Comment l'Atalanta Bergame a-t-elle abandonné son statut de club de seconde zone ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Gasperini Atalanta
Gian Piero Gasperini est tout sauf étranger au changement de statut de la Dea. | AFP

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Novice en Ligue des champions, l’Atalanta Bergame affronte le Paris Saint-Germain mercredi en quarts de finale. Longtemps habituée à vivre dans l’ombre des clubs phares italiens, la Dea a changé de dimension en l’espace de quatre saisons pour devenir l’une des formations les plus attrayantes d’Europe.

Plus de Juventus Turin, de Napoli, ni d'Inter Milan. Pas de trace non plus de l'AS Roma ou du Milan AC. D'Italie, tous les yeux sont aujourd'hui rivés sur l'Atalanta Bergame, dernier représentant du football transalpin en Ligue des champions. Quelques mois, voire quelques années en arrière, personne n'aurait pu ne serait-ce qu'envisager une telle configuration. Habituée à l'ombre, la Dea apparaît transfigurée depuis la saison 2016/17, conclue à la 4e place, décrochant alors le meilleur classement de son histoire.

Dans l'ombre il y a encore cinq ans

Car, contrairement à son glorieux voisin milanais, Bergame a longtemps mangé son pain noir, avec plusieurs passages par l'ascenseur avec la deuxième division. Le dernier en date, un cours passage en Serie B en 2010/11 conclu par une remontée, est assez frais. A l'époque, l'Atalanta aurait même pu basculer dans les ténèbres à cause de l'implication de son capitaine Cristiano Doni dans l'affaire des matches truqués. La menace d'une rétrogradation avait finalement laissé place à un retrait de 6 points pour l'exercice 2011/12 en Serie A.

Ces dernières saisons, c'est sur cet héritage que l'Atalanta a dû rebondir. Avec une politique de scouting axée sur le repérage et la formation de jeunes talents, le club lombard s'est d’abord fait remarquer sur le marché des transferts grâce à des ventes fructueuses. Des joueurs comme Alessandro Bastoni, parti pour 31 millions d'euros à l'Inter Milan, ou plus récemment Dejan Kulusevski, acheté 35 millions d'euros par la Juventus Turin, sont tous les deux passés par Bergame. En renflouant ses caisses, la Dea a pu s'aligner sur des transferts à plus de 11 millions d'euros pour la première fois de son histoire, sans aucun raté.

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Ses cinq achats les plus onéreux sont aujourd'hui les éléments importants d'une équipe loin de faire tache en Ligue des champions. Luis Muriel, Mario Pasalic, Duvan Zapata, Ruslan Malinovskyi auront tous un rôle à jouer contre Paris ce mercredi. Chacun de ces renforts a été validé par Gian Piero Gasperini, dont l'arrivée en juin 2016 sur le banc de l'Atalanta a coïncidé avec la transfiguration du club. Lors de sa présentation officielle, le technicien italien avait déclaré "une fois le maintien acquis, nous viserons plus haut". Il ne croyait pas si bien dire.

Le goût du risque

Habitué à gribouiller à la craie sur les tableaux des vestiaires d’équipes italiennes depuis 26 ans, Gasperini est arrivé chez la Dea avec un plan bien précis en tête et des obsessions renforcées par les années de pratique. En dépit de son statut d’outsider, son équipe jouera à trois centraux derrière et pratiquera un jeu résolument offensif, basé sur l’intensité et un pressing très haut sur le terrain.  "Nous savons que nous nous exposons aux contres de l'adversaire. Mais nos prises de risques apportent plus de bénéfices que de problèmes et c'est pour cela que nous marquons autant de buts", résumait Alejandro “Papu” Gomez dans une interview accordée à El Pais en février dernier.

En l’espace de deux saisons sous la houlette de Gasperini, l’Atalanta Bergame est devenue une des meilleures références offensives d’Europe. Cette saison, 115 buts ont été inscrits par la formation lombarde, en 47 matches toutes compétitions confondues (soit une moyenne de 2.5 buts par match). En huitièmes de finale de la Ligue des champions, les Nerazzurri en ont collé 8 à Valence sur la confrontation aller-retour. On peut aussi évoquer les corrections infligées en championnat à l’Udinese (7-1), à l’AC Milan (5-0), à Parme (5-0), au Torino (7-0) ou encore à Lecce (7-2). Avec trois joueurs à plus de 15 buts en Serie A cette saison (Ilicic, Zapata et Muriel) et sept à plus de 7 réalisations, la menace peut venir de partout.

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Si la Dea n’a pas encore accroché de cador à son tableau de chasse en C1, elle n’a pas laissé indifférent un certain Pep Guardiola. “Jouer contre l’Atalanta, c’est comme aller chez le dentiste”, avait concédé le coach de Manchester City après le match nul (1-1) concédé en novembre dernier lors de la phase de poules. Face au PSG, le club lombard se présentera sans Josip Ilicic et son gardien Pierluigi Gollini, dans la peau du novice, mais il suscite toujours quelques craintes, pour son mordant et son statut d’outsider qui n’a rien à perdre.

Même privé de Marco Verratti et Angel di Maria, et avec un Kylian Mbappé pas à 100%, Paris reste le favori face à la Dea mercredi. Mais attention à ne pas sous-estimer cet adversaire inexpérimenté. Le président de la Juventus Turin, Andrea Agnelli, en a fait les frais. "J'ai beaucoup de respect pour l'Atalanta mais ils sont arrivés en Ligue des champions grâce à une seule bonne saison et aucune référence dans l'histoire de la compétition", s’aventurait-il début mars. 5 mois plus tard, sa Juve est éliminée de la compétition par Lyon et Bergame devient le seul représentant italien en quarts de finale de C1.