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Les ultras du PSG, qui ont contribué aux affrontements du 14 mai dernier place du Trocadéro, pourraient s'inviter aux abords du stade d'Anderlecht ce mercredi soir. | FRANCK FIFE / AFP

Anderlecht-PSG : les autorités inquiètes

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En marge de la rencontre Anderlecht-PSG de ce mercredi soir, des hooligans parisiens et belges ont prévu de "se battre". Conscients de la tenue de "fights"(combats organisés) entre les ultras les plus violents, les autorités ont classé ce match à "hauts risques".

Un match hors du match. Mercredi soir, pour le compte de la 3e journée de la Ligue des Champions, la rencontre PSG-Anderlecht s'annonce plus tendue en dehors que sur le terrain. Et pour cause : cent à deux cent hooligans parisiens, ceux-là même qui avaient été chassés du Parc des Princes après l'application du plan Leproux, ont prévu de rallier la Belgique pour se "battre" contre leurs homologues d'Anderlecht. Dans les colonnes du Parisien, un ancien membre des Boulogne Boys a annoncé la couleur :"on monte pour boire des bières et nous battre contre les Ultras d'Anderlecht ! On a programmé un fight. Les Belges sont réglos habituellement". Par "réglos", entendez "ils ne se défilent pas". Les affrontements prévus entre les ultras les plus violents des deux clubs, qui éclatent généralement sur des aires d'autoroutes ou aux abords des stades, ont poussés les autorités belges à classer ce match "à hauts risques".

Des "renforts" attendus chez les ultras

"A Anderlecht, tout match est à risques" explique Philippe Boucar, le directeur du service d'ordre d'Anderlecht, dans l'Equipe, "Nous avions un noyau dur d'environ 150 supporters, qui peut augmenter en fonction du nom de suiveurs et des renforts des ultras d'Amsterdam. Et puis, il y a la mauvaise réputation des supporters du PSG". En somme, les supporters d'Anderlecht, coutumiers de ces affrontements, et motivés par la "renommée" des Boulogne Boys", pourraient être tentés de faire appel à des fans hollandais pour remporter ce match entre hooligans. De leur côté, les Parisiens, conscients de l'éventuel surnombre dans le camp d'en face, devraient eux aussi faire appel à des renforts. 

Et le rôle des décideurs parisiens dans tout ça ? Le club francilien avait déjà tout fait pour décourager ses fans d’aller à Kiev (il avait même annulé celui à Zagreb la saison passée). A l'occasion de ce match contre Anderlecht, la direction du PSG a même organisé un voyage officiel et encadré pour les supporters, une première pour le club de la capitale depuis le changement de direction. Mais il est un constat indubitable : ils n'ont aucun contrôle sur les bannis du Plan Leproux. 

Un contentieux qui remonte à plus de vingt ans

Cette frénésie trouve ses origines dans la rencontre PSG-Anderlecht de Novembre 1992. Les deux clubs s'affrontaient pour le compte des huitièmes de finale de la Coupe UEFA, et au terme d'une double confrontation serrée (0-0, 1-1), les Parisiens se qualifiaient pour le tour suivant. Violemment exaltés en tribunes, les hooligans du club belge engageaient les hostilités contre les ultras parisiens. 

Mais curieusement, les "supporters" des deux formations ont toujours entretenu de bonnes relations, et ce malgré le contentieux. L'Equipe de mardi révèle que le O'Side d'Anderlecht, groupe de hooligans belges réputés ultra violents, "est très proche des membres de la tribune Boulogne". Un ancien membre du groupe parisien confirme les bonnes relations nouées entre les fans violents des deux clubs :"Ces fights, c'est juste un délire. Avec certains d'en face, on se connaît même depuis longtemps. On peut même prendre une bière avec eux la veille du match...". 

S'ils pouvaient se contenter d'un verre d'eau, les autorités auraient sans doute moins de soucis à se faire. 

Jean Charbon