Ligue des champions : Avant la demi-finale retour contre l'Ajax Amsterdam, pourquoi il ne faut surtout pas enterrer Tottenham

Publié le , modifié le

Auteur·e : Loris Belin
Son Heung-Min, premier buteur dans le nouveau stade de Tottenham
Son Heung-Min, premier buteur dans le nouveau stade de Tottenham | AFP - DANIEL LEAL-OLIVAS

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Si l’Ajax Amsterdam éblouit tant par son jeu que par la belle histoire qu’il représente, Tottenham ne doit surtout pas être enterré au moment de se déplacer à la Johan Cruyff Arena mercredi (21h00). Défaits à l’aller, les Spurs ne sont pas morts pour autant. Voici quelques raisons de croire à l’exploit des hommes de Mauricio Pochettino.

Même exsangues, les Spurs n’ont pas craqué à l’aller

La classe biberon de l’Ajax a attiré toute la lumière sur elle, et à juste titre, ces dernières semaines. Mais elle ne doit pas occulter le beau parcours de Tottenham dans cette compétition. Qualifié en demi-finale de la Ligue des champions pour la deuxième fois de son histoire, le club anglais a dû recevoir le club amstellodamois avec un effectif des plus réduits. Harry Kane est absent pour toute la confrontation. Heung-Min Son était suspendu pour le match aller, Eric Dier diminué et remplaçant, tout comme Moussa Sissoko. Autant d’atouts précieux pour Pochettino, qui a dû bricoler, d’autant plus avec la blessure rapide de Jan Vertonghen mardi dernier.

Menés après un quart d’heure de jeu, les Spurs auraient pu s’écrouler face aux vagues offensives des joueurs d’Erik ten Hag. Mais un ajustement tactique suite à la sortie de Vertonghen – et l’entrée de Sissoko - a offert une meilleure assise en milieu de terrain à Tottenham, qui a su faire jeu égal en deuxième période. L’Ajax n’a pas cadré la moindre frappe au retour des vestiaires. La défaite 0-1 dans leur nouveau stade n’est pas idéale, mais elle laisse la place à un retournement de situation.

Son revient, Tottenham retrouve son grain de folie

Offensivement, le coach argentin avait dû aligner à l’aller un trio inédit Alli – Lucas – Llorente qui s’était montré peu inspiré face au but d’Amsterdam. L’Espagnol n’a eu que peu de ballons à se mettre sous la dent, et Alli n’avait rien montré ou presque pendant 90 minutes. Ce système avait aussi forcé Christian Eriksen, l’habituel maître à jouer des Spurs un cran plus bas, et perdre ainsi de sa capacité de création. Le retour du Sud-Coréen Son pourrait bien changer la donne.

S’il n’a pas le ratio offensif de son compère Kane, l’ancien du Bayer Leverkusen a le profil idéal de l’étincelle offensive. Son talent peut à lui seul mettre la pression sur l’arrière-garde néerlandaise, comme il l’avait fait au match retour à Manchester City. Son doublé salvateur en début de rencontre avait mis Tottenham sur les bons rails. Auteur de quatre buts depuis le début de la phase éliminatoire, Son devient un homme des grands rendez-vous. Il n’en connaîtra que peu de plus importants que le match aux Päys-Bas mercredi soir. Et il voudra certainement se rattraper de son expulsion de frustration samedi dernier en championnat.

Son a été le déclencheur d'un match complètement dingue.
Son a été le déclencheur d'un match complètement dingue. © Anthony Devlin / AFP

Se qualifier à l’extérieur ? Même pas peur !

Tottenham n’aura pas les faveurs des pronostics mercredi soir. Ce n’était déjà pas vraiment le cas en quart de finale, où l’on promettait l’enfer à l’actuel 4e de Premier League en déplacement à l’Etihad Stadium. Mais sur le terrain de Manchester City - que certains voyaient comme le nouveau favori après les éliminations du PSG, du Real Madrid et de la Juventus -, les Spurs avaient su prendre le match par le bon bout pour faire douter la formation de Pep Guardiola avant de la cueillir en fin de rencontre.

Aller arracher son billet pour le tour suivant loin de Londres, Tottenham sait donc faire. Les coéquipiers de Hugo Lloris ont gagné en expérience en C1 ces dernières saisons et ils ne semblent pas impressionnés par ce genre de défis. « Nous devons aller là-bas sans peur, assure Kieran Trippier. Nous croyons en nous, et nous croyons que nous pouvons marquer à Amsterdam. » Ces propos font écho à ceux de Mauricio Pochettino avant le quart de finale retour contre City. « Y croire, c’est la clé, comment vous abordez un match, expliquait l’ancien joueur parisien. La foi est décisive, et bien sûr avec cela, la qualité de jeu. »

L’Ajax n’a jamais été en pareille situation

La qualité, son adversaire l’Ajax Amsterdam n’en manque pas. Le club néerlandais l’a prouvé avec un match éblouissant en huitièmes de finale retour chez le Real Madrid, puis en se montrant plein de sang froid sur le terrain de la Juventus Turin en quart. Deux rencontres qui ont émerveillé le monde du football et confirmé que cet Ajax était tout sauf une histoire d’un soir. Il va toutefois découvrir mercredi ce qu’est de devoir gérer un écart, lui qui n’a connu que celle de l’outsider en mauvaise posture lors des tours précédents.

Avec leur but d’avance au match aller, les Amstellodamois n’auront pas autant à se projeter vers l’avant qu’à Bernabeu ou dans le Piémont. Vont-ils sacrifier leur ADN offensif pour prendre moins de risques ? C’est là tout l’équilibre que va devoir trouver le coach Erik ten Hag. Très joueuse, l’Ajax peut ainsi être plus sujette aux contres adverses et au jeu rapide. Les Son, Lucas et autres Alli pourraient avoir des opportunités s’ils accélèrent le tempo comme ils avaient si bien su le faire au match retour à Manchester. C’est peut-être là que tient le salut d’un club qui n’attend qu’une chose : une première finale de C1 de son existence.

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