Chelsea-Atlético : briser la glace

Chelsea-Atlético : briser la glace

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Chelsea et l'Atletico Madrid, qui peuvent encore tous deux rêver d'un formidable doublé Ligue de champions-championnat, se retrouvent mercredi pour une demi-finale retour de C1 (20h45) forcément âpre après le 0-0 de l'aller entre deux défenses étanches.

Si les statistiques penchent du côté des Blues après ce nul ramené de Vicente-Calderon, l'histoire vole au secours des Colchoneros. Après un tel scenario à l'aller, ceux-ci ont, dans le passé, renversé deux fois la  situation, tandis que Chelsea a été éliminé à deux reprises (contre une qualification). Difficile pourtant de choisir un favori entre les deux derniers vainqueurs de la C3 aux philosophies de jeu différentes mais à la même rigueur défensive, la meilleure de leur pays respectif. Alors que les Rojiblancos apparaissent à ce niveau pour la première fois depuis 1974 et n'ont gagné qu'un match sur neuf sur sol britannique, Chelsea a pour lui un supplément d'expérience avec cette 7e demi-finale en 11 campagnes de C1. Et surtout l'appétit de revanche de son entraîneur Jose Mourinho, qui est dans le dernier carré pour la 5e fois de suite.

L'infirmerie des Blues bondée : info ou intox ? 

Après trois ans d'un mandat houleux avec le Real, le Portugais - génial pour ses fans, imbuvable pour ses détracteurs - a en effet été prié de se réfugier dans son camp de base londonien. Mais Chelsea, comme "Mou" d'ailleurs, a joué plus de demies que de finales avec notamment une seule qualification à ce niveau contre des Espagnols en quatre tentatives. D'autant que son effectif est actuellement chamboulé avec les suspensions  des milieux Lampard et Obi Mikel. Pour les joueurs soit-disant blessés, dur de voir clair dans l'intox de Mourinho. Cech, Terry, Hazard et Eto'o, annoncés forfait ou très incertains pour la demi-finale retour par leur coach portugais... ont pu s'entraîner mardi lors d'une séance ouverte. Le technicien sort aussi d'un coup d'éclat contre Liverpool (2-0) avec son équipe B, qui a relancé la Premier League, préservé la fraîcheur des cadres et boosté le moral de tous. En face, le leader de la Liga n'a plus besoin que de deux victoires en trois matches pour ramener au nez et à la barbe du Real et du Barça un titre national qui le fuit depuis 18 ans.

"Nous sommes sur un nuage"

L'"Atleti", qui reste sur 14 matches sans défaite toutes compétitions confondues et même six rencontres sans encaisser de but, est également la dernière équipe invaincue en compétition européenne. Elle le doit en grande  partie aux 7 buts de Diego Costa quand en face personne, pas même Torres, l'ex-idole des Colchoneros, ne culmine à plus de trois réalisations. Après avoir payé cher en 2009 son apprentissage à Stamford Bridge (4-0), l'équipe de Diego Simeone reste invaincue contre Chelsea depuis trois matches et a même pris une revanche éclatante en 2012 lors de la Super-Coupe d'Europe (4-1). "Nous sommes sur un nuage dont nous ne voulons pas descendre. Cette équipe possède un niveau de conviction rarement atteint", a résumé le capitaine Gabi dimanche après le succès à Valence (1-0). Problème: ce capitaine qui est à la fois l'âme, l'aboyeur et le relayeur de son équipe, est lui-aussi suspendu alors que le milieu turc Turan, réputé pour sa finesse technique et sa percussion, a souffert d'une pubalgie ces dernières semaines. Le manque de réalisme du vieillissant David Villa (32 ans), qui n'a plus marqué depuis le 8 mars, est aussi un cadeau fait à Chelsea, passé maître dans l'art de transformer le plomb en or et, comme à l'aller, de faire déjouer son adversaire. En revanche, pour avancer plus loin, les Blues devront passer sur le corps de "leur" gardien Thibaut Courtois, prêté depuis trois ans au club madrilène.

Jean Charbon