Dortmund-Real
Mario Gotze (Dortmund) face à Xabi Alonso et Pepe (Real Madrid) | AFP - ODD ANDERSEN

Dortmund-Real, retrouvailles avant le sommet

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L’autre confrontation hispano-allemande des demi-finales de la Ligue des Champions opposent le Borussia Dortmund et le Real Madrid. Les deux champions sortants en Allemagne et en Espagne avec deux hommes forts à leur tête et des philosophies différentes, ont une ambition commune : ramener la C1 à leur club qui court après depuis plus de 10 ans. Si les Allemands ont dominé les Merengue chez eux en phase de poule avant de concéder le nul, après avoir mené deux fois au score, à Madrid, attention toutefois aux hommes de José Mourinho qui jouent leur saison et au Portugais qui prépare sa sortie.

Onze ans pour l’un. Seize ans pour l’autre. L’attente d’une nouvelle Ligue des Champions est longue dans la Rhur et de l'autre côté des Pyrénées. Ca serait la 2e pour le Borussia, la 10e pour Madrid. Même si le Borussia devra sans doute attendre plusieurs décennies pour revenir à hauteur de la "Casa Blanca", les hommes de Jurgen Klopp veulent croire qu'onze ans après les Riedle (double buteur face à la Juve en finale), Ricken, Möller, ils peuvent dominer à nouveau l'Europe. Emmenés par la génération dorée des Gotze, Reus, le Borussia croit en ses chances d'imiter. Même face au Real Madrid. Le grand Real, qui court après sa "Decima", onze après la volée de Zidane qui fendait le ciel de Glasgow. Ce Real qui mise toute sa saison sur cette C1 après avoir laissé filer son titre de champion au rival barcelonais. Ce Real qui a sorti Manchester United (1-1, 1-2) en 8e et qui a géré face à Galatasaray (3-0, 3-2) en quarts.

Mais face à la troupe de Mourinho, les Jaune et Noir partent avec quelques raisons d'y croire. Du talent déjà. A tous les étages, avec Gündogan au milieu, brillant remplaçant d'un Nuri Sahin parti à Madrid, mais surtout devant. Le trio Gotze-Reus-Lewandowski a régalé sur la scène européenne toute l'année. Le but de l'égalisation contre Malaga lors du quarts de finale est l'exemple de ce qu'il peut faire : vitesse, technique, sang froid. Un cocktail qui a déjà fonctionné lors de la phase de poule. Réunies au premier tour, les deux équipes ont terminé première et deuxième du "groupe de la mort". Mais pas forcément dans l'ordre qu'on imaginait au départ. La faute à un Borussia fringuant avec quatre points pris sur 6 possibles : une victoire 2-1 à Dortmund et un nul (2-2) arraché par les Madrilènes dans les dernières secondes à Bernabeu.

L'énigme Gotze, le souci Lewandowski

Guardiola a peut-être rendu un petit service sans le vouloir au Real Madrid. Non pas en divulguant les secrets tactiques du Barca au Bayern, mais en obtenant la signature pour la saison prochaine chez son futur club, le Bayern, de Mario Gotze. Le milieu offensif de Dortmund va rejoindre le champion 2012-2013 pour 37 millions d'euros et il se murmure outre-Rhin que le Catalan aurait couché son nom sur sa short-list. Le transfert, annoncé par le quotidien Bild, a été confirmé peu de temps après sur le site officiel du Borussia. A la veille d'une demi-finale aller de la Ligue des Champions, le timing peut surprendre. Et on peut légitimement comment le "génie du siècle" selon Matthias Sammer, le directeur sportif va aborder cette rencontre.

Autre motif d'inquiétude côté le Borussia, la blessure de Robert Lewandowski. Le meilleur buteur de Bundesliga depuis 2 saisons (22 l'année dernière, 23 cette année en 27 rencontres) a été touché à la cuisse lors de la victoire 2-0 contre Mayence samedi. "J'ai ressenti une douleur à la dernière minute et j'espère que ça ne va pas s'aggraver", a-t-il expliqué. "J'espère que ça ira d'ici mercredi". Et visiblement ça va mieux puisque le Polonais devrait être sur la pelouse contre le Real. Avec six buts et deux passes décisives en dix matches, il est l'arme numéro 1 des Jaune et Noir, imprenables cette saison en C1 sur leur pelouse du Signal Iduna Park. En cinq matches à domicile, Dortmund est la seule équipe à n'avoir aligné que des victoires. La dernière contre Malaga (3-2) tient d'ailleurs du miracle puisque les Allemands étaient menés 2-1, et éliminés, à l'entame du temps additionnel. Une sixième lors du "plus gros match que mes garçons devront jouer" selon Klopp, leurs ouvrirait un peu plus les portes d'une seconde finale.

La quête du Real

Si le retour dans le dernier carré pour Dortmund est déjà une consécration, elle est devenue une habitude pour des Madrilènes qui retrouvent les demi-finales pour la 3e fois d'affilée et la 24e fois (un record) de son histoire. Sorti deux fois aux portes de la finale, les hommes de Mourinho veulent cette fois aller au bout. Emmenés par un Ronaldo en feu (11 buts, meilleur buteur de la compétition), ils ont cette "Decima" dans la tête et ont fait front derrière cet objectif malgré une saison où les polémiques internes ont miné le vestiaire. Mais Mourinho, contesté par certains cadres, a cette force. Celle de souder un groupe dans l'adversité. Contesté, certes mais avec un savoir-faire qui ne trompe pas. Il a amené Porto et l'Inter au sommet. Et ça ses détracteurs, même en interne, ne l'ont pas oublié. Trois ans après son arrivée sur le banc madrilène, il veut s'offrir sa troisième C1 dans trois clubs différents. Il serait alors tout seul au panthéon des entraîneurs à avoir réussi cet exploit.

Sans Marcelo et Luka Modric blessés, le Real se méfie toutefois d'un adversaire qui les a malmenés en poules. "Dortmund est une équipe qui aime attaquer, qui  passe rapidement du mode défense au mode attaque. C'est également notre style  de jeu, ce qui promet un match serré", a estimé Raphael Varane qui sera titulaire mercredi. Le club madrilène verra aussi dans sa mémoire que les clubs allemands ne lui réussissent pas : 1 seule victoire en 24 déplacements en outre-Rhin et 17 défaites.