Robert Lewandowski
Le Polonais Robert Lewandowski, auteur d'un quadruplé, a assommé le Real Madrid | AFP - JOHN MACDOUGALL

Dortmund dicte sa loi au Real Madrid

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Au lendemain du (4-0) infligé par le Bayern au FC Barcelone, le football allemand a encore supplanté la référence espagnole dans la deuxième demi-finale de Ligue des Champions. A domicile, le Borussia Dortmund a dominé, parfois humilié le Real Madrid pour s'imposer (4-1), avec un quadruplé du Polonais Lewandowski. L'égalisation de Cristiano Ronaldo (43e) laisse un infime espoir aux hommes de Mourinho, pour le match retour à Santiago Bernabeu.

C'était presque un copié-collé de Bayern - Barça. Un rythme incroyable, peu de temps morts, une volonté d'imposer un pressing très haut, du jeu, des contacts, du très haut niveau, Borrusia-Real s'est hissé à la hauteur de l'événement. Cuits à l'étouffé, les Madrilènes se sont trouvés dans la situation du FC Barcelone, hier. Asphyxiés par la vivacité des Reus, Götze et Blaszcykowski, dominés par le rythme du Borussia, les joueurs de José Mourinho ont été inoffensifs durant plus de 35 minutes. Un quart-d'heure un peu meilleur en 1re période, dix dernières minutes du match plus ouvertes, voilà tout ce que Madrid a pu se mettre sous la dent.  Cette équipe a souffert, a perdu la bataille du milieu de terrain, mais a eu le courage, et la réussite, de ne pas s'effondrer en première période, et d'inscrire un but égalisateur juste avant la pause par l'inévitable Cristiano Ronaldo (43e, 1-1), auteur de son 12e but cette saison dans cette épreuve. Record égalé. Mais comme les Barcelonais, ils n'ont pas pu survivre à ce rythme effréné durant 90 minutes. Au moins, à la différence des Catalans, ils ont eu quelques possibilités de réduire l'écart.

En deux matches, le football allemand a donné une leçon à son homologue espagnol, référence mondiale depuis 2008. A-t-on assisté, lors de ces demi-finales, à une passation de pouvoir qui pourrait se traduire au niveau des équipes nationales ? C'est sans doute trop tôt pour le dire, à la mi-temps de ces demi-finales. Mais c'est un signe très fort.

 

La rage de Cristiano Ronaldo lors de son égalisation, avec Hümmels, fautif, en arrière-plan
La rage de Cristiano Ronaldo lors de son égalisation, avec Hümmels, fautif, en arrière-plan

Le 12e but de Ronaldo en Ligue des Champions

Comme la veille, l'arbitrage a fait parler. Car juste avant que l'équipe espagnole n'égalise, Reus s'était, une fois encore, infiltré dans l'axe et avait vu son pied touché par celui de Varane au moment d'entrer dans la surface, sans que l'arbitre ne siffle rien (42e). Et sur la touche suivante, Hümmels commettait une grossière erreur, permettant à Higuain de filer vers le but et de servir sur un plateau le Portugais. Cela ne faisait alors que cinq minutes que les Merengue trouvaient enfin des solutions. Jusque-là, rien hormis sur des coups de pied arrêtés, comme celui de Cristiano Ronaldo des 35m boxé par Weidenfeller (24e). 

Jusque-là, c'était une succession de coups de boutoir des Allemands, sous l'impulsion du trio Reus-Götze-Blaszczykowski intenable et permutant sans cesse. Dans l'ordre chronologique, Reus mystifiait Varane mais voyait son tir croisé repoussé par Diego Lopez, sans que Lewandowski ne puisse reprendre dans le but vide (7e). Le Polonais se rachetait rapidement, en chasseur de but au deuxième poteau, pour tâcler un centre rentrant parfait de Reus pour ouvrir le score (8e, 1-0). Omniprésent, Reus affolait encore la défense madrilène, mais Coentrao le contrait in-extremis (25e), avant que Higuain ne fasse une course de 35m pour tâcler Blaszczykowski à 6m de son but (32e). Mais avec le replacement dans l'axe d'Ozil, transparent durant 35 minutes comme Modric, Madrid se montrait enfin dangereux, sur une reprise supersonique de Xabi Alonso, contrée par un pied allemand (41e). Un premier avertissement, le dernier avant l'égalisation.

