OM, Milan AC, 1993
Basile Boli plus haut que Rijkaard | GARRO Thierry/MAXPPP

26 mai 1993 – 2013 : Retour sur 20 ans d’OM

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Le 26 mai 1993, l’OM soulevait la Coupe d’Europe des clubs champions, équivalent de l’actuelle Ligue des champions. Vingt ans plus tard, le club phocéen retrouve la C1 après une saison de sevrage. Entre-temps, les Ciel et Blanc ont connu les affres de la 2e Division et les défaites à répétition. Avant de retrouver le goût de la victoire sous le commandement de Deschamps.

26 mai 1993, Olympiastadion (Munich) : « A jamais les premiers »
Opposé aux « Invincibles » du Milan AC, l’OM souffre en finale de la Coupe des clubs champions. Avant ce corner de la 44e minute. Abedi Pelé l'enroule du pied gauche. Voller est trop court. Pas Boli qui saute plus haut que Rijkaard pour tromper Rossi, le gardien milanais. Les milliers de supporters Ciel et Blanc massés dans le stade allemand exultent. L’Olympique de Marseille décroche le premier titre de champion d’Europe de l’histoire du foot français en club.

 

23 juin 1993 : L’affaire OM-VA explose au grand jour
Six jours avant sa finale européenne, l’OM se déplace à Valenciennes. A la lutte avec le PSG pour le titre de champion de France, les dirigeants du club phocéen corrompent trois joueurs nordistes. Contacté par le board olympien, Jacques Glassman vend la mèche. Ses coéquipiers Robert et Burruchaga sont démasqués. Le président de la Ligue Nationale de Football Noël Le Graët porte plainte contre X et le juge Eric de Montgolfier ouvre une information judiciaire. Le début de la fin pour l'OM des années Tapie.

1995-1997 : La descente aux enfers
Dès l’entame du mois de septembre 93, les Provençaux sont exclus de toutes compétitions continentales ou internationales. Le 22 septembre, leur titre national acquis en mai leur est retiré. Deuxième du championnat à l’issue de la saison 1993-94, l’OM se voit rétrogradé en Ligue 2 en avril 94, suite au procès qui s’est tenu un mois plus tôt. Après deux ans au purgatoire, l’Olympique de Marseille retrouve l’élite à la fin de la saison 1997.

15 septembre 1998 : Retour sur le devant de la scène nationale et européenne
Le 14 décembre 1996, un riche mécène suisse nommé Robert Louis-Dreyfus rachète le club provençal. Objectif avoué : "faire de l'OM le Bayern Munich du Sud". Rolland Courbis prend place sur le banc à l'issue d'une première saison compliquée en 1ère division (11e). Il qualifie les Ciel et Blanc pour la Coupe UEFA grâce à une belle 4e place en championnat. Le 15 septembre 1998, les coéquipiers des Blanc, Gallas, Pirès et autre Dugarry retrouvent l’Europe sur la pelouse du Sigma Olomouc. Les Olympiens réalisent une saison exceptionnelle. Finaliste malheureux de C3 contre Parme, ils délaissent le titre de champion de France à Bordeaux dans les derniers instants de la 34e et ultime journée.

En 2001, Robert Louis-Dreyfus sauve l'OM

1999-2002 : Les années de plomb
Au lieu de capitaliser sur cette année réussie, l’OM sombre à nouveau dans la crise. Seule réussite, une victoire en Ligue des champions face à Manchester United. Quinzièmes en 2000 et 2001, les Phocéens manquent même d’être relégués. RLD éponge les dettes et permet au club huit fois champion de France de conserver sa place dans l’élite. Sur le banc, les entraîneurs se succèdent. Des joueurs au niveau douteux défilent sur la pelouse du Vélodrome. La saison suivante ressemble aux deux précédentes. L’arrivée d’Albert Emon permet tout de même aux pensionnaires de La Commanderie de s’éviter de nouvelles frayeurs. Neuvièmes en fin de saison, ils ont mangé leur pain noir.

2002-2004 : Ligue des champions et Drogba-mania
Malgré un secteur offensif en berne (Van Buyten et Bakayoko co-meilleurs buteur avec 8 réalisations), Marseille retrouve le podium sous les ordres d’Alain Perrin, venu de Troyes à l’été. L’OM revient en C1 et un phénomène débarque sur la Canebière. Son nom ? Didier Drogba. En une année, l’attaquant ivoirien inscrit 32 buts, dont un retentissant doublé en demi-finale de Coupe UEFA contre  Newcastle, pour envoyer les siens à Göteborg. En championnat, les Ciel et Blanc sont à la traîne (7e). Sur le plan européen, Valence les privent d’un nouveau sacre.

2004-2009 : Stabilité retrouvée sous l’ère Pape Diouf
Les remous à la tête du club perturbent la montée en puissance de l’OM. Pape Diouf remplace Christophe Bouchet à la présidence. José Anigo est remplacé par Philippe Troussier. Drogba parti, les dirigeants olympiens ont effectué un beau recrutement (Pedretti, Déhu, Lizarazu, Luyindula). Mais ce n’est pas suffisant pour accrocher l’Europe. Moins clinquant, le mercato d’été suivant apporte énormément. Pagis, Maoulida, Lamouchi, Cana, Ribéry ou Niang arrivent sur le Vieux Port, où éclot un certain Samir Nasri. L’armoire à trophée est toutefois pleine de poussière. Les Ciel et Blanc s’inclinent en finale de coupe de France face à l’ennemi parisien. Rebelote la saison suivante contre Sochaux. Renforcé, le club provençal poursuit sa progression pour échouer derrière l’invincible Lyon à l’issue de la saison 2006-2007. Les Marseillais se stabilisent sur le podium les deux opus suivants (3e puis 2e), sous la coupe d’Erik Gerets, notamment.

 

Hilton et Brandao avec la coupe de la Ligue
Hilton et Brandao avec la coupe de la Ligue

2009 -2012 : Deschamps, grandeur et décadence
A l’été 2009, Didier Deschamps revient à la tête d’une formation dont il était capitaine en 1993. Jean-Claude Dassier a pris la présidence. Financièrement armé, l’OM engage Lucho Gonzalez, Gabriel Heinze ou encore Stéphane M’Bia. Une stratégie payante. Dix-sept ans après leur dernier titre, les Marseillais remportent la coupe de la Ligue face à Bordeaux (3-1) le 27 mars 2010. Les Phocéens enchaînent huit victoires sur les dix dernières journées de championnat pour décrocher le titre de champion de France. Guidés par DD, les Provençaux glanent deux nouvelles coupes de la Ligue les saisons suivantes. Doublés par Lille sur la scène nationale, ils se contentent d’un 8e puis d’un quart de finale perdant en Ligue des champions. Lors de la deuxième partie de saison 2011-2012, Deschamps perd la main sur son groupe, qui enchaîne 13 défaites consécutives en Ligue 1. Un échec (10e) et la fin de l’ancien milieu de terrain marseillais.

2012-2013 : L’OM, ce phénix
Hors du coup, l’OM retrouve des couleurs sous la férule d’Elie Baup. Les départs de Loïc Rémy ou Stéphane M’Bia n’affectent pas tant que cela un vestiaire en conflit. L’ancien technicien de Bordeaux ou de Toulouse parvient à fédérer tout le monde. L’Olympique de Marseille débute le championnat avec six succès consécutif, record du club. Porté par un Gignac retrouvé (18 buts) et un Valbuena monumental (15 passes décisives), le club phocéen glane son ticket pour la prochaine Ligue des champions. Un beau clin d’oeil à ses ainés de 1993…

Jerome Carrere