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Alvaro Negredo. | AFP/IAN MACNICOL

City-Barça: Pluie d'étoiles sur l'Etihad

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En théorie, le huitième de finale qui oppose Manchester City au FC Barcelone ce mardi soir (20h45) devrait donner lieu à une véritable démonstration technique et offensive, entre deux des plus belles formations d'Europe. Sur la pelouse de l'Etihad Stadium, le danger pourra venir de partout.

Lorsqu'il déclare en décembre dernier que "Barcelone n'a plus la même équipe qu'il y a deux ans", Manuel Pellegrini sait de quoi il parle. Éphémère entraîneur du Real Madrid (2009/2010) puis de Malaga (2010/2013), "Il Ingeniero" (l'ingénieur) a déjà eu l'occasion de se mesurer à la référence du football mondial de cette dernière décennie. Il faut dire qu'en tant que coach des Madrilènes puis des Andalous, celui qui est présenté comme l'un des tacticiens les plus doués au monde a affronté le Barça dans ses meilleures années : celui des trois titres de champions consécutifs, celui du sacre en C1 en 2011 - et d'une flopée de titres un peu plus secondaires -, celui de Guardiola. Toutefois, si les Blaugrana sont aujourd'hui ex aequo avec l'Atlético et le Real Madrid en Liga (60 points après 19 journées), Manuel Pellegrini a semble-t-il omis que les Catalans ont établi en fin de saison dernière le record d'écart de points entre le premier et le deuxième (15 points d'avance sur les Galactiques), et ont égalé le plus grand nombre de points jamais obtenu en Liga (100). Si la formation actuellement entraînée par Martino n'exercent plus une domination aussi écrasante qu'il y a quelques années, elle est encore loin de rentrer dans le rang. 

Les deux attaques les plus prolifiques d'Europe

Bien loin des tacticiens "frileux" du championnat français, Manuel Pellegrini a toujours été obsédé par un football basé sur le mouvement et l'utilisation des espaces. Et quand il y a les joueurs pour le faire, l'Ingénieur est le genre de coach à afficher un bilan de plus de 100 buts marqués dans une saison (102 avec le Real Madrid en 2009/2010). Un total qu'il pourrait pulvériser cette année : avec 68 buts "plantés" en 25 matches, les Citizens possèdent la deuxième meilleure attaque des cinq plus gros championnats européens. Avec Aguero, Negredo, Jesus Navas, David Silva, Jovetic et Dzeko, les champions d'Angleterre 2012 jouissent d'une force de frappe ahurissante, laquelle s'appuie sur un binôme de milieux Fernandinho-Yaya Touré effrayant en phase offensive. Le deuxième, surtout, est difficile - voire impossible - à contenir lorsqu'il se projette vers l'avant et affiche un tel niveau qu'il doit laisser quelques regrets du côté de la Masia. Le philosophie de jeu prônée par Pellegrini - d'ailleurs pas si éloignée de celle du Barça - est telle qu'aucun joueur n'est réellement indispensable. Lorsque ça tourne, l'absence d'Aguero, 15 buts en Premier League, ne se fait quasiment pas sentir. 

Devant le but adverse, les hommes de Tata Martino n'ont pas grand chose à envier aux Skyblues. Avec 69 buts marqués en 24 matches, les Catalans possèdent tout simplement la meilleure attaque du Vieux Continent. Faciles vainqueurs du Rayo Vallecano ce week-end (6-0), les Barcelonais, qui ont connu un très léger coup de mou en janvier, semblent dans les meilleures dispositions pour aborder le sprint final. Messi, blessé en décembre, a d'ailleurs marqué contre les Rayistas ses 227e et 228e buts dans le championnat espagnol, ce qui fait de lui le 3e meilleur buteur de l'histoire de la Liga espagnole. Parallèlement, Neymar, a célébré son retour de blessure avec une percée ponctuée d'une frappe en pleine lucarne. 

City ne veut pas s'arrêter là

Si Barcelone est un habitué des phases finales de la ligue des champions, les Skyblues ne peuvent pas en dire autant. Ces deux dernières années, malgré un effectif taillé pour lutter contre les meilleures formations européeennes, Manchester City n'est jamais sorti des poules par la grande porte (3e en 2011/2012 et 4e l'année suivante). Le club le plus populaire de Manchester a payé son classement UEFA médiocre pour un gros de Premier League, qui le conduisait, à l'aube des tirages au sort, à batailler dans des groupes diablement relevés (avec le Bayern, Naples et Vllareal en 2011/2012 et Dortmund, le Real Madrid et l'Ajax en 2012/2013). 

Mais en décembre dernier, les hommes de Pellegrini réservaient leur billet pour les phases finales de la mythique compétition européenne, s'octroyant même le droit de triompher du Bayern de Guardiola à l'Allianz Arena, et offrant par la même occasion, la première victoire de Pellegrini sur une équipe entraînée par Guardiola. L'Europe ne fait plus peur au club de plus populaire de Manchester. 

Jean Charbon