 

L'ouverture du score de Robert Lewandowski face aux Madrilènes Diego Lopez, Pepe et Coentrao
L'ouverture du score de Robert Lewandowski face aux Madrilènes Diego Lopez, Pepe et Coentrao

Un quadruplé pour Lewandowski

Un sentiment d'inachevé pouvait être nourri par les joueurs de Jurgen Klopp au retour dans les vestiaires, alors que leurs adversaires pouvaient pousser un ouf de soulagement. Le début de la 2e période était une copie conforme de la première, avec ce pressing toujours très haut des hommes de la Ruhr, récompensés rapidement par le doublé de Robert Lewandowski, encore présent où il faut quand il faut. Une reprise ratée de Reus, et le voilà qui contrôle à la limite du hors jeu et glisse le ballon au fond des filets (50e, 2-1). Une demi-volée ratée de Schmelzer, déviée par un pied madrilène, et le Polonais héritait encore du ballon dans la surface. Une roulette pour se le mettre sur le pied droit et enchaîner rapidement avec un missile en pleine lucarne, voilà comment Lewandowski devenait la star de cette demi-finale avec son hat-trick (55e, 3-1). Il devenait en même temps le premier joueur à inscrire trois buts au club madrilène en Ligue des Champions. Et Gündogan y allait aussi de son festival, pour décocher une frappe surpuissante du gauche, que Diego Lopez enlevait de sa lucarne d'une splendide claquette (62e). 

 

Robert Lewandowski, auteur de son 2e but personnel face aux Madrilènes
Robert Lewandowski, auteur de son 2e but personnel face aux Madrilènes

Ce n'était que partie remise. Sur un ballon aérien, Reus contrôlait le ballon mais était bousculé par Xabi Alonso. L'arbitre sifflait un penalty justifié, et Lewandowski se faisait un plaisir de le transformer, au centre et en force, pour un quadruplé exceptionnel, qui faisait monter son compteur personnel à dix réalisations (67e, 4-1). Et après une belle sortie de Weidenfeller devant Khedira, le buteur polonais était tout près de marquer un cinquième but, mais son tir puissant du droit était dévié par Diego Lopez (78e). A la 89e minute, Cristiano Ronaldo frôlait le doublait, synonyme d'espoir revenu, mais il butait sur la sortie de Weidenfeller. Et dans le temps additionnel, Varane, sur un ballon qui traînait après un corner, ratait de peu le cadre (90e+3).

A l'issue de la rencontre, l'évidence saute aux yeux: le Borussia a surclassé le Real Madrid. Et il est bien difficile de croire en un retournement de situation à Madrid lors de la demi-finale retour. Gary Lineker a donc beau jeu de ressortir la phrase qu'il avait prononcée après la Coupe du monde 1990:  "Le football est un jeu simple : 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent. "

 

 

Réactions

José Mourinho (entraîneur du Real Madrid):  "On a vu ce soir sur le terrain une équipe qui était clairement supérieure à  une autre. Il y avait une équipe qui physiquement et mentalement en a dominé  une autre. C'est définitivement la meilleure équipe qui a gagné ce soir. Les  buts que nous avons encaissés sont le fruit de nos erreurs. Je ne sais pas s'il  y avait hors-jeu sur le deuxième, je n'ai pas encore revu les images, je ne  peux donc pas juger, je ne sais pas s'il y avait penalty. Le résultat ne devait  peut-être pas être de 4 à 1 mais plutôt de 2 ou 3 à 1 mais ce qui est sûr, et  je le répète, c'est que la meilleure équipe sur le terrain a gagné. (sur les  bons résultats des clubs allemands) Le football allemand est un très bon  football mais le foot espagnol reste le foot espagnol, on ne peut pas juger sur  un match. (sur le match retour) Rien n'est impossible, l'espoir reste présent,  l'histoire n'est pas encore terminée et je compte sur mes joueurs pour le  montrer la semaine prochaine".
Jürgen Klopp (entraîneur de  Dortmund): "Il faut se faire violence pour ne pas perdre la boule. Il faut  encore aller à Madrid et ce ne sera pas une promenade de santé. On a fait une  énorme seconde période, en prenant le bon et laissant les déchets. C'est  simplement incroyable!"
Raphaël Varane (défenseur du  Real Madrid): "On ne s'attendait pas du tout à ce résultat. On attendait  quelque chose de beaucoup plus positif. On avait beaucoup plus d'ambitions. On  est tombé sur une équipe très agressive, qui a joué compact, ce que nous  n'avons pas su faire. On a laissé trop d'espaces entre les lignes et c'est ce  qui a fait la différence."
Michael Zorc, directeur sportif du Borussia Dortmund: "C'est une super  performance, presque sur la totalité des 90 minutes. Je crois que la victoire  est amplement méritée mais nous serons sur nos gardes au match retour. Le but  que nous avons encaissé est dû à une erreur de notre part et il a permis au  Real de se relancer dans le match. Mais l'équipe s'est très bien corrigée".