Franco Vazquez
Le meneur italo-argentin Franco Vazquez face à Manchester United. | Oli SCARFF / AFP

Ligue des Champions : Séville, l’outsider imprévisible

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Le Real, le Barça et l’Atletico ont l’habitude de briller en coupe d’Europe. Mais derrière ces clubs étendards de la Liga, il ne faut pas oublier le FC Séville. Peu évoqué parmi la foule de clubs ronflants qualifiés pour les quarts, le club andalou a pourtant réussi à renverser Manchester United dans son antre mythique. A présent, c’est le Bayern qui se dresse sur sa route. Les Allemands sont favoris, mais malgré son irrégularité en championnat, le FC Séville n’en est pas à sa première surprise cette saison.

72e minute à Old Trafford. Manchester United et Séville se dirigent vers une prolongation, dans la foulée du 0-0 du match aller. Wissam Ben Yedder remplace Luis Muriel, à une semaine d’un certain France - Colombie, où il honorera sa première sélection. Mais l’ancien toulousain ne le sait pas encore. Ça ne saurait tarder.

74e minute. L’attaquant sévillan ouvre le score, puis double la mise face à De Gea quatre minutes plus tard. Coaching gagnant pour Vincenzo Montella, arrivé cet hiver en Andalousie. La réduction du score de Lukaku ne changera rien, Séville sort le dauphin de Premier League et valide son ticket pour les quarts.

Étonnant, surtout si l’on garde à l’esprit que Séville sortait d’une défaite à Valence (0-2) et que la saison des Espagnols n’a pas été de tout repos. Ils ont perdu leur coach Eduardo Berizzo, parti soigner un cancer, en plein milieu de la saison. Mais le FC Séville est aussi extrêmement irrégulier depuis le début de la saison.

Cinq jours après avoir battu Manchester United, les hommes de Vincenzo Montella se sont inclinés à Leganés (1-2). Un adversaire largement à leur portée, d’autant qu’il n’avait remporté qu’un match sur ses 8 dernières rencontres, face à la lanterne rouge, Malaga.

Même en Ligue des Champions, cette irrégularité était criante. En phase de poule, les Sévillans ont été capables de se faire corriger 5-1 par le Spartak Moscou mais aussi de remonter un 0-3 face à Liverpool en une mi-temps.

La belle histoire ?

C’est à la mi-temps de cette rencontre que l’ex-coach du club, Eduardo Berizzo, avait annoncé à ses joueurs qu’il souffrait d’un cancer de la prostate. Un élément déclencheur ? Sûrement. Mais surtout un moment clé, fédérateur, dans la campagne européenne du club.

Une campagne teintée d’une odeur particulière qui a tout de la belle histoire. Rien ne permettait de croire en début de saison que le club andalou se hisserait pour la première fois de son histoire en quart de Ligue des Champions cette année.

Le FC Séville va désormais se présenter face au grand Bayern Munich, systématiquement présent en demi-finale depuis la saison 2011-2012, excepté l’année passée. Les hommes de Jupp Heynckes sont revigorés par la correction qu’ils viennent d’infliger au Borussia Dortmund 6-0 en championnat ce week-end. Ils s’étaient pourtant inclinés à Leipzig juste avant la trêve après 8 succès d’affilée à l’extérieur. Les Bavarois tenaient sûrement à se présenter à Sanchez Pizjuán sans laisser transparaître le moindre signe de faiblesse et assumer leur statut de favori.

Comme s’ils avaient senti la force de caractère qui se dégage du collectif andalou. On en a encore eu la démonstration ce week-end en championnat. Les hommes de Vincenzo Montella ont cru jusqu’à la dernière minute qu’ils allaient infliger au Barça la première défaite de leur saison en Liga.

Un pressing haut, intelligent, en début de match, signe d’une absence d’appréhension totale. Une recherche de surnombre destabilisante sur les ailes en phase offensive. Mais aussi une intelligence dans la gestion des contres, sont autant de qualités qui ont poussé les Barcelonais dans leurs retranchements.

Seville a mené 2-0 jusqu’à la 89e minute de jeu, avant de se faire rejoindre à 2-2. Mais le message est clair : ils n’affronteront pas le Bayern en victimes expiatoires et joueront crânement leur chance.

Andréa La Perna @A_LaPerna