EDITO. Ce PSG a montré son caractère

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Marquinhos toute rage dehors contre le Borussia Dortmund
Marquinhos toute rage dehors contre le Borussia Dortmund | AFP - Alexandre Simoes / GETTY/UEFA

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Cela fait des années que le PSG est raillé pour son manque de leadership, de caractère lors des matches décisifs de Ligue des champions. La victoire sur le Borussia Dortmund (2-0) a enfin fait apparaître ce supplément d'âme qui sied aux grandes équipes.

Un stade vide, cela n'a pas que des inconvénients. Ce mercredi soir, les tribunes du Parc des Princes ont permis d'entendre tout : les encouragements du banc parisien (avec en tête Thiago Silva blessé et Marco Verratti suspendu), les replacements de la défense par Marquinhos -capitaine d'un soir-, les appels pour recevoir le ballon, les coups de gueule au moment où la pression se faisait plus intense... Le temps d'un match, le PSG s'est montré tel qu'il est : une équipe, un collectif qui tire dans une même direction, un ensemble de joueurs qui avait envie de poursuivre son chemin en Ligue des champions. Trois semaines après avoir été critiqués pour leur défaite à Dortmund (un 2-1 qui aurait été un bon résultat pour beaucoup), les Parisiens ont montré une force de caractère dans l'adversité, et ce, sans soutien.

Bien évidemment, le PSG n'a pas toujours répondu aux attentes. Mais ce match très appliqué des hommes de Tuchel a montré aux plus sceptiques, à tous ceux qui aiment tant décrier un club qui brille de mille feux et dont certaines stars s'exposent parfois trop, qu'il y a bel et bien un esprit dans ce groupe. Deux hommes l'ont incarné de manière très différente : Marquinhos et Neymar.

Marqui, symbole de ce PSG

En l'absence de Thiago Silva, habituel capitaine et défenseur central, le N.5 du PSG a prouvé qu'il n'était pas qu'un joueur intraitable. C'est en leader que "le Marquis" s'est affiché, en défense, passant ton temps à haranguer ses coéquipiers, à les replacer, à les encourager, à les rappeler à l'ordre aussi. On n'a entendu presque que lui. L'ancien joueur des Corinthians, si paisible, poli et discret dans la vie, se transforme toujours en guerrier sur le rectangle vert. Il était ainsi l'un des premiers à repousser Can lors de l'échauffourée de fin de match avec Neymar. Instinct de leader, instinct de protection, instinct de groupe.

Il s'est forgé son caractère au fil des désillusions du PSG, et de ses succès aussi. Du caractère, il en a eu aussi lorsque, barré par Thiago Silva et David Luiz, il a tenu bon pour gagner sa place et forcer le club à laisser partir le joueur des Blues. Il n'avait que 22 ans, il en a bientôt 26, et l'image du club, c'est lui.  Ce match contre Dortmund n'a fait que renforcer cette impression, et ce statut qu'il a adopté sans faire de bruit.

Tout l'opposé de son ami, jamais éloigné de lui : Neymar. Un tacle défensif rageur dans les premières minutes, une activité de tous les instants pour se replacer, pour harceler, pour attaquer, pour débloquer la situation, le N.10 a tout fait. Il a donné l'exemple, avec son caractère, ses qualités (décisif et créatif) et ses défauts (chambreur et parfois soliste). Les grincheux diront qu'il devrait faire ça tout le temps. Mais est-ce que les Lionel Messi et Cristiano Ronaldo délivrent des matches de très haut niveau à chaque sortie ? Non, mais tous les regards ne suivent pas avec la même attention les multiples ballons d'or, et avec la même indulgence l'ancien du Barça.

Tous derrière Neymar

Ce mercredi soir, l'ancien joueur de Santos a donné une réponse aux plus critiques, à ceux qui l'ont rejeté, à ceux qui affirmaient qu'il était néfaste à Paris. Ces deux buts (à l'aller et l'ouverture du score au retour) ne sont que des éléments factuels. Au-delà, il y a des comportements qui ne trompent pas, notamment en-dehors du terrain. Qui a initié la ronde au milieu du terrain avec les maillots en étendards ? Neymar. Qui est parti vers le kop vide avec tous les joueurs dans son sillage pour s'asseoir et imiter Haaland ? Neymar. Il est un leader, et pas seulement de jeu. Quel impact a eu son arrivée dans les vestiaires du Parc des Princes, enceinte à la main, déhanché et rires en prime, sur ses propres coéquipiers et sur les joueurs du Borussia aux visages fermés ? Le Brésilien ne laisse personne indifférent ; il est haï ou idolâtré, même dans son pays. Une chose est certaine : il a du caractère. Et tout Paris en profite, à l'image d'un Cavani remis en selle après une longue quarantaine (pas liée au Covid-19), ou des remplaçants qui se plient en quatre lorsqu'ils rentrent... Ce PSG a une âme. Il n'est qu'en quarts de finale de la Ligue des champions, mais il a au moins montré qu'il possédait un élément qui lui a longtemps manqué.