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La joie mesurée des Parisiens après leur succès sur Chelsea | BEN STANSALL / AFP

Chelsea-PSG: Paris a atteint l'âge adulte

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Mercredi soir, le Paris Saint-Germain s'est qualifié pour son quatrième quarts de finale de Ligue des Champions consécutif en dominant Chelsea (1-2) sur sa pelouse. Une victoire qui prouve que le PSG a désormais une stature continentale.

A quel âge devient-on mature ? Le Paris Saint-Germain affiche 46 printemps – il espère fêter le 46e avec une grande aventure européenne – n’en déplaise à Zlatan Ibrahimovic qui, dans une pirouette, datait la naissance du PSG à son arrivée, et non à celle des Qataris comme il l’a défendu. Sur la pelouse de Stamford Bridge mercredi soir, il n’y a pas eu d’effusion de joie, le bonheur était mesuré, comme attendu, il était proportionnellement à l’exact inverse de l’ampleur de la déception si élimination il y avait eue.

L'oeuvre de QSI​

Voilà, désormais quatre saisons de suite que le club capital fait partie du top huit européen et ce fait ne souffre d’aucune contestation. Les fans de Chelsea avaient beau hurler dans une tentative d’ironie bien dérisoire que leurs homologues parisiens n’avaient jamais vu leur club champion d’Europe (Chelsea l’a été en 2012 soit neuf ans après l’arrivée de Roman Abramovitch​, son très riche propriétaire), la grande équipe européenne, et même la grande institution hier soir, c’était bien le PSG. Depuis 2011, Qatar Sports Investments s’attache à faire grandir Paris pas à pas.

Elle est loin l’époque où Montpellier chipait le titre de champion de France, en Ligue 1 les Parisiens n’ont plus d’adversaire et en Ligue des Champions, ils se comptent désormais sur le doigt d’une main. Paris n’a jamais été si proche du top 4 continental. Bien sûr, il sera dépendant du tirage. Si d’aventure il hérite de Wolfsburg ou du Benfica, il n’aura pas grand-chose à craindre. En revanche, si les boules venaient à bégayer et mettaient une nouvelle fois le Barca sur le chemin du PSG, il faudra un exploit. Mais plus que le résultat devant Chelsea, c’est la manière dont le PSG a semblé dominer son sujet, même pendant la grosse demi-heure pendant laquelle les Londoniens y ont cru, qui prouve que ce PSG-là a atteint sa maturité. "L'expérience, tout le monde doit l'acquérir et moi le premier", jugeait Laurent Blanc après la rencontre. Humble, le Cévenol sait au fond de lui qu’une belle partie du travail est déjà faite.

Une exigence quotidienne

Touche par touche, QSI fait mûrir le PSG. Par des achats faramineux (Pastore, Ibrahimovic, Cavani, Di Maria) certes mais aussi par des décisions moins médiatiques, menées par Jean-Claude Blanc (Directeur général délégué) et Olivier Letang (Directeur sportif adjoint). La venue du meilleur jardinier de Premier League, l’amélioration des infrastructures notamment au Camp des Loges, l’exigence quotidienne, toutes ces petites choses qui font qu’au moment d’entrer sur la pelouse d’un adversaire costaud comme Chelsea, les joueurs se sentent bien dans leur tête, bien dans leur peau, bien dans le collectif.

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Mercredi soir, Laurent Blanc n’a pas hésité à titulariser Adrien Rabiot. Si le jeune parisien a perdu des ballons, il a aussi marqué faisant oublier les mois sur le banc et les sorties médiatiques peu inspirées. Il faut dire qu’à ces côtés, il dispose de leaders tels que Thiago Silva, Thiago Motta, Zlatan Ibrahimovic ou encore Angel Di Maria. Les deux derniers ont été les acteurs majeurs du succès de Stamford Bridge

Ibrahimovic et Di Maria, leaders charismatiques

Plus que quiconque, "Ibra" symbolise le projet QSI, une stature qui lui permet de renier l’histoire, pourtant riche, de son club. Et l’Argentin, en joueur de classe mondiale qu’il est, a indéniablement fait passer un cap à Paris. Son centre parfait pour son partenaire suédois a scellé le sort de la rencontre, exactement comme il avait offert à Edinson Cavani le but du 2-1 voilà trois semaines. "Il a une faculté à se déplacer intelligemment, à accélérer le jeu, à avoir une vision excellente", dit de lui son entraîneur. Il en oublie la capacité à répondre présent au moment opportun. Ce n’est pas pour rien qu’Eden Hazard s’est précipité sur l’ancien du Real Madrid pour échanger son maillot à la pause ('l’échange de la honte" comme le nomme le Mirror ce jeudi matin).

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Dans son sillage, c’est tout le Paris Saint-Germain qui élève son niveau de jeu quand il le faut. C’est à cela que l’on reconnaît un grand d’Europe. A cela et à la confiance qui habite une équipe. A seulement cinq ans, le PSG version Qatari est devenu mature.