Karim Benzema
Karim Benzema | AFP

EDITO. Benzema, la donne a changé

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Une fois de plus, Karim Benzema a ébloui la rencontre de sa classe face au Paris Saint-Germain, à tel point qu’il devient extrêmement difficile, sinon impossible, de ne pas s’incliner face au talent du Français. Celui qui divise l’opinion publique depuis cinq ans met aujourd’hui presque tout le monde d’accord. Le sportif serait-il en train de l’emporter sur les polémiques ? On ne peut l’affirmer, mais pour Benzema, la donne a bien changé.

Le débat ne cessera jamais. Comment le pourrait-il ? Détesté par les uns, adulé par les autres, Karim Benzema est devenu en quelques années l’une des personnalités les plus clivantes de l’Hexagone. Par-delà le sportif, le cas du Français divise au bar du coin, dans les repas de famille, et jusque dans la sphère politique. Il faut dire que l’imbroglio n’est pas courant : un pays de foot qui se prive d'un de ses meilleurs joueurs sans revirement possible, tout cela sans même que l’on en connaisse les véritables raisons, la controverse était inévitable.

Mais comme chacun le sait, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Benzema l’a appris à ses dépens. Car le temps a fait son effet, si bien que l’éternelle question de sa présence en équipe de France, qui demeure plus que jamais légitime, ne se pose plus aux yeux des décisionnaires. A moins d’être un adepte du masochisme, inutile de souffrir pour rien. Noel le Graet s’est montré suffisamment clair : le numéro 9 du Real a beau être l’un des tous meilleurs attaquants au monde, il ne troquera plus son maillot blanc pour le bleu. Du moins pas tant que Didier Deschamps gardera les clés de la maison. Malheureusement pour les nostalgiques, il les tient bien en mains. 

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S’il n’est aujourd’hui plus question d’évoquer avec amertume la relation galvaudée entre Benzema et les Bleus, la question de son image en France se pose, elle, toujours. Là encore, le vent a tourné. Sauf qu’il semble désormais souffler dans le sens du madrilène. Réfuter l’idée d’un éventuel come-back en sélection tout en reconnaissant le joueur à sa juste valeur ne sont pas antinomiques. Karim Benzema ne cherche pas le respect ou les louanges. Par son rayonnement sportif, il les impose. C’est ce qui fait aujourd’hui sa plus grande force.

Le nouveau roi du Real 

Inutile de sonder le miroir déformant de Twitter et des réseaux sociaux pour se rendre compte du consensus qui entoure les performances du Français. Encore étincelant face au PSG, remarquable de justesse et d’efficacité, le nouveau buteur attitré des Merengue est dans la forme de sa vie. En l’absence de leaders au Real, il fut l’un des seuls à assumer son statut, n’hésitant pas à faire évoluer son jeu pour le bien de l’équipe. La capitale espagnole ne s’y est pas trompée : Ronaldo exilé et Zidane rappelé, le prince Karim en a profité pour se faire couronner. 

Régulièrement la cible des socios depuis son arrivée au club en 2009, Benzema a lutté pour s’imposer. Mais la force de caractère et la détermination qui l’animent ont eu raison de ses maux. Son crédit à Madrid atteint des sommets visibles par-delà les Pyrénées, où l’image du joueur n’est définitivement plus la même. Rien ni personne en France n’effacera cette cicatrice encore trop récente, trop profonde sans doute mais à laquelle il convient d’opposer l’examen du talent. Karim Benzema est un formidable joyau pour le football. Son exemplarité et son humilité sur le terrain continuent, jour après jour, de convertir plus d’un éreinteur. Il en restera évidemment toujours, mais la pente ascendante est amorcée. Pour Benzema, le vent a tourné.