Finale Bayern-Dortmund
Franck Ribéry (Bayern Munich) et Robert Lewandowski (Borussia Dortmund) | AFP - ODD ANDERSEN/OLIVER HARDT

Bayern-Dortmund, la suprématie européenne et allemande en jeu

Publié le , modifié le

Après des finales 100% espagnole, italienne et anglaise, l'édition 2012-2013 de la Ligue des champions se termine par le premier duel de l'histoire entre deux clubs allemands. Le Bayern Munich, qui va disputer sa troisième finale en quatre ans, face au Borussia Dortmund. La puissance des Bavarois opposée à la folie des joueurs de la Rhur. Duel de philosophie et duel d'hommes sur les bancs entre le sage Jupp Heynckes et le bouillant Jurgen Klopp. Au-delà de la suprématie européenne, cette finale est aussi l'affrontement entre les deux meilleurs clubs allemands actuels avant leur inévitable évolution.

Un aboutissement. Pour le Bayern et le Borussia, voilà ce que représente cette finale à Wembley. Après deux titres nationaux remportés (2011, 2012) et une Coupe d'Allemagne (2012), la bande de Jurgen Klopp tient là l'occasion d'aller au bout de son aventure. Le ratage de la saison dernière en C1 (élimination au premier tour, avec notamment deux défaites contre l'OM) est oublié. Cette génération dorée est à l'aube de son grand rendez-vous, dont la tête de gondole Mario Götze sera absent, insuffisamment remis de sa blessure contractée en demi-finale retour contre le Real Madrid. Les Bavarois, eux, tiennent l'occasion de prendre une nouvelle fois leur revanche. Défaits en finale 2010 par l'Inter de Mourinho, ils également ont du oublier la désillusion de leur défaite devant leur public l'année dernière contre le Chelsea de Drogba. "Etre capable de se relever après une telle défaite en finale l'année dernière montre que mes joueurs ne sont pas faits du même bois que les autres", a déclaré Jupp Heynckes. "C'est pourquoi je suis convaincu que nous allons soulever le trophée. Nous avons une force mentale incroyable, on ne peut pas nous renverser."

Suprématie nationale en jeu

Les démonstrations réalisées en demi-finales contre les deux grands d'Espagne ont donné l'impression aux observateurs, que l'heure allemande avait sonné. Les Bavarois ont eux-mêmes brutalement refermés la parenthèse barcelonaise en infligeant un terrible 7-0 sur l'ensemble des deux matches. Cette qualification pour leur deuxième finale consécutive n'a été qu'une étape sur la route d'un triplé historique. Après avoir reconquit le titre en Bundesliga facilement (25 points d'avance sur leur dauphin) et avant une finale de Coupe d'Allemagne contre Stuttgart le 1er juin, le Bayern part à la conquête de sa cinquième couronne européenne, ce qui en ferait l'égal de Liverpool.

Face à lui, le Borussia, double champion sortant, a perdu son titre. Son effectif moins pléthorique que celui du Bayern ne lui a pas permis de jouer sur les deux tableaux cette saison. Les hommes de Jurgen Klopp se sont concentrés, consciemment ou non, sur la C1 et ont mené le club de la Rhur à sa deuxième finale de son histoire. Seize ans après son seul sacre contre la Juventus, il est à son "apogée", selon le milieu de terrain Jakub Blaszczykowski. Face à son plus grand défi également : empêcher un triomphe bavarois qui semble écrit. En quatre rencontres cette saison, jamais Dortmund n'a pu faire trébucher le Bayern. Mais les hommes de Klopp trouveront dans l'histoire un motif d'espoir. Lors de seule confrontation sur la scène européenne (1997-1998), le Borussia avait éliminé le Bayern en quarts de finale.

Heynckes pour une sortie, Klopp pour la consécration

A 68 ans, Jupp Heynckes, vieux sage du football allemand, rêve d'apothéose au crépuscule d'une carrière qui l'a vu presque tout gagner comme joueur et entraîneur. Avant-centre de Mönchengladbach, il a été quadruple champion d'Allemagne et lauréat de la Coupe de l'UEFA 1975, ainsi que champion d'Europe 1972 et du  monde en 1974 avec la Mannschaft. Heynckes l'entraîneur a aussi remporté trois  titres de champion d'Allemagne avec le Bayern et une Ligue des champions avec le Real Madrid en 1998. Ce deuxième retour en Bavière en remplacement de Luis Van Gaal, après une pige de 5 journées en 2009 pour faire oublier Klinsmann, peut-être triomphal et lui offrir une deuxième C1.

En face de lui, il trouvera Jürgen Klopp, 45 ans, l'entraîneur européen qui monte. Solide attaquant de deuxième division à Mayence, il y débute comme entraîneur et fait monter le club en Bundesliga pour la première fois de son histoire en 2005. Son énergie et ses résultats convainquent Dortmund de le recruter en 2008. Alors au bord de la faillite, le club va retrouver les sommets dans son sillage. Bouillonnant et fort en gueule, Klopp est aux antipodes de Heynckes, le flegmatique qui s'est calmé avec l'âge. Si les deux hommes s'opposent, leurs deux équipes se ressemblent : un même schéma (4-2-3-1), un pressing étouffant et des attaquants vifs et techniques pour faire la différence. Des caractéristiques similaires qui ont fait dire à Klopp en février que le Bayern avait copié le style de son équipe. Une accusation à l'origine de la seule brouille entre les deux hommes qui depuis se sont réconciliés.

L'inéluctable évolution

Une victoire samedi consacrera deux générations qui arrivent à un tournant. Battus l'année dernière par Chelsea, le milieu de terrain Bastian Schweinsteiger, le capitaine et défenseur Philip Lahm approchent les 30 ans et, comme Franck Ribéry ou Arjen Robben, ont déjà suffisamment perdu de finales pour ne pas laisser passer leur chance une nouvelle fois. Surtout, avec le départ de Heynckes et l'arrivée programmée de Pep Guardiola, le Bayern va entrer dans une nouvelle ère, celle du rajeunissement de ses cadres, qui a commencé avec le transfert de Mario Götze. Son arrivée et celle de l'entraîneur espagnol font partie du projet qui doit pérenniser la domination du club bavarois sur le foot allemand et peut-être européen.

Le Borussia aussi est à la croisée des chemins. Ce groupe construit au fil des années pourrait ne pas résister au mercato qui s'annonce. Mario Götze a déjà signé au Bayern. Lewandowski, deuxième meilleur buteur de la compétition (10 buts), est convoité par toute l'Europe depuis son quadruplé contre le Real. Mats Hummels et Gundogan affolent aussi les grosses écuries. Ces deux noms ont été évoqués au Barca. Une victoire samedi serait un parfait cadeau pour chacune de ses générations. Elle sonnerait comme la fin d'une aventure avant une indispensable réinvention.

Vidéo : le départ des joueurs du Bayern Munich pour Londres

Voir la video-->Voir la video

Vidéo : l'arrivée des joueurs du Bayern Munich à Londres

Voir la video-->Voir la video

Vidéo : l'hymne du Bayern Munich

Voir la video-->Voir la video