Axel Witsel
En conférence de presse, la veille du match contre l'OL, le Belge Axel Witsel paraissait confiant. | Alexei Danichev (AFP)

Axel Witsel, mon Zenit à moi

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Ce mardi soir, pour le compte de la 3e journée de Ligue des champions, l'Olympique Lyonnais effectue un périlleux déplacement au Zenit Saint-Pétersbourg (20h45), face aux tsars de Russie. Si le Brésilien Hulk revient dans toutes les conversations lorsque l'on évoque le club de l'ancienne Léningrad, on en oublierait presque qu'en milieu de terrain, un joueur s'illustre, en l'occurrence le Belge Axel Witsel. Les Gones devront surveiller de très près l'artiste liégeois. Découverte.

Les délires d'Eddy Murphy dans le "Flic de Beverly Hills" n'ont pas laissé les parents de Witsel indifférents. L'acteur américain est leur chouchou. C'est décidé : le gamin portera le prénom du héros du film, l'inspecteur Axel Foley. Et c'est ainsi qu'un beau jour de janvier 1989, à Liège, le nouveau-né se voit ainsi baptisé. Avec un papa martiniquais, Axel Witsel aurait pu, bien des années après, demander la nationalité française, voire même jouer avec les Bleus. Mais jamais, au moment de sa majorité, il ne fera de démarche dans ce sens. Lui se sent comme un Diable rouge. Un vrai ! Enfant, dans les travées de Sclessin, le stade du Standard, Axel lâche à son père Thierry : "Un jour, je jouerai aussi sur la pelouse !" Prémonition qui s'exaucera quelques années plus tard. Witsel effectuera toute sa formation au Standard, avant d'y devenir footballeur professionnel.

Génération dorée

Soulier d'Or en Wallonie en 2008, il débute aussi cette année-là avec la Belgique. Entouré par une brillante génération, avec notamment Hazard, De Bruyne, Nainggolan, Fellaini, Courtois, Chadli... Axel Witsel redonne à la sélection d'outre-Quiévrain ses lettres de noblesse. Quarts de finaliste du Mondial 2014 (éliminés par l'Argentine de Messi, 0-1), les hommes de Marc Wilmots tutoient aujourd'hui les sommets, avec une troisième place au classement FIFA et une participation au prochain Euro en France, dans un rôle d'épouvantail déjà annoncé. Avec 63 sélections (6 buts) à son compteur, Witsel est devenu l'un des leaders du sélectionneur. Marc Wilmots est formel : "Witsel, c'est le cerveau !" Doté d'une formidable technique, Axel possède une aisance naturelle et une fluidité dans le jeu. Dans l'entrejeu, sa polyvalence fait merveille. Tantôt sentinelle, tantôt relayeur et, pourquoi pas, meneur de jeu, il peut aussi à tout moment apporter le surnombre en phases offensives. La défense lyonnaise est prévenue.

Sur les tablettes des plus grands

Après une saison 2011-2012 au Portugal, au Benfica plus précisément, Axel Witsel a ensuite craqué pour le Zenit Saint-Pétersbourg, dont le budget ferait pâlir plus d'un club hexagonal. Les dirigeants russes le recrutent pour la somme rondelette de 40 millions d'euros. Depuis, la cote du garçon n'a cessé de grimper. D'autant que les plus grands clubs européens lui font les yeux doux : Manchester United, le Real, Chelsea, Tottenham puis, l'été dernier, le Milan, la Juve et même le PSG ont tenté une approche. Mais le Zenit a illico mis son veto. Au grand dam du milieu belge ? Le joueur réfute mais, entre les lignes, la déception est palpable : "Ce n'est pas un problème pour moi d'être resté. Les offres venaient notamment d'Italie mais, sportivement, c'était compliqué pour le Zenit de perdre un joueur important dans les derniers jours du mercato. Je souhaitais partir, mais cela ne s'est finalement pas fait et je n'en conçois aucune amertume. Même un chèque de 60 millions n'aurait pas changé le cours des choses..." A défaut de jouer les flics du côté de Los Angeles, Axel Witsel fera le gendarme, ce soir contre l'OL, sur les bords de la Baltique.

Nicolas Gettliffe