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Dortmund-Paris, deux clubs que tout oppose ?

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C’est le grand jour pour le PSG : celui du retour de la Ligue des champions, et du début de la phase à élimination directe qui lui réussit si peu. Premier obstacle sur la route des Parisiens : le Borussia Dortmund. Un club populaire que tout semble opposer au Paris Saint-Germain, hormis Thomas Tuchel, ex-entraîneur du BVB, aujourd’hui sur le banc parisien. Et pourtant…

Commençons par leurs commencements. Fondé en 1909, le Borussia Dortmund est par définition un club populaire. Et pour cause : il a été fondé par un groupe de jeunes ouvriers et mineurs, après que le prêtre local ait menacé d’interdire le football le dimanche.

Un club ouvrier, un autre pour briller

Un blasphème pour ces travailleurs, qui quittèrent immédiatement la messe et fondèrent un club dont le nom serait celui d’un autre temple : la brasserie locale Borussia. Équipe populaire d’une ville ouvrière qui ne vaut pas franchement le coup d’œil, le Borussia Dortmund a un ADN ouvrier qui attire la sympathie. C’est le club que l’on aime, sans savoir pourquoi.


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De l’autre côté, le Paris Saint-Germain représente la "plus belle ville du monde". Surtout, il est le club de la capitale, celui que l’on aime détester. Mais ce ne sont pas là les seuls critères qui le distinguent du BVB populaire. Fondé bien plus tard, en 1970, le Paris Saint-Germain résulte d’une fusion calculée pour relancer le football professionnel dans la capitale après les disparitions du Stade français et du Racing. Parti de deuxième division, le club était alors destiné d’emblée à briller.

D’ailleurs, en 1973, comme à Dortmund, c’est une bande qui va véritablement lancer le club : celle du styliste Daniel Hechter et de ses amis (Jean-Paul Belmondo, Francis Borelli, Charles Talar et Bernard Brochand). On est bien loin des ouvriers et mineurs. 

Tuchel, cracks et Coupe des Coupes

Si leurs racines sont radicalement différentes, le BVB et le PSG, arrosés par des années de foot-business, ont aujourd’hui des branches qui se rejoignent. Au-delà de l’entraîneur parisien Thomas Tuchel, passé par le Borussia entre 2015 et 2017, et qui y a laissé un souvenir mitigé malgré le meilleur taux de victoire d’un entraîneur avec le BVB (63%) et deux quarts de finale européens, les deux clubs partagent plusieurs points communs. Par exemple, leurs styles de jeu offensifs et leur fébrilité défensive épisodique (récemment, Dortmund a perdu 4-3 à Leverkusen, alors que Paris vient de faire 4-4 à Amiens).

Dortmund et Paris sont aussi portés chacun par des cracks, appelés à faire le foot de demain. Côté PSG, il s’agit évidemment de Kylian Mbappé. Au Borussia, c’est le rôle de Jadon Sancho. À 19 ans, le prodige anglais rayonne dans la Ruhr et est certainement le meilleur joueur du BVB (16 buts, 17 passes décisives cette saison). Du point de vue ferveur, les supporters du Borussia sont souvent présentés - à juste titre - comme les meilleurs d’Europe, notamment dans leur impressionnant Mur Jaune. Mais le virage Auteuil du Parc des Princes, qui a repris des couleurs ces dernières saisons, n’a pas à rougir.

Cerise sur le gâteau : les deux clubs comptent autant de titres de champion l’un que l’autre (8) ou de Coupe des Coupes (1 chacun, en 1966 pour Dortmund, 1996 pour Paris). Les deux institutions ont même chacune leur section handball. S’ils étaient radicalement différents à leurs bases, Paris et Dortmund ont donc bien plus de points communs qu’il n’y paraît. Finalement, la principale différence étant que le Borussia a déjà remporté la Ligue des champions (1997). Compétition qui, justement, réunit les deux clubs mardi soir.

Adrien Hemard @AdrienHemard