenJourd1