Sergio Ramos Robert Lewandowski Real Bayern
Sergio Ramos contre Robert Lewandowski, l'un des duels phares de ce Real-Bayern | CURTO DE LA TORRE / AFP

Ligue des Champions - Bayern-Real : classique mais mythique

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A l'opposé du surprenant Liverpool-Roma, la seconde demi-finale de la Ligue des Champions entre le Bayern Munich et le Real Madrid est d'un classicisme absolu. Affiche la plus jouée de la compétition (24 fois jusque-là), elle demeure toujours aussi indécise même si le club espagnol part légèrement favori. Du haut de leur 17 trophées de C1 gagnés, ces deux institutions représentent ce qui se fait de mieux dans la durée en Europe.

Si c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs confitures, on devrait se régaler à l'Allianz Arena. C'est en effet la 25e fois que l'ogre bavarois et le géant castillan vont s'affronter en Coupe d'Europe, la 7e fois dans le dernier carré. Autant dire que la recette est connue mais elle fonctionne à chaque fois, ou presque. Si le Real reste sur huit demi-finales d'affilée en Ligue des champions, pour trois titres européens (2014, 2016 et 2017), le Bayern a cumulé sept demies en neuf ans et décroché la couronne continentale pour la dernière fois en 2013, après deux finales perdues en 2010 et 2012.

Bref, entre habitués des lieux, peu de place à la surprise. Certains, qui ont porté à la fois les couleurs blanches et rouges, serviront peut-être de taupes pour livrer quelques détails sur lesquels pourrait se faire la différence. Jupp Heynckes, Arjen Robben, Toni Kroos et James Rodriguez: ils ont fait les beaux jours du Bayern et du Real, remportant huit Ligues des champions à eux quatre, autant dire qu'ils connaissent bien les points forts et faibles des deux équipes. 

Avantage psychologique pour le Real

Dans la foulée auguste de Cristiano Ronaldo, jamais aussi fort que lorsque l'oxygène se raréfie à l'approche des sommets, le Real Madrid partira avec, au moins, l'avantage psychologique du dernier duel remporté. C'était il y a un an à la même époque, déjà au stade des demi-finales, et les Merengue s'étaient imposés (2-1, 4-2 a.p) avec un Portugais en lévitation (doublé à l'aller, triplé au retour). Sur la forme du moment, il est également au sommet: il vient de disputer 12 matches consécutifs avec au moins un but inscrit (22 buts au total), égalant sa meilleure série réussie sous le maillot blanc, 12 rencontres d'affilée en 2014.

Face à un tel monstre d'efficacité, Jerome Boateng se montre presque fataliste.  "De toute façon il a toujours des occasions dans un match, parce qu'il a des super appels de balle et un timing excellent", constate le défenseur du Bayern dans l'édition du jour du magazine Kicker: "Et en plus, le jeu du Real est réglé sur lui".

Reste que, sur la forme affichée en championnat, le Bayern a cette fois l'avantage. Les Munichois, déjà sacrés champions d'Allemagne, se sont parfaitement préparés en faisant tourner leur effectif tout en écrasant leurs adversaires (14 buts marqués lors de leurs trois derniers matches) tandis que les Madrilènes, qui n'ont pas joué ce week-end, montrent des signes d'essoufflement en avril, avec des scores étriqués. Une raison d'espérer faire pencher la balance dans ce classique tellement serré qu'il n'a toujours pas choisi son camp (11 victoires partout et 2 nuls sur l'ensemble des confrontations européennes). 

Julien Lamotte