Réforme de la C1

beIN Sports et Canal + redeviennent diffuseurs de la Ligue des champions

Publié le , modifié le

Dans le nouvel appel d'offres des droits télévisés de la Ligue des champions, beIN sports a repris la main sur la compétition, pour la période allant de 2021 à 2024, accompagnée de Canal +. Après trois années sur les antennes de RMC Sports (groupe Altice), la C1 reviennent donc dans les deux groupes qui l'avaient diffusée conjointement depuis 2012. Le montant de cette acquisition atteindrait le record de 375 millions d'euros par an. Le groupe qatari a décroché le lot qui lui permettra de diffuser 104 rencontres, dont à chaque journée au moins un match d'un club français (s'il y a 3 clubs tricolores engagés). La finale serait, quant à elle, diffusée en clair par TF1.

Le premier à dégainer, beIN Sports s'est enorgueilli d'avoir remporté "la quasi intégralité de l'UEFA Champions League, avec une offre financière raisonnée et réfléchie", dans un communiqué de presse envoyé à 12h37. Jusque-là, il n'y avait que des spéculations, et aucune confirmation officielle. Depuis mercredi, la tension était palpable autour des négociations concernant la prochaine période de diffusion de la Ligue des champions à la télévision française. Ce jour-là, l'appel d'offres n'avait pas été couronné de succès. Il fallait donc un 2e tour, qui a donc été remporté par le groupe beIN Sports, alors que Canal + aurait remporté un autre lot lui permettant de diffuser les deux affiches principales de chaque journée. Autre nouveauté: la Ligue des champions reviendrait également chez son diffuseur historique, TF1, qui a gagné l'enchère pour diffuser la finale en clair.

beIN Sports revient en force

Selon l'AFP, le contrat devrait être signé au plus tard lundi. En remportant le lot B, beIN Sports fait son retour en force dans le football, puisque la chaîne qatarienne a perdu les droits de la L1 à partir de la saison prochaine, et son échec à conserver la Ligue des champions au précédent appel d'offres l'avait clairement affaiblie. Elle pourra, à partir de la saison 2021, diffuser 104 matches de la compétition, un multiplex, des rediffusions de matches ainsi qu'un magazine les mardis et mercredis, sans oublier un match d'un club français lors de chaque journée, à la condition que la France en qualifie trois pour la phase de groupes.

"D’un point de vue commercial, nous sommes déterminés à faire des offres économiquement raisonnables et proportionnées dans l’intérêt de notre sécurité financière à long terme, des consommateurs et des fans de sport", indique Yousef Al-Obaidly, président de beIN Sports France dans le communiqué de son groupe.

Deux ans après avoir été battu par le groupe Altice, qui avait mis la somme record de 315 millions d'euros par saison pour diffuser l'intégralité de la compétition, beIN Sports et Canal + auraient rassemblé la somme de 375 millions d'euros par an (nouveau record en France), pour reprendre pied en C1. La chaîne cryptée revient ainsi dans le jeu, ce que son patron, Maxime Saada a confirmé dans un tweet presque une heure après le communiqué de beIN Sports, et toujours sans la moindre confirmation officielle de l'UEFA. Il faut dire que l'enjeu est de taille, et que cette décision a rapidement attisé les rancœurs. 

à voir aussi A qui la retransmission des prochaines saisons de la Ligue des Champions? A qui la retransmission des prochaines saisons de la Ligue des Champions?

Le groupe Altice, qui diffuse depuis la saison dernière la compétition et la diffusera encore la prochaine édition en 2020-2021, après avoir déjà perdu les droits du championnat anglais (repris par Canal +), a donc perdu cette enchère, de même que Mediapro, le nouvel entrant du marché français, qui a conquis les droits de la Ligue 1 et de la Ligue 2 pour la période 2020-2024.

Mediapro vers un recours ?

L'entreprise espagnole, à capitaux chinois, a indiqué à L'Equipe son intention d'attaquer l'UEFA en justice, estimant, par l'intermédiaire de son patron, Jaume Roures, qu'il "y a eu une magouille. Nos offres étaient meilleures sur les deux tours". " Dans le JDD, il précise: "Je conteste l'opacité de l'appel d’offres et je vais demander par voie de justice d'avoir accès aux délibérations, aux argumentations et aux documents des premier et deuxième tour de scrutin". A l'AFP, il a déclaré: "Notre offre au 2e tour était très proche des chiffres annoncés, on trouve étonnant que personne ne nous ait demandé de l'améliorer. Ce n'est pas clair. On va demander la documentation du 1er et du 2e tour" de l'appel d'offres. "S'il faut faire un recours, on le fera".

Cet appel d'offres n'a peut-être pas fini de faire parler, et de déchirer les acteurs du marché du ballon rond.