Edinson Cavani, PSG
L'attaquant uruguayen Edinson Cavani | ADRIAN DENNIS / AFP

Cavani, matador sans costume

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Hier soir à Stamford Bridge, Edinson Cavani n'avait de matador que le surnom. Maladroit sur les deux opportunités de mises à mort de la bête Chelsea qu'il avait à portée de pied, l'attaquant uruguayen n'a pas assez pesé sur la défense centrale des Blues malgré une débauche d'énergie évidente. Ibrahimovic blessé, l'ancien Napolitain a souffert la comparaison.

Les actes valent toujours mieux que les paroles. Contrarié par son exil sur le côté droit de l'attaque parisienne, lui, l'attaquant axial attiré par le but, Edinson Cavani avait confié son spleen à l'Equipe début avril. "Pour un attaquant habitué à conclure les actions, habitué à marquer et qui, aujourd’hui, doit accomplir d’autres tâches, non, ce n’est pas facile, c’est vrai (...) Et avec le temps, ça commence à être pesant." Face à Chelsea, l'Uruguayen a manqué l'opportunité de montrer à Laurent Blanc qu'il s'était peut-être trompé. A l'aller déjà, sa reprise non cadrée au point de pénalty alors qu'il était seul aurait pu changer le cours des choses. Au retour, ses deux appels en profondeur idéalement servis par Matuidi (72e) et Cabaye (77e) ont connu le même sort. Au moment où le taureau anglais commençait à précipiter ses charges, le "Matador" n'a pas porté l'estocade. 

Chelsea, gazon maudit

Avant ces deux occasions en or, "Edi" avait peiné, à l'image de ce coup-franc balancé dans le mur (25e) ou de cette tête hors cadre (58e). Etouffé par la défense centrale Terry-Cahill quand ce n'était pas le milieu de terrain David Luiz, l'Uruguayen était le Parisien ayant le plus couru à la mi-temps (5,63 km)... Souvent dans le vide... "D'un point de vue personnel, je prends ce rendez-vous comme une revanche", déclarait l'ancien Napolitain avant sa visite à Stamford Bridge. Deux ans plus tôt, dans la même situation avec le club italien (victoire 3-1 à l'aller), il avait failli. Absent des débats, l'avant-centre de 27 ans avait tout manqué, y compris une reprise au second poteau (13e) qui aurait pu changer la physionomie de ce double affrontement avec les Anglais. Hier soir, l'histoire a balbutié.

Signes de cette soirée cauchemar, une discussion tactique animée avec Lucas dès la 13e minute de jeu et un carton jaune stupide reçu à la 40e minute qui l'aurait privé d'une éventuelle demi-finale. Dans ce marasme, la comparaison avec le grand absent Zlatan Ibrahimovic est inévitable. Fantomatique à l'aller avant de céder sa place sur blessure, il est impossible de savoir si le Suédois aurait pesé au retour. Mais son aura et sa capacité à garder le ballon auraient rassuré des Parisiens déboussolés. "A partir du moment où celui qui est ton meilleur buteur et ton meilleur passeur  n'est pas là, c'est sûr que ça fait un atout en moins", reconnaissait Sirigu à l'issue du match.

Cavani au ralenti

Quand le Z joue à un niveau d'extraterrestre (40 buts en 43 matches), son coéquipier sud-américain se contente de planer (19 buts en 33 matches). Depuis son retour de blessure début mars, il est néanmoins en chute libre. Le week-end précédent ce rendez-vous majeur à Londres, l'ancien transfuge de Palerme avait mis fin à 499 minutes d'inefficacité devant la cage adverse. "Il retrouve peu à peu ses  sensations (...) Je ne m'inquiète pas pour lui. Il a toujours marqué des buts, il va encore  en marquer", jugeait alors Laurent Blanc. Une prophétie restée lettre morte outre-Manche. Rangé parmi les joueurs de classe mondiale par Blaise Matuidi, un avis partagé par les dirigeants parisiens qui ont déboursé 64 millions d'euros pour s'attacher ses services, Cavani n'est plus le maître de l'arène. A lui de retrouver ses habits de lumière, sous peine d'une "mise à mort" l'été venu. 

Jerome Carrere