Ligue des champions - Barcelone : le sur-être et le néant

Publié le , modifié le

Auteur·e : Hugo Monier
Lionel Messi Barcelone février 2019
Lionel Messi, bien seul contre Lyon | DPPI

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Le FC Barcelone, pourtant ultra-dominateur lors du huitième de finale aller de Ligue des champions, n'a pu faire mieux qu'un match nul (0-0) contre l'Olympique Lyonnais. La faute à une attaque grippée dans les trente derniers mètres et ultra-dépendante de sa star Lionel Messi.

"Un fou ne fait jamais que réaliser à sa manière la condition humaine" disait Jean-Paul Sartre. Et il y avait de quoi perdre la tête pour les supporters barcelonais mardi soir, condamnés à regarder les vagues catalanes se briser sur la défense lyonnaise. Les Blaugranas, malgré une domination quasi-totale, ont dû repartir du Groupama Stadium avec un match nul (0-0) en huitièmes de finale aller de Ligue des champions. Si la soirée muette de Lionel Messi pourrait être soulignée, c'est surtout l'inanité de ses compagnons qui saute aux yeux. 

Messi génie muselé 

L'Argentin est loin d'avoir fait un mauvais match. Ou alors seulement selon cette norme qui n'appartient qu'à lui, où toute autre performance qu'une démonstration devient une déception. Il a semblé moins bien réglé que d'habitude, peut-être rattrapé par l'enchaînement des matches depuis son alerte à la cuisse droite, début février. Comme sur cette frappe au point de penalty qui a filé à côté du but d'Anthony Lopes (17e), ou ce tir dévissé dans les dernières minutes (87e). Il a également buté sur le portier lyonnais dans un angle fermé (65e), avant d'être gêné par une sortie parfaite dans les pieds (68e), et vu Léo Dubois lui chiper le ballon pour quelques millimètres sur un centre de Suarez (85e). Malgré ces imprécisions, il a parfaitement distribué le jeu barcelonais et mobilisé l'ensemble de la défense, des milieux au gardien, les obligeant à former un bloc dense dans l'axe pour le freiner. 

Dembélé-Suarez, problèmes différents, même conséquences

Et cet attroupement aurait dû profiter à ses coéquipiers. Ousmane Dembélé l'a bien senti et a multiplié les percussions. Mais le Français peine toujours à transformer ces actions en occasions concrètes. La faute à des centres mal ajustés, des dribbles parfois forcés et des tirs mal placés. Dembélé donne l'impression d'une grande recette confiée à un cuisinier moyen. Tous les ingrédients sont là, mais le résultat final déçoit. Du côté de Luis Suarez, il s'agit plutôt d'un problème de cuisson. L'Uruguayen de 32 ans semblait en avoir dix de plus mardi soir. Il a souvent peiné à suivre le rythme de ses partenaires et à combiner fluidement avec eux. Ses temps de réaction ont souvent permis aux défenseurs d'intervenir, Dubois et Denayer en tête.  Son fait d'arme restera la 70e minute et une glissade seul au point de penalty, sur une offrande de Jordi Alba depuis le côté gauche. Le pourtant vorace attaquant, déjà à 15 buts en Liga, reste sur 17 matches de Ligue des champions à l'extérieur sans marquer.

25 tirs sans but

Le reste de l'effectif barcelonais ne semblait pas plus disposé à soulager Lionel Messi, condamné à être décisif par le but ou la passe. Résultat: 25 tirs sans but, une première depuis 2004 en Ligue des champions pour le Barça. Coutinho, entré en cours de jeu à la place de Dembélé (67e), a bien tenté de pallier l'inefficacité de ses partenaires d'une frappe aux 20 mètres. Mais Lopes est une nouvelle fois sorti vainqueur de ce duel. Seul le portier allemand Marc-André ter Stegen a montré le calibre d'un potentiel vainqueur de la compétition. Au Camp Nou le 13 mars, les Barcelonais devront élever leur niveau de jeu autour de Lionel Messi, ou espérer encore une fois que leur héros les sorte du désert.