Clément Lenglet, heureux
Clément Lenglet, heureux | CRISTINA QUICLER / AFP

Ligue des champions : Clément Lenglet, roi d'Espagne

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Joueur le plus utilisé par Vincenzo Montella cette saison en Liga, le précoce défenseur français s’est imposé comme une valeur sûre à Séville. Après ses prometteuses années nancéiennes, Lenglet a traversé les Pyrénées pour poursuivre une progression réfléchie et cohérente. A 22 ans, il peut rêver de tunique bleue.

Il est français, a un nom qui évoque l’outre-Manche et joue au pays des sandwichs à l’omelette. Si Clément Lenglet a l’étoffe d’un voyageur de l’extrême, il n’est qu’un défenseur sévillan, prêt à mettre dans sa poche les attaquants munichois, qu’il défiera ce soir lors du match retour des quarts de finale de Ligue des Champions.

La trajectoire du natif de Beauvais est harmonieuse. Signé professionnel à Nancy alors qu’il flirtait avec la majorité, Clément Lenglet s’est forgé en Lorraine où il s’est imposé petit à petit comme un cadre de l’équipe. “Je l’ai mis capitaine à 19 ans. Il avait déjà une grosse maturité” témoigne son ancien entraîneur Pablo Correa.

Pas venu à Séville pour cueillir des pâquerettes

A un âge où les adolescents de son âge peinent à obtenir leurs diplômes et enchaînent les kebabs sauce blanche, Lenglet dévore les attaquants de Liga avec mention très bien, supplément Ligue des Champions. Fort au duel, doué avec ses pieds pour relancer, le jeune français a tout du défenseur moderne. “Il était impressionnant de par ses performances” estime son ancien coéquipier à Nancy Pape Diakhaté : “Je garde le souvenir de quelqu’un de très bien éduqué, très posé” déclarait le défenseur sénégalais à France Football il y a quelques semaines.

Plus qu’un joueur à l’aise techniquement, Lenglet est un garçon à la tête bien faite. En témoigne son refus de signer à la Juve en 2015 lorsqu’il était à Nancy par peur de freiner sa progression. Sa carrière est linéaire, ses progrès constants. En passant de Nancy à Séville à l’été 2016, Clément Lenglet ne brûle pas les étapes. Alors qu’il pouvait avoir l’ambition de signer chez un grand d’Europe, il a préféré frapper à l’étage en dessous, question de temps de jeu.

Matthieu Quesmel, son ami d’enfance, le connaît bien ; “Il a toujours été patient. Ce n’est pas quelqu’un qui est dans la précipitation. C’est l’une de ses plus grandes qualités.” Lorsqu’il signe à Séville, personne n’est inquiet : “Quand il est parti, je disais que la première année, il allait apprendre, qu’il serait très bon la deuxième année et qu’il serait vendu la troisième année, parce qu’il est fait pour viser encore plus haut” se souvient Pablo Correa.

Lukaku dans la poche, Lewandowski freiné

Sous les ordres de Vincenzo Montella, qui le qualifie de “footballeur parfait”, Clément Lenglet a découvert la Ligue des Champions, qu’il retrouve ce soir à Munich. Au match aller, malgré les deux buts encaissés, il avait muselé Robert Lewandowski, bien aidé par son compère Simon Kjaer. Surtout, c’est sa performance à Old Trafford en huitièmes de finale qui avait impressionné. Il avait fait de Romelu Lukaku sa chose, se muant en élément fondateur d’une qualification surprenante.

A 22 ans, Lenglet continue d’apprendre dans la quiétude andalouse. Ses performances ne lui permettront sûrement pas d’être de l’aventure russe pour la Coupe du Monde mais il peut légitimement ambitionner d’intégrer l'Équipe de France dans les années voire les mois à venir. En club, les cadors européens ne devraient pas tarder à le solliciter. Pour l’instant, Lenglet a la tête à Munich.