Thibaut Courtois (Atletico Madrid)
Thibaut Courtois symbole du match entre l'Atletico Madrid et Chelsea | MANUEL BLONDEAU / AOP PRESS / DPPI MEDIA

Atletico-Chelsea: Comme on se retrouve

Publié le , modifié le

Ce mardi soir, l'Atletico Madrid et Chelsea s'affrontent en demi-finale aller de Ligue des Champions. A priori, ces deux clubs n'ont pas grand-chose en commun. Et pourtant...

C'est le choc des équipes surprises de ces demi-finales de Ligue des Champions. A l'ombre de l'alléchant Real-Bayern, cet Atletico-Chelsea (à suivre ce soir en direct texte + photos sur francetvsport.fr) ferait presque figure de parent pauvre. Presque seulement car si au début de saison, personne n'aurait misé sur cette demi-finale, elle apparaît aujourd'hui "logique" entre la formation en tête de la Liga et une autre qui a longtemps lorgné sur le titre en Premier League avant de craquer ce week-end (défaite 2-1 à domicile face à Sunderland). Menées par deux entraîneurs charismatiques, aux caractères très forts, Diego Simeone pour les Colchoneros et José Mournho pour les Blues, les deux équipes présentent de grandes similarités d'un point de vue purement sportif. Meilleure défense d'Espagne (22 buts encaissés), l'Atletico Madrid n'a rien à envier au collectif de Chelsea, le plus solide d'Angleterre (26 buts encaissés). Quelle équipe prendra le jeu à son compte dans la partie d'échecs qui s'annonce ? Difficile de le dire. Ce qui est sûr, c'est que l'affrontement sera intense. "Ce sera un match très disputé, avec deux styles de jeu similaires",  reconnaît Gabi, capitaine de l'Atletico.

L'imbroglio Courtois

Forcément tendu, le match a pris une autre dimension avec "l'affaire Courtois". Le gardien belge, prêté par Chelsea depuis trois saisons à l'Atletico, ne devait pas pouvoir jouer la demi-finale en raison d'une clause de son contrat lui interdisant de jouer contre son club. L'UEFA a décidé de casser cette clause et le gardien madrilène, héros de l'élimination du Barça au tour précédent, sera bel et bien présent sur la pelouse de Vincente Calderon ce mardi soir. Ceci n'est pas évidemment pas du goût de José Mourinho. L'entraîneur portugais est furieux contre l'UEFA d'avoir autorisé  l'excellent Courtois à jouer contre son club propriétaire et il enrage aussi que Chelsea n'ait pas pu jouer vendredi soir en championnat, comme l'Atletico,  ce qui a supposé un jour de repos en moins. En outre, le défenseur Branislav  Ivanovic est suspendu mardi et l'attaquant Eden Hazard (mollet) incertain.

A Chelsea l'expérience

Par leur sens du sacrifice, les "Rojiblancos" ont muselé le FC Barcelone  pour atteindre le dernier carré (1-1, 1-0), tandis que, pour se qualifier, les  "Blues" ont réussi comme aucun autre adversaire cette saison à minimiser l'emprise du Paris SG sur le jeu (1-3, 2-0). Mais si les deux équipes ont des points communs, l'expérience parle clairement pour Chelsea avant la partie. Sacrés en 2012, avec un entraîneur double champion d'Europe (en 2004 et 2010), Chelsea a des armes que Madrid n'a pas. Ainsi l'Atletico n'avait plus atteint le dernier carré depuis 1974. Pour combler ce déficit, les Rojiblancos​ s'appuieront une nouvelle fois sur leur public très chaud.

En espagnol, "calderon" signifie "gros chaudron", et c'est dire si le stade  de l'Atletico Madrid est bien nommé: le Vicente-Calderon est probablement l'une  des enceintes les plus bouillantes de Liga et l'AC Milan puis le Barça y ont  passé un très mauvais moment. "Il faut profiter de la force du Calderon, cette ambiance si spéciale qui  nous aide beaucoup", souligne le milieu brésilien Diego. Ce n'est pas dans cette enceinte, mais dans celle voisine de Santiago Bernabeu, que Mourinho a disputé son dernier match face à l'Atletico il y a un an. Battu 2-1 avec son Real sur sa pelouse, le "Special One" n'aura sans doute pas oublié. D'ailleurs il n'oublie jamais.

Christophe Gaudot @ChrisGaudot