Crise interne et double choc, semaine cruciale pour le Barça

Publié le , modifié le

Auteur·e : Mathieu Aellen
Lionel Messi
Lionel Messi, attaquant du FC Barcelone. | MARC GONZALEZ ALOMA / SPAINDPPI / DPPI

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Englué dans une crise institutionnelle, le FC Barcelone navigue en eaux troubles depuis plusieurs semaines alors que s’annoncent six jours bouillants avec un huitième de finale aller à Naples ce mardi, puis un déplacement à Madrid pour le Clasico face au Real dimanche.

Une large victoire face à Eibar samedi, un quadruplé de Lionel Messi et le fauteuil de leader de la Liga : la vie est belle côté Barça. C’est ce que l’on pourrait croire en ne regardant tout ça que d’un œil, mais le ciel est loin d’être bleu azur au-dessus de la tête des Blaugranas, qui se déplacent à Naples ce mardi pour leur huitième de finale de Ligue des Champions dans un contexte pesant en coulisses.

Preuve de la tension qui règne en Catalogne, ce Camp Nou, divisé samedi entre encouragements et sifflets, où une partie des supporters a agité des mouchoirs au coup d'envoi pour protester à sa manière contre le président Josep Maria Bartomeu et la direction du club. L’objet de leur courroux ? Des révélations de la Cadena Ser il y a dix jours, selon lesquelles Bartomeu et la direction du Barça auraient commandité une campagne calomnieuse visant plusieurs personnalités liées au club afin de protéger la réputation du président. Sont ciblés les adversaires politiques de ce dernier, mais aussi des joueurs dont Lionel Messi et Gerard Piqué. Le club a nié les faits dans un communiqué, assurant avoir seulement sollicité des services de "surveillance des réseaux sociaux" et annonçant avoir résilié le contrat entre le club et I3 Ventures, l’entreprise à l’origine du scandale. Il n’empêche, le Barça a fait de l’art de se tirer une balle dans le pied une spécialité catalane depuis le début de l’année.

Mouchoirs blancs dans les travées du Camp Nou, samedi face à Eibar
Mouchoirs blancs dans les travées du Camp Nou, samedi face à Eibar © Josep LAGO / AFP

L’arrivée sur le banc de Quique Setién en remplacement d’Ernesto Valverde, pendant que fuitaient dans les médias les révélations de la rencontre entre le secrétaire technique Eric Abidal et Xavi, alors favori de la direction pour prendre les rênes de l’équipe première, a été le point de départ d’une séquence catastrophique qui ne trouve aujourd’hui toujours pas de point final.

Car la suite n’a fait que mettre en lumière les failles profondes qui touchent l’institution barcelonaise. Outre l’affaire Bartomeu, la passe d’armes entre le secrétaire technique Eric Abidal et Lionel Messi avaient cristallisé un peu plus les tensions autour du club Blaugrana. Dans une interview donnée au journal catalan Sport début février, le Français était revenu sur le départ de Valverde, qu’il expliquait en grande partie par le fait que "beaucoup de joueurs n'étaient pas satisfaits et ne travaillaient pas beaucoup". Une déclaration comme un bidon d’essence au-dessus de braises déjà ardentes, qui a fait sortir le portable de l’habituel taiseux Lionel Messi. L'Argentin s’est alors fendu d’un message acéré sur Instagram, arguant "les responsables" à assumer "leurs responsabilités et les décisions qu'ils prennent."

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Naples avant Madrid

"J'ai répondu parce que je me sentais attaqué", a confié l’attaquant argentin, revenu sur cet épisode dans un entretien la semaine passée pour Mundo Deportivo"Ce dont nous avons besoin, c'est de tranquillité et de ne penser qu’au football." L'appel au calme en pleine tempête a été suivi d’actes sur le terrain, où Lionel Messi s’est fendu d’un quadruplé face à Eibar samedi dernier, permettant aux Catalans de prendre seuls la tête du championnat et évitant une crise un peu plus profonde avant une semaine décisive avec deux déplacements incandescents à Naples et Madrid.

Décisive car si le bateau tangue en interne, les résultats, eux, sont bien là. Leader de Liga et toujours en course en C1, l'institution catalane tient la route sportivement malgré un fond de jeu encore perfectible et un effectif décimé par les blessures. Luis Suarez et Ousmane Dembélé ont déjà mis un terme à leur saison, alors que Sergi Roberto et Jordi Alba ont tous deux rejoint l'infirmerie ces derniers jours. C'est donc avec six joueurs de la Masia et un Martin Braithwaite recruté comme joker médical mais non qualifié pour la Ligue des Champions que le Barça s'est envolé pour l'Italie, où l'attendent des Napolitains revigorés en 2020 avec six victoires sur leurs sept derniers matches, dont plusieurs victimes de choix à leur tableau de chasse : la Juventus, l'Inter Milan et la Lazio Rome.

Dans le bouillant San Paolo, les Catalans auront l'occasion de montrer que les bisbilles institutionnelles de ces dernières semaines sont désormais derrière eux. Un revers, à cinq jours d'un Clasico sur la pelouse du Real, pourrait en revanche être synonyme d'une nouvelle plongée en apnée pour Messi et les siens